Knocking : une question de plafond

Dès les premières minutes de Knocking (2021), le téléviseur d'un hôpital psychiatrique diffuse Persona (1966), le chef-d'œuvre d'Ingmar Bergman. D'emblée, on comprend que le film de Frida Kempff sera placé sous le motif de l'identité et de l'incommunicabilité. À la différence que Kempff n'est pas Bergman, et que vouloir se frotter au maître suédois entraîne immanquablement son comptant de comparaisons, dont Knocking souffre par excès de confiance.

Luz: The Flower of Evil et l’aliénation psychologique

Le cinéma de genre colombien s’il n’est certes pas le pan le plus connu dans le monde du septième art ne doit pas pour autant être pris à la légère, Luz: The Flower of Evil (2020) nous le démontre parfaitement à travers ses approches thématiques profondes et le soin minutieux de sa réalisation. Réalisé par Juan Diego Escobar Alzate qui signe ici son premier long-métrage qui dévoile de nombreux atouts !

Tideland : Jeliza-Rose au pays des horreurs

Adapté du roman homonyme de Mitch Cullin, le film raconte l'histoire d'une petite fille qui, après le décès de ses parents, se retrouve livrée à elle-même et à son univers débordant d'imagination.
Terry Gilliam nous livres ici sa création la plus représentative et personnelle, pas toujours pour de bonnes raisons.

Meurtres sous contrôle : foi et libre-arbitre

"God told me to" (Dieu me l'a ordonné) répond un tireur embusqué en début de métrage au policier qui l'interroge sur les raisons qui l'ont poussé à abattre froidement 15 personnes au fusil depuis le sommet d'un château d'eau. Cette phrase, également titre original du film, porte en son sein le substrat sur lequel sera construit tout le propos du long-métrage. Car avec ce qui est considéré (à raison) comme son meilleur film, le cinéaste Larry Cohen entend éveiller les consciences sur les notions de foi, de religion, de secte et de libre-arbitre.

Starfish, le deuil sous forme d’apocalypse surréaliste

Starfish (A.T. White, 2018) est un film américain contant le véritable périple d'une jeune femme nommée Aubrey (Virginia Gardner) qui vient de perdre sa meilleure amie Grace (Christina Masterson). Entre flashbacks intimistes et l'invasion soudaine de monstres étranges, la femme va devoir faire face à ses peurs les plus profondes ainsi qu'à un sentiment de solitude terriblement puissant. Ce deuil difficile se mélange à un jeu de pistes afin de mettre la main sur les cassettes audio laissées par sa défunte amie, des enregistrements qui semblent avoir le pouvoir d'empêcher la destruction du monde...

M.F.A., une serial killeuse contre la culture du viol

Natalia Leite (à la réalisation) et Leah McKendrick (au scénario) nous offrent M.F.A. (2017), une petite perle horrifique et engagée qui explose certains codes du rape & revenge. Tandis que le genre du "viol et vengeance" se contente habituellement de montrer le triomphe de la revanche d'une femme sur son ou ses violeurs, M.F.A. va plus loin en nous proposant la transformation psychologique d'une protagoniste timide et réservée érigée peu à peu en une véritable justicière psychopathe. Elle ne s'arrêtera pas au meurtre (accidentel) de son agresseur et sombrera vers une vague d'assassinats de tous les violeurs qui ont le malheur de croiser sa route. Refusant son statut de victime, devenant alors une survivante d'agression sexuelle, Noelle se change en une tueuse accomplie, furtive et organisée.

The Righteous : apocalypse now

En 2021, Netflix diffusait l'une de ses séries les plus inoubliables : Midnight Mass (Mike Flanagan). Construite autour d'un propos dénonçant le fanatisme religieux, la série se distinguait notamment par ses longues plages de dialogues, toutes plus fascinantes et bourrées de sens les unes que les autres. Impossible de ne pas penser à ce chef-d'œuvre de la SVOD en découvrant The Righteous (2022), écrit, joué et réalisé par Mark O'Brien, qui débarque en exclusivité sur la plateforme Shadowz.

Creepshow 2, l’horreur continue

Creepshow... Véritable madeleine de Proust pour l'ensemble des fantasticophiles en culottes courtes des années 80, l'on pourra dire qu'il aura marqué son époque et est aujourd'hui un film culte et indispensable dans toutes bonnes DVDthèque. Réalisé en 1982 par George Romero, il aura droit à sa suite en 1987, cette fois-ci réalisée par Michael Gornick, Romero se contentant d'être au scénario.

Saint Maud : la mystique au service de « l’elevated horror » ?

S'il y a bien un film que les fans de cinéma de genre attendaient avec impatience et qui suscitait les passions sur les différentes webzines horreur, ce fut bien Saint Maud (2019). Financé par Film4 Productions ainsi que la British Film Institute, réalisé par Rose Glass et distribué par là par la fameuse filiale A24, connue pour ses films complexes voire carrément arty, Saint Maud fera en France l’objet d’une véritable malédiction divine : dates de sorties dans les salles obscures repoussées plusieurs fois pour cause de pandémie lié au COVID-19, pour se voir finalement totalement annulé étant donné la date de réouverture des cinémas au sein de l’Hexagone. L’attente fut donc pour moi très longue avant de découvrir ce film aux nombreuses promesses et au grand potentiel artistique. Le premier visionnage fut une frustration pour moi tant la déception était grande, cependant un deuxième regard porté sur le film quelques jours avant d’écrire cet article m’a permis de l’approcher sous un nouvel angle, et de l’apprécier à sa juste valeur. Préparez-vous car nous allons embarquer dans un merveilleux voyage vers la grâce divine !

Voyage au bout de l’enfer, ou la communauté à l’épreuve

Le 9 avril 1979, lors de la 51e édition de la cérémonie des Oscars, John Wayne remet au réalisateur Michael Cimino l'Oscar du meilleur film pour The Deer Hunter (Voyage au bout de l'enfer). Au-delà de la remise du prix proprement dite (le film décrochera par ailleurs quatre autres Oscars), c'est un passage de relais qui s'opère sur la scène du Dorothy Chandler Pavillon ce soir-là, celui de l'ancien au Nouvel Hollywood, dont Voyage au bout de l'enfer constitue incontestablement l'acmé. Michael Cimino, cinéaste démiurge et mégalomane, aura ainsi réalisé le plus grand film de ce mouvement cinématographique, tout en mettant en scène en 1980 celui qui l'enterrera définitivement (Heaven's Gate ou La Porte du paradis). Mais ceci est une autre histoire... Pour l'heure, revenons à Voyage au bout de l'enfer, chef-d'œuvre à la puissance émotionnelle, thématique et formelle phénoménale.

Lords of Chaos, des idées et du sang derrière le corpsepaint

Le black metal, en voilà un sujet rempli de tabous et de légendes toutes plus flippantes les unes que les autres qui feraient pâlir cette bonne vieille Vierge Marie ! Toutefois quand l'idée vient à un réalisateur d'en faire ce que l'on pourrait qualifier un biopic, une question reste en suspens : peut-on retranscrire une telle aura de mystère et de provocation sans toutefois dénaturer les faits ? Eh bien à cette question je ne pourrais ni y répondre affirmativement ou négativement !

L’Avion de l’apocalypse, le film qui contamine

Réalisé en 1980 par Umberto Lenzi entre ses deux films de cannibales (La Secte des cannibales et Cannibal Ferox), L'Avion de l'apocalypse (Incubo sulla città contaminata en version originale) raconte l'histoire d'un avion militaire atterrissant dans un aéroport et dont les passagers sont des "zombies". Un reporter et sa femme tenteront par tous les moyens de survivre à cette invasion. Les guillemets s'imposent car en effet, Lenzi ne se contente pas d'un film classique de morts-vivant·e·s mais incorpore (volontairement ou non ?) plusieurs autres éléments qui rendent le film hybride. Par cette définition, il faut entendre que ces monstres mangeurs de chairs ne... mangent pas justement. Nous avons droit à des contaminés à la 28 jours plus tard mais en fait pas tant que ça car ils sont résistant aux balles et seul un tir à la tête peut les stopper. A Dawn of The Dead ? Non plus car dit, ils ne mangent pas de chair.

20 histoires de séquestration à l’écran

Enfermements possessifs, séquestrations morbides ou encore délires sadomasochistes, le cinéma regorge de films de torture psychologique et physique en tout genre ! Parfois purement brutaux et gores comme dans le torture porn, à mi-chemin avec l'érotisme des pinku-eiga nippons ou encore jouissifs dans le rape & revenge, ces œuvres nous invite dans un univers où la violence est reine.

German Angst, la mort comme obsession

Film à sketchs réalisé en 2015, German Angst parle de la mort mais sans aucunes poésie ou autres douces allégories. Ici, la mort se veut violente, brute et sans concession. On peut y voir les troubles et les traumas de gens désabusés, psychotiques.

Baba Yaga, quand la sorcellerie se fait arty

Réalisé en 1973 par Corrado Farina, Baba Yaga nous raconte l'histoire de Valentina (interprétée par Isabelle de Funès), jeune photographe de mode qui, après une sortie avec des ami·e·s, sauve la vie d'un petit chien mais manque de se faire renverser par une voiture conduite par la sorcière Baba Yaga.

Ne me tue pas, entre romance et bain de sang

Après s’être fait la promesse de se retrouver, Mirta (Alice Pagani) et Robin (Rocco Fasano), deux adolescent.e.s éperdument amoureux.ses vont mettre fin à leurs jours à cause d’une overdose. Jusqu’ici, tout semble être un scénario de film d’ados mêlant drogue et histoire d’amour, comme on en a l’habitude de voir sur Netflix. Cependant, un événement va changer le destin de la jeune fille qui va se réveiller du monde des morts désormais contrainte à manger de la chair humaine pour ne pas laisser son corps entrer en stade de décomposition. Coincée dans un monde assoiffé de violence, Mirta va devoir échapper à un groupe de personnes qui en ont après les « mort.e.s-vivant.e.s ». Mais la jeune amoureuse n’en oublie pas pour autant sa quête de retrouver coûte que coûte celui qu’elle pensait ne jamais être capable de la trahir.

Serial Blogueuse, des critiques qui font péter les plombs !

Serial Blogueuse (Ivo Van Aart, 2019) nous entraine dans un scénario original et sanglant qui mêle humour noir et critique sociale. Le récit met en scène une pigiste du nom de Femke Boot qui peine à rédiger des articles sans recevoir des messages injurieux ainsi que de menaces de mort sur les réseaux sociaux. Ne réussissant plus à se concentrer sur ses chroniques, la femme se met à alors à se renseigner sur les profils des haters et perd peu à peu pied. Et bien qu'elle soutient corps et âme la liberté d'expression de sa fille lycéenne, Femke accumule de la frustration qui explose un beau jour en mode American Psycho. Le film alterne entre comédie cynique, psychose et meurtres déjantés tout en présentant le quotidien d'une famille recomposée évoluant dans le domaine de l'écriture, la suffisance d'une éditrice en chef complétement déconnectée des souffrances de sa rédactrice et une armée de haters fachos et sexistes qui poussent à bout. Serial Blogueuse est un thriller au féminin tantôt gore tantôt dramatique qui montre une spirale de violence sans fin, une vengeance interdite mais qu'on peut concevoir comme légitime face à ces trolls agressifs se prenant pour des spécialistes.

Bienvenue chez les Firefly, les dégénéré·e·s de Rob Zombie !

Réalisé en 2003 par Rob Zombie, House of 1000 Corpses (La Maison des 1000 morts) fait partie de la fameuse trilogie de la famille Firefly. La nuit d'Halloween, des jeunes en quête de sensations fortes font halte dans une station-service et apprennent l'existence du Dr Satan, un dangereux psychopathe ayant mystérieusement disparu. Chemin faisant, ils prendront en stop Baby Firefly, membre d'une famille ô combien dégénérée.

Cama-Cruso, un found footage issu d’un ARG horrifique

Aux origines de Cama-Cruso (Dando, 2022), il y a un Alternate Reality Game angoissant sur des disparitions inquiétantes au gîte de la Came-Cruse. Le film Cama-Cruso disponible sur la plateforme Shadowz est une synthèse des contenus créés lors de ce jeu d'enquête horrifique disponibles sur les différentes réseaux sociaux. Ce fake documentaire à la Blair Witch découle d'une histoire interactive qui se déroule en ligne dans laquelle les choix et les actions des joueurs et des joueuses ont énormément d'impact sur le déroulement du récit. Avec plus de 12 millions de vues sur les réseaux, le gîte de la Came-Cruse devient le sujet d'une enquête d'internautes et autres intéressé·e·s, impliqué·e·s à développer l'intrigue.

Le Domaine (Il nido) : immersion au cœur des secrets de la Villa dei Laghi

Se retrouvant tétraplégique après un accident de la route, un jeune garçon du nom de Samuel interprété par Justin Korovkin, est contraint de passer ses journées cloîtrées entre les quatre murs de sa maison sous l’œil avisé de sa mère Elena(Francesca Cavallin) entouré de ses tantes, oncles et personnel de maison. Veuve depuis ce tragique accident, elle interdit formellement à Samuel de franchir les limites du domaine, car selon elle, leur foyer est le meilleur endroit pour lui, le monde extérieur est trop dangereux. Les journées de cet adolescent sont rythmées par des cours de piano et des leçons sur la gestion du domaine familial. Son quotidien, assez monotone et très différent de celui des autres enfants son âge va être chamboulé par Ginevra Francesconi se glissant merveilleusement dans le rôle de Denise, une jeune femme de quinze ans, recrutée comme domestique par Elena. Une fille pleine de vie ayant l’interdiction la plus totale de parler à Samuel. Nos deux adolescent·e·s· vont tout de même braver les règles de la maison, en se liant d’amitié et plus si affinité… Au grand dam de la famille, qui ne va pas hésiter à révéler sa vraie nature pour éloigner les deux tourtereaux et empêcher Samuel de sortir du domaine. Une face cachée de la famille jusqu’ici inconnue pour notre jeune garçon.

Zombi Holocaust, le mix cannibales/zombies

Réalisé en 1979 par Marino Girolami sous le pseudonyme de Franck Martin (pratique courante dans l'âge d'or du cinéma italien), Zombi Holocaust (titre original) est un des rares films 70's à avoir autant de titres différents suivant le pays d'exploitation : La Terreur des zombies en VF, Zombie Holocaust en Angleterre, Zombie Terreur en Belgique, La regina dei Cannibali (titre alternatif) en Italie, Zombies unter Kannibalen en Allemagne de l'Ouest et Docteur Butcher M.D. aux USA.

A Classic Horror Story, lorsque la réalité dépasse la fiction

Cinq personnes décident de covoiturer à bord d’un van pour se rendre en Calabre : Fabrizio, un blogueur réalisant des vidéos, Élisa, une étudiante sur le point d’avorter, Sofia une magnifique blonde auto-entrepreneuse, accompagnée de Mark son petit ami anglais et Riccardo, un médecin quadragénaire luttant pour sauver sa famille au bord de la rupture. Le voyage est bercé par des rires et des anecdotes jusqu’à la tombée de la nuit. Se rapprochant de plus en plus de leur but, une sortie de route va leur faire perdre le contrôle du véhicule, mais également de leur vie. Après avoir repris leur esprit, nos cinq protagonistes vont se trouver coupé.e.s du monde au milieu de nul part, avec comme seul repère, une petite maison en bois perdu dans la forêt, qui est en fait le siège d’une abominable secte. La descente aux enfers va alors commencer pour nos voyageur·se·s qui vont se retrouver acteurs et actrices d’un film d’horreur grandeur nature, dépourvu de tout effet spécial. Vous l’aurez donc compris, le sang qui coulera sur nos écrans sera bel bien celui d’un·e des personnages.

Fresh, des escalopes de femmes au menu

Disponible sur Disney +, Fresh (2022) est un thriller américain écrit par Lauryn Kahn et réalisé par Mimi Cave. Avec son harmonieux acting entre improvisation et dialogues écrits, le film nous balance dans la mésaventure sanglante de Noa. La jeune femme cherche à rencontrer l'amour via des applis de rencontres. Désespérée par les dick pics et ses dates avec les misogynes habituels, Noa fait finalement la rencontre de Steve, un homme charmant et drôle qu'elle croise au supermarché du coin. Le feeling passe bien, la discussion s'annonce intéressante. Iels se donnent alors rendez-vous et finissent dans une belle maison éloignée de la ville que l'homme utilise pour son travail. Une soirée romantique s'offre alors au duo et iels entament une relation amoureuse. L'alchimie entre Daisy Edgar-Jones et Sebastian Stan fait de cette première partie de film, une comédie romantique qui aurait pourtant pu se montrer adorable. Le générique apparait ainsi au 1/3 de l'œuvre et on sait qu'il y a un HIC. C'est bien trop beau pour être vrai ! Très rapidement, le film change de ton. Noa se rend compte qu'elle a été droguée et s'effondre sur son partenaire. D'une façon terriblement violente, la femme va se rendre compte que Steve n'est pas le mec cool qu'elle espérait. Enchainée dans un sous-sol lumineux et minimaliste, Noa apprend de la bouche de son ancien amant qu'il va littéralement la bouffer. Le boulot du mec ? Découper (exclusivement) des femmes pour des blindax aux appétits cannibales et aux fantasmes assez particuliers afin d'en envoyer des morceaux sous vide aux quatre coin du monde. Parfois comiques, des dialogues d'un naturel déroutant viendront alors ajouter du réalisme à cette situation si improbable. Fresh bascule si rapidement dans le thriller horrifique aux étapes de plus en plus sanglantes et malaisantes qu'il explose comme une bombe au visage.

The Plumber, une certaine ambiance paranoïaque

Téléfilm réalisé en 1979 par Peter Weir, à qui l'on doit notamment les chefs-d'œuvre Le Cercle des poètes disparus (1989), La Dernière vague (1977) et Pique-nique à Hangig Rock (1975), The Plumber part d'un postulat ultra-classique et pourtant qui va dériver sur des thématiques assez troubles.

L’Au-delà, l’autre nom de la poésie macabre

Réalisé en 1981 par Lucio Fulci, L'Au-delà (E tu vivrai nel terrore - L'aldilà en version originale) fait partie de la trilogie Lovecraftienne de ce dernier. Démarrée en 1980 avec Frayeurs (Paura nella città dei morti viventi en VO) puis La Maison près du cimetière (Quella villa accanto al cimitero), L'Au-delà est sans aucun doute l'œuvre-maîtresse de Fulci dans sa filmographie horrifique. Liza Merril (Catriona MacColl) hérite d'un ancien hôtel en Nouvelle-Orléans. Mais ce dernier, construit sur l'une des sept portes de l'Enfer, libèrera le chaos sur Terre.

Matar a Dios, une comédie familiale explosive

Dans la même veine que Dogma (Kevin Smith, 1999), Matar a Dios est une comédie fantastique mettant en scène un couple dysfonctionnel constitué de Carlos, un mari jaloux et machiste avec sa femme Ana qu'il soupçonne de le tromper. L'homme s'énerve contre sa épouse après avoir découvert un message tendancieux envoyé par son patron. Une phrase qui lui restera d'ailleurs au travers de la gorge durant toute son incroyable soirée. Dans une maison rurale et isolée louée pour le Nouvel An, le duo attend la venue de deux autres convives : Santi, le frère de Carlos, suicidaire depuis sa rupture avec sa femme, partie avec un homme plus jeune ; et leur père, désabusé et récemment veuf, qui tente de profiter au mieux de la vie préférant utiliser son argent afin de payer des escort girls pour lui tenir compagnie que de prendre ses médicaments pour le cœur. La soirée commence déjà tendue tant Carlos se montre insupportable avec son entourage mais l'apparition soudaine d'un étrange invité dans les chiottes de la demeure vient ajouter un élément perturbateur à l'histoire...

The Innkeepers, l’effroyable hôtel

Disponible sur Freaks On et réalisé en 2011 par Ti West, réalisateur entre autre de l'excellent The House of The Devil, The Innkeepers démontre une fois de plus le talent que possède notre homme. Sur un thème classique d'histoire de fantômes situé dans un hôtel, endroit qui a été peu exploité dans le cinéma de genre même si The Shining de Kubrick vient en tête dès que l'on pense à ce lieu, Ti West impose sa patte.

3 films « du miel et du sang »

Éros et Thanatos n'ont cessé d'inspirer des récits de vie, des histoires et des œuvres en tout genre. Entre amour et mort, compassion et vengeance, passion et désir, voici une petite sélection des films de genre érotiques cultes.

3 miroirs mystérieux à l’écran

Dès le Miroir, mon beau miroir... de Blanche-Neige et les Sept Nains (Walt Disney, 1937), le miroir n'a cessé de hanter les productions audiovisuelles. Comme dans les mythes, les légendes et les contes, ses apparitions à l'écran n'en demeurent pas moins énigmatiques. Avec des adaptations cinématographiques de légendes urbaines - du célèbre Candyman (Bernard Rose, 1992) aux nombreux portages de la fameuse Bloody Mary à l'écran-, le miroir prend une place importante dans l'une des plus grandes saga d'horreur américaine avec l'opus Amityville: Darkforce (John Murlowski, 1993) avant de redevenir un passage symbolique dans Matrix 4 (Lana Wachowski, 2021). Ce réflecteur entre deux mondes nous offre un angle étrange d'une réalité comme en témoigne le miroir de Risèd d'Harry Potter à l'école des sorciers (Chris Colombus, 2001). Il reflète davantage nos perceptions que la réalité physique et se transforme en un chemin de traverse entre les mondes.

Jakob’s Wife, une émancipation gore et burlesque

Film d'horreur américain, Jakob's Wife (Travis Stevens, 2021) mêle avec brio humour, gore et thriller dans une aventure fantastique et déjantée. Ce conte d'émancipation féminine retrace l'histoire peu commune d'un couple qui connait quelques difficultés à s'épanouir. Une femme désabusée du nom de Anne (Barbara Crampton) est mariée à un pasteur peut-être doué dans son travail mais incapable de prendre en considération les envies de sa femme. Anne s'ennuie, elle rêve d'autre chose et se rend compte qu'elle prend soin de lui depuis leur mariage en ne demandant jamais rien en retour. Tandis qu'il fait de beaux sermons à la messe sur le rôle d'une épouse, il se comporte d'une façon déconcertante avec la sienne. Tout va basculer lorsqu'elle va retrouver son ancien amour dans un moulin abandonné qu'iels doivent rénover ensemble. Après avoir échangé quelques baisers, le duo fait la rencontre d'une créature invisible qui changera la vie de la femme à tout jamais...

The Eyes of My Mother, aux confins de la solitude

Réalisé en 2016 par Nicolas Pesce et disponible sur Shadowz, The Eyes of My Mother raconte l'histoire de Francisca, petite fille vivant loin de tout avec ses parents. Un jour, alors qu'elle est seule dans le jardin à jouer avec sa poupée, un homme du nom de Charlie, l'accoste. Sa mère voyant cet inconnu parler à sa fille lui demandera ce qu'il voudra. Il prétextera qu'il a besoin d'utiliser les toilettes mais soudainement, sous les yeux de Francisca, la tuera. Son père arrive à ce moment et séquestre ce dernier.

Cosmetic DNA, un rape & revenge bien déluré !

Film japonais réalisé par Kenya Okubo en 2020, Cosmetic DNA nous conte l'histoire d'Ayaka, étudiante en arts et escort girl la nuit, qui subit une agression sexuelle de la part de Kunjima, un réalisateur de films paumé. L'appâtant en lui proposant un rôle dans son "prochain" film, il décroche un rendez-vous avec la jeune femme et en profite pour mettre du GHB dans son verre. Ayaka se retrouve en profonde détresse psychologique mais elle fera bientôt la rencontre de deux autres femmes, Satomi et Yumi avec qui elle pourra partager ses souffrances mais aussi sa vengeance...

Violation, un rape & revenge choc

Violation (2020) est un film d'horreur canadien réalisé par Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli primé au Toronto International Film Festival ainsi qu'au Sundance Film Festival. La thématique puissante de ce long-métrage en fait une œuvre d'horreur qui mêle effondrement psychologique et vengeance. Madeleine Sims-Fewer au double-rôle de réalisatrice et d'actrice nous offre un rape & revenge fort en émotions qui retrace l'histoire de Miriam, une femme au bord du divorce, à la recherche d'une catharsis suite à son viol perpétré par son beau-frère, Dylan.

Le Bal des folles, la psychiatrie au service du patriarcat

Film français réalisé par Mélanie Laurent, Le Bal des folles (2021) est tiré du roman éponyme de Victoria Mas publié en 2019. Ce drame quasi-historique croise des horreurs psychologique, médicale et surnaturelle avec des thématiques féministes et la remise en cause de ce qu'on pourrait appeler "une psychiatrie patriarcale". L'histoire nous plonge dans une France des années 1880 dans laquelle la Femme n'avait que peu de droits et dont la vie était dictée par leur père, leur époux ou leur frère. Dépendant ainsi d'un membre masculin de leur famille, les femmes étaient muselées et obligées de suivre les règles et les clichés habituellement imposés au genre féminin. Eugénie est une jeune femme souriante, bienveillante et passionnée de lecture et d'ésotérisme. Son attitude rebelle lui vaut parfois d'être rappelée à l'ordre par son père, en bon patriarche "dévoué" à sa famille espérant que sa fille puisse faire un beau mariage au plus vite, mais Eugénie cherche les mêmes droits que son frère dont elle est très proche. La femme possède également un don étrange qu'elle garde secrètement pour éviter de se faire interner. Elle a la capacité de voir et d'écouter les fantômes...

Long Weekend, quand la nature se rebelle

Disponible sur la chaîne de screaming Shadowz et réalisé en 1978 par Colin Eggleston, Long Weekend fait partie du genre dit "Ozploitation", à savoir toutes les productions sorties en Australie dans les années 70 et 80 et dont les fers de lance sont, par exemple Mad Max de George Miller, La Dernière vague de Peter Weir ou Razorback de Russell Mulcahy. Ce film aura droit à son remake en 2008, réalisé par Jamie Blanks. Peter et Marcia, un couple en pleine crise conjugale, décident de passer un week-end loin de tout, dans un endroit isolé en bord de mer pour se ressourcer, se retrouver. Mais la nature environnante se rebellera face à ces deux citadin·e·s.

Tomie: Unlimited, un body horror psychologique

Réalisé par Noboru Iguchi, Tomie: Unlimited (2011) est un film d'horreur japonais qui conte l'histoire de la jeune Tomie, une séduisante lycéenne qui rend les hommes totalement fous au point qu'ils ressentent l'envie de se suicider, de s'entre-tuer ou de la tailler en pièces écarlates. Mélange harmonieux entre thriller psychologique et body horror, Tomie: Unlimited est le dernier des films live action de la saga audiovisuelle Tomie.

5 animations oniriques rétro

Importés du Japon dès les années 1960 avec le célèbre Astro Boy ou Le Roi Léo (Osamu Tezuka), les animes - anciennement appelés manga eiga (films de manga) - se sont popularisés hors de leurs frontières durant les années 1970-1980 jusqu'à devenir un média incontournable de la pop culture moderne disponible sur de nombreuses plateformes streaming comme Netlifx ou Prime Video aux quatre coins du monde. Dérivé du mot animēshon (transcription du mot anglais animation), l'anime désigne aussi bien une série qu'un film d'animation en provenance de l'archipel nippon.

Cannibal Holocaust, symphonie de l’horreur

Cannibal Holocaust est un film italien réalisé par Ruggero Deodato en 1980, s’inscrivant dans le genre du cannibal movie[1], genre presque exclusivement italien tirant son origine dans la production des mondo movies[2], ces vrais faux documentaires honnis par toute la presse cinématographique et quasiment tou·te·s les amateurs·trices du 7e art, qui, utilisant une caméra voyeuriste, parcouraient le monde pour aller capter les mœurs les plus "bizarres" et "étranges" des peuples de la planète, illustrant une vision radicalement pessimiste de l'existence et des rapports sociaux où règnerait la même violence tant du côté des "civilisé·e·s" que de celui des "sauvages".

Evil Dead, le classique intemporel

Réalisé en 1981 par Sam Raimi, Evil Dead raconte l'histoire de cinq ami·e·s qui décident de passer du bon temps dans une petite maison au fond des bois, loin de tout. En découvrant un magnétophone dans la cave, et en écoutant la bande, iels réveilleront des démons et se feront posséder un·e à un·e. Un scénario ultra-classique qui a pourtant laissé une marque indélébile dans le monde du cinéma de genre. Comme quoi la simplicité peut être diablement efficace. Sam Raimi, alors âgé de 20 ans, embarque avec lui sa bande de potes, sans se douter que son métrage, des décennies plus tard, gardera intacte son aura de film culte.

Les Innocents, quand l’épouvante devient chef-d’œuvre

Réalisé en 1961 par Jack Clayton, et adaptation du roman de Henry James Le Tour d'écrou, Les Innocents nous raconte l'histoire de Miss Giddens, une jeune institutrice qui doit s'occuper des jeunes Flora et Miles, dans un manoir à Bly. Les fantômes de l'ancien valet et de l'ancienne institutrice viendront tourmenter les occupant·e·s des lieux. Les années quarante, cinquante et soixante ont été un vivier pour les productions gothiques et horrifiques. D'abord avec les productions Hammer Films qui avaient repris les monstres classiques de la Universal que cette dernière avait délaissée sur la fin en parodiant ses propres œuvres. Le cycle Edgar Allan Poe par Roger Corman ensuite, reprenant les fabuleux textes du Maître. Enfin, la pléthore de films italiens qui connut son âge d'or jusqu'aux années 1970.

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