Atom n°17 – Le Manga d’horreur [Unboxing]

Cet Atom "spécial horreur" nous plonge dans l'univers si particulier du manga d'horreur et de ses maîtres mangaka. Des origines du genre que l'on peut remonter jusqu'aux kamishibai (sorte de théâtre portatif d'images en diapositives dont le récit était conté par des artistes de rue) jusqu'à l'adaptation des nombreuses légendes urbaines en bandes dessinées, le manga d'horreur s'est popularisé peu à peu, de même que le cinéma horrifique nippon.

Yôkai – Dictionnaire des monstres japonais de Shigeru Mizuki

Ce chef d’œuvre de Shigeru Mizuki est indispensable pour les passioné·e·s des contes et légendes nippons. Les yôkai sont des créatures que l'on retrouve souvent dans les manga, les films fantastiques, les animations, les livres et les jeux vidéos japonais. Dans Mononoke Hime d'Hayao Miyazaki, ils font partie intégrante de la nature, les kodama, petits êtres des forêts (ressemblants aux ki no ko, enfants des arbres, décrits par Shigeru Mizuki) symbolisent cette nature bienveillante et surnaturelle. Ils se meurent avec l'arrivée du shishi-gami, transformé en dieu malveillant et destructeur par la faute de l'avidité humaine. Ce dernier est le symbole d'une nature qui se sent agressée par les humains, devenant alors cruelle. Ces créatures mystérieuses prennent également vie dans les œuvres de Clamp, équipe féminine de mangaka : elles ponctuent la vie de Watanuki et du Yuuko, protagonistes d'XXX Holic, et entrent dans leur quotidien de façon tantôt bienveillante tantôt malveillante.

Hurlements, des légendes urbaines compilées par Masaya Hokazono

Les éditions Black Box nous offrent Hurlements de Masaya Hokazono, un one-shot paru au Japon en 2009 sous le nom Akai Imôto (« petite sœur rouge ») qui conte plusieurs histoires courtes, inspirées de légendes urbaines nipponnes. Connue pour son amour de l'horreur et des histoires fantastiques, la culture japonaise est friande de creepypasta et autres contes liés aux fantômes et créatures folkloriques en tout genre. L'auteur présente une histoire de maison hantée à la Ju-On (célèbre saga de films d'horreur japonais initiée par Takashi Shimizu), d'un « film maudit » ou encore d'une hypnose meurtrière.

Tomie: Unlimited, un body horror psychologique

Réalisé par Noboru Iguchi, Tomie: Unlimited (2011) est un film d'horreur japonais qui conte l'histoire de la jeune Tomie, une séduisante lycéenne qui rend les hommes totalement fous au point qu'ils ressentent l'envie de se suicider, de s'entre-tuer ou de la tailler en pièces écarlates. Mélange harmonieux entre thriller psychologique et body horror, Tomie: Unlimited est le dernier des films live action de la saga audiovisuelle Tomie.

7 films de genre des années 60

Avec des films tels que Psycho d’Alfred Hitchcock ou encore Le Voyeur de Michael Power, tous deux sortis en 1960, les années soixante marquent un tournant dans le cinéma de genre. En incluant des sujets plus dramatiques et morbides pour en faire des œuvres plus expérimentales, certaines métrages ont marqué cette décennie...

Ju-On: Origins, la figure du fantôme féminin nippon

La nouvelle série Netflix Ju-On Origins (2020), énième remake de la célèbre saga de J-horror initiée par Takashi Shimizu en 2000, reprend le thème abordé dans chaque opus : une maison hantée par une rancune si puissante que rien ne peut l'apaiser. La raison de cette terrible malédiction étant, dans chaque opus, la colère d'une femme et de son enfant injustement assassiné.e.s par un mari, un père, un beau-père devenu fou de jalousie. #WeToo

Kaidan, un conte de Fantômes du marais de Kasane : du kabuki au kaidan eiga

Réalisé par Hideo Nakata, Kaidan (2007) est un film d'horreur japonais appartenant à la série J-Horror Theater - avec Prémonotion (Tsuruta Norio, 2004), Réincarnation (Takashi Shimizu, 2006), Rétribution aka Kuime (Kiyoshi Kurosawa, 2007), Infection aka Kansen (Masayuki Ochiai, 2004) et Kyofu (Hiroshi Takahashi, 2010). Kaidan conte l'histoire d'amour de Shinkichi, un jeune vendeur de tabac, avec Oshiga, une professeure de shamisen plus âgée. Un beau jour, le couple se dispute provoquant une blessure sur le visage de la femme. Cette égratignure s'infecte et devient mortelle, Oshiga demande alors une seule faveur à son jeune amant : être là le moment où elle rendra son dernier souffle. L'homme manque à sa promesse provoquant une terrible malédiction. Oshiga, morte seule tandis que son amant se retrouvait à l'hôtel avec une de ses jeunes apprenties dans l'art du shamisen, promet de tuer toutes les femmes à qui il vouera de l'amour.

Infection (Kansen), la thématique de la contagion dans un univers de fantômes japonais

Infection (Kansen) réalisé par Masayuki Ochiai en 2004 est un kaidan eiga (film du J-horror) traitant de la thématique de la maladie et de ses origines nébuleuses. Ce film d'horreur japonais fait partie de la série de six films du nom de J-Horror Theater, réalisée par six réalisateurs avec Premonotion (Tsuruta Norio, 2004), Reincarnation (Takashi Shimizu, 2006), Kaidan (Hideo Nakata, 2007), Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007) et Kyofu (Hiroshi Takahashi, 2010).

Exte: Hair Extensions, des mèches de cheveux vengeresses

Réalisé par Sion Sono, Exte (2007) est un film d'horreur japonais, un yûrei-eiga, mettant en scène des cheveux maléfiques prêts à exterminer tout sur leur passage. Humour, me diriez-vous ? Ce film se veut pourtant sérieux. Connaissant l'amour nippon pour les yûrei, ces fantômes souvent féminins vêtues de blanc au long cheveux d'un noir de jais, Exte nous conte la malédiction d'une jeune femme enlevée et sauvagement assassinée par des trafiquants d'organes. Ses reins, son œil droit et ses cheveux ayant été vendus au marché noir, son esprit ne peut plus trouver la paix. Emplie d'une terrible envie de vengeance, ses cheveux continueront à pousser, même après sa mort, jusqu'à devenir l'arme fatale d'une terrible malédiction...

Fate/stay night : Unlimited Blade Works, une mascarade mythologique

Réalisé par le studio Ufotable, Fate/stay night : Unlimited Blade Works (2015) est une série d'animation de dark fantasy/thriller nippone mettant en scène La Grande Guerre du Saint-Graal, une guerre magique dans laquelle sept masters, des mages, mages invoquent sept servants, des esprits des héros mythologiques de l'humanité (répartis en sept classes : Saber, Lancer, Berserker, Rider, Caster, Assassin, Archer) pour livrer une bataille sanglante dans l'espoir d'obtenir le Saint-Graal et ainsi réaliser leurs souhaits.

Le Manoir du chat fantôme, le rêve d’un Allan Poe nippon ?

Réalisé par Nobuo Nakagawa (1958), Le Manoir du chat fantôme aka Bôrei kaibyô yashiki est un film classique du cinéma d'horreur japonais. L'ancien manoir présenté dans la pénombre, le noir et le blanc fantasmagoriques de l’œuvre, les couleurs soudaines des souvenirs racontés en images, des ombres projetées sur les murs en papier blanc de la demeure, une ambiance de légende doublé d'un univers sombre, la maladie de l'épouse qui fait d'elle une « entité de l'entre-deux », ce film nous remémore le monde d'Allan Poe ou de H.P. Lovecraft qui aurait fusionné avec les ectoplasmes des célèbres Kaidan, Histoires étranges, de Lafcadio Hearn dans un environnement à la jidai-geki style !

Re : Mind, du ijime à la torture psychologique ?

Faisant encore une fois preuve d'une originalité angoissante, le cinéma japonais nous offre Re : Mind (2017) de Furukawa Go, Ishida Yusuke et Uchikata Akira, un drama Netflix dérangeant qui met en scène onze jeunes lycéennes prisonnières d'un jeu d'enquête sur la thématique du harcèlement scolaire, de la justice, et des réseaux sociaux. Loin du gore de Battle Royal (2000, Kinji Fukasaku) et de l'humour de Sayonara Zetsubou Sensei (2007, Studio SHAFT), le J-drama Re : Mind est à classer dans le domaine du thriller en huis clos particulièrement WTF.

Le karma au cinéma

Entre Réincarnation/Rinne de Takashi Shimizu et Cloud Atlas des Wachowski, le karma est mis en scène dans un bon nombre d'œuvres audiovisuelles...

L’animation, et le média-mix au Japon et ailleurs

Le phénomène manga/animation, élément culturel central de la pop culture nippone, fait partie intégrante de la culture moderne. Continuant d’abreuver la culture artistique de nombreuses œuvres, ce phénomène est une véritable globalisation culturelle pouvant concurrencer la culture américaine et son exportation aux quatre coins du monde.

Kuroneko, un conte en noir et blanc

Poétique et d'une atmosphère magique rare, Kuroneko/The Black Cat est un film japonais réalisé par Kaneto Shindo et sorti en 1968. Véritable fable horrifique, cette oeuvre nous conte l'histoire de deux femmes, une mère et sa belle-fille, victimes d'une guerre durant laquelle elles se sont faites violées puis tuées par une bande de samouraïs. Leur rancune ne pouvant être effacée, elles renaissent sous la forme d'un esprit-chat (bakeneko) et font le serment de tuer tous les samouraïs.

Over Your Dead Body, le théâtre au cinéma

Magnifique adaptation de la légende d'Oiwa et de la pièce de théâtre kabuki, Yotsuya Kaidan (Tsuruya Namboku IV, 1825) retraçant l'histoire d'amour d'Oiwa et de Iemon ainsi que la terrible vengeance du spectre d'Oiwa, Over Your Dead Body aka Kuime est un film fantastique/horreur réalisé par Takashi Miike et sorti en 2014. Deux comédien·ne·s et amant·e·s, Kosuke et Miyuki, doivent interpréter sur les planches, la pièce Le Fantôme de Yotsuya. Le voile séparant la fiction et la réalité se disperse alors et tandis qu'iels confondent leurs visions et le quotidien de la mise en scène, d'étranges meurtres se multiplient en coulisse...

Forbidden Siren, de l’illusion à la folie

Adaptation de la série de jeux vidéo du même nom, Forbidden Siren est un film d'horreur réalisé par Yukihiko Tsutsumi en 2006.

Sur une mystérieuse île au sud du Japon du nom de Yamijima, les habitants disparaissent soudainement durant la nuit du 3 août 1976. Un seul survivant de cette étrange disparition, en proie à la folie, est retrouvé par les services de secours à qui il répétait en boucle des propos incohérents.

Kwaïdan, de l’onirisme à l’horreur

Adaptation du célèbre recueil éponyme de nouvelles fantastiques et horrifiques de Lafcadio Hearn, Kwaïdan/Kaidan est un film réalisé par Masaki Kobayashi sorti en 1964 au Japon. Composée de quatre épisodes, cette œuvre met en scène des histoires de fantômes issues du folklore japonais. Kwaïdan est aussi l'un des kaidan-eiga, ces films d'horreur japonais, les plus forts de son époque, il obtint notamment le Prix spécial du jury au festival de Cannes 1965.

7 yûrei-eiga, films de fantômes japonais

S'inspirant du théâtre traditionnel et kabuki mettant en scènes d'anciennes légendes de fantômes nippons, les yûrei-eiga (films de fantômes) sont friands de dames fantomatiques aux cheveux longs d'un noir de jais dont la rancune et la jalousie sont si puissantes qu'elles peuvent altérer la réalité et le destin des individus. Appartenant au genre plus large des kaidan-eiga (films d'horreur nippons et le domaine du J-horror), les films de fantômes japonais possèdent une esthétique lente et un folklore singulier...

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