The Unborn, punk, horreur et politique

Rencontré sur une petite île lors du Lampedusa Infestival (organisé le collectif Askavusa), un festival alternatif en résistance contre le traitement inhumain des migrant·e·s venu·e·s en Europe depuis la Méditerranée, The Unborn est un groupe de street punk italien formé en 2015. C’est durant la projection de notre documentaire vivant Travail et Immigration sur la face d’une montagne, après un nombre incalculable de cafés que la rencontre avec The Shape, le chanteur de The Unborn, a eu lieu. Elle constitue encore aujourd’hui une magnifique surprise, une coïncidence engagée et engageante qui nous a marqué de façon indélébile. Leurs inspirations entre punk, hard rock et films de genre, en particulier le Giallo, l’horreur ainsi que la science-fiction post-apocalyptique ont résonné avec le projet Three Mothers Films, et notre lutte commune pour la tolérance a permis une chaleureuse camaraderie. The Shape a accepté de répondre à nos questions !


Comment est né le projet The Unborn ? Chacun de vous fait de la musique avec d’autres groupes, qu’est-ce qui vous a donner envie de créer ce projet ?

À la base du projet, il y avait l’idée de former un groupe de street punk qui parlerait des problèmes actuels en prenant comme référence les « vieux » films d’horreur. Nous avons commencé les répétitions pour la première fois à la fin de 2015, puis nous avons commencé à jouer en live quelques mois plus tard. Nous avons depuis changé de line-up de nombreuses fois, et malgré les ralentissements inévitables, nous avons produit pas mal de matériel et surtout, nous sommes toujours là. Nous sommes passionnés par le street punk, le Oi!, le punk hardcore et le hard rock, ainsi que le cinéma horreur, le Giallo et la science-fiction. En règle générale, il n’y a pas beaucoup de place pour l’horreur dans le street punk, avec quelques exceptions comme le groupe Attak originaire de New Mills, qui a été actif au début des années 80. Habituellement, les personnes qui jouent ce type de musique évitent les approches particulièrement sombres, que l’on retrouve pourtant dans des groupes comme Blood.

Nous sommes parfois assimilés à du horror punk. Cela ne nous dérange pas, mais contrairement à la plupart des groupes de ce sous-genre nous faisons références au cinéma d’horreur pour parler de questions sociales et politiques. Et comme dans le meilleur cinéma d’horreur politique, nous préférons l’usage de la métaphore au fait de crier des slogans et d’exhiber des symboles explicites.

Pourquoi avoir choisi The Unborn comme nom de groupe ?

Lorsque nous avons formé le groupe, nous avions en tête une série de noms que, pour une raison ou pour une autre, nous avons dû mettre de coté. Parmi ceux qui pouvaient être utilisés, il ne restait plus que The Unborn, « le non né », une créature qui n’a pas encore vu la lumière du jour, mais qui a déjà beaucoup de choses à dire sur le monde horrible qui l’entoure. Mais, il n’y a aucun rapport avec les films du même nom.

Je crois deviner que les membres du groupe aiment les films d’horreur ? Souhaiteriez-vous composer la bande originale d’un film ? Et pourquoi pas pour Three Mothers Films ?

Pour certains d’entre nous, l’horreur est une passion depuis l’enfance, même si, c’est en grandissant que nous avons compris son potentiel subversif et militant. Quant à la deuxième partie de la question, l’idée de composer une bande son est née avec le groupe ! Nous connaissons plusieurs de vos œuvres et ce serait un réel plaisir d’enregistrer des chansons pour l’un de vos films.

Si vous pouviez composer pour un réalisateur·trice italien·ne, qui serait-ce ? Et pour un réalisateur·trice étranger·ère ?

Par rapport aux cinéastes italien·ne·s du passé, je répondrais instinctivement Lucio Fulci, même si nous ne pourrons jamais rivaliser avec les bandes sonores de Fabio Frizzi ! Notre street punk serait peut-être plus adapté à certaines œuvres du milieu des années 80 comme Demoni (1985) et Demoni 2 (1986) de Lamberto Bava, étant donné que ces films regorgent de références au punk, au post-punk, au hard rock et à la new wave, voulues probablement par le producteur Dario Argento, qui a toujours été intéressé par la musique de qualité et par la culture underground. Pour les réalisateurs étrangers, je dirais certainement George Romero. Malheureusement, il n’accordait généralement pas trop d’importance aux bandes sonores, et de fait, les éditions européennes de ses films – une fois de plus arrangées par Dario Argento – vont plus vers nos goûts que les œuvres originales, qu’on adore quand même.

Enfin pour les réalisateurs·trices actuel·le·s, les noms qui me viennent à l’esprit sont nombreux, étant donné que ces dernières années plusieurs films punk bien réalisés sont sortis, comme Green Room de Jeremy Saulnier (2015), Bomb City (2017) de Jameson Brooks et The Ranger (2018) de Jenn Wexler, et bien d’autres encore.

Vous apparaissez dans vos clips avec des masques sur le visage, pourquoi ce choix et à quoi fait-il référence ? Peut-être fait-il aussi référence au mouvement zapatiste du Mexique ?

Pour les séances photo, nous utilisons des masques en sac de toile, dans le style de The Town That Dreaded Sundown (1976), mais pour les live, nous préférons des cagoules simples pour des raisons pratiques.

Le choix des masques est dû au fait que les membres de la première formation étaient déjà connus avec d’autres groupes, et nous ne voulions pas donner l’impression qu’il s’agissait d’un énième projet musical de tel ou tel musicien. En dehors de cela, l’idée des identités secrètes et du port du masque est particulièrement adaptée à un groupe comme le nôtre. Cependant, il n’y a aucune référence politique dans le choix des masques, même si, bien sûr, le mouvement zapatiste a toute notre sympathie.

Les paroles de vos chansons sont très engagées et votre nouveau single l’est tout autant. De quoi parle-t-il ? Le titre Visitatori [Les Visiteurs] fait référence à la série télé V qui était une métaphore de la Seconde Guerre mondiale célébrant la résistance, série dans laquelle les extraterrestres renvoyaient aux nazis. Votre single peut-il être perçu comme une dénonciation du retour des fascismes un peu partout dans le monde, facilité aussi par la pandémie mondiale ?

La mini-série originale de Kenneth Johnson était particulièrement politisée et, comme vous le dites, dénonçait le danger d’une involution autoritaire des pays occidentaux, et était aussi le résultat du climat de la Guerre froide. Bien qu’aujourd’hui l’Union soviétique n’existe plus, les conflits entre les blocs occidental et oriental ne se sont en aucun cas apaisés, comme le montre la situation actuelle en Ukraine. Visitatori évoque cela, ainsi que la gestion autoritaire de la pandémie vécue dans presque tous les pays du monde. Les différents gouvernements, au lieu d’investir à nouveau dans la santé publique et dans la recherche scientifique, ont traité la Covid comme un problème d’ordre public, et leurs choix ont creusé encore plus l’écart économique entre les classes inférieures et les classes dominantes.

Peut-on voir un appel à la résistance avec votre titre Quinta colonna [Cinquième colonne] ? Quinta colonna développe une rythmique plus ska pendant une grande partie de la chanson avant d’accélérer et devenir carrément punk vers la fin. De plus, il n’y a pas de parole chantée, pourquoi avoir fait ce choix ?

Quinta colonna est le deuxième morceau du single Visitatori et oui, c’est une invitation à la résistance, étant donné que dans V la « cinquième colonne » est l’organisation secrète de visiteurs et visiteuses qui se battent de l’intérieur d’un système colonialiste basé sur l’exploitation illimitée des ressources. Plus que du ska, la chanson est du dub influencé par le reggae punky de la fin des années 70 (The Ruts, The Clash, etc.). En général, les morceaux instrumentaux sont assez rares dans la scène punk, mais nous incluons toujours au moins un instrumental dans nos œuvres. Dans ce cas, il s’agit précisément du titre Quinta colonna, qui est basé sur le thème musical de la deuxième mini-série de V.

Comment le single Visitatori [Visiteurs] a-t-il été accueilli par le public ? Comptez-vous sortir un album après ce single ?

Compte tenu du fait que nous sommes un groupe qui faisons une musique de niche, je dirais plutôt bien, mais pour vous donner une réponse définitive, nous attendrons la publication du titre sur cassette. Je ne pense pas que nous ferons d’autres albums après Slasher – Street Punk Anthems (2019). Nous préférons les formats comme le single et l’EP, ou du moins le MLP. En ce moment, nous travaillons sur un nouveau mini concept axé sur un réalisateur italien connu de tou·te·s les fans d’horreur.

Les pochettes d’Obey et du nouveau single Visitatori, si je ne me trompe pas, ont été réalisées par l’illustrateur Alessandro Aloe. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Et comment s’est fait le choix des illustrations des pochettes ? S’agit-il de propositions d’Aloe ou aviez-vous déjà des idées à leur sujet ?

Alessandro de Moriarty Graphics est un vieil ami et un excellent graphiste et illustrateur. En plus d’Obey et Visitatori, il s’est également occupé des illustrations de Slasher. Généralement, on lui propose notre idée, il l’étudie et nous fait des propositions pour l’améliorer, puis il effectue le travail. Parfois, Alessandro s’occupe également de la mise en page, mais dans d’autres cas – comme dans le cas du faux mail murder présenté dans Slasher – il travaille uniquement sur l’illustration, et je m’occupe ensuite de la mise en page. Ayant les mêmes passions et ayant un parcours similaire, on se comprend vite. En plus d’Alessandro, nous avons également travaillé avec d’autres artistes, tels que Giorgio Santucci (Dylan Dog) et Camden Supernova.

Il y a une grande tradition dans le rock, au sens large du thème, dans le fait de mélanger la musique et le cinéma fantastique/horreur (je pense par exemple au groupe espagnol Def Con Dos qui a travaillé avec Alex de la Iglesia) et sûrement le groupe le plus connu est The Misfits. Y a-t-il un groupe qui vous a inspirés non seulement pour le genre que vous jouez, mais aussi pour le fait de devenir musiciens ?

En ce qui me concerne, la décision de prendre un micro est venue avec ma passion pour la musique afro-américaine, et plus tard pour le punk. Je dirais qu’il n’y a pas de groupe en particulier qui m’a inspiré, et c’est pareil pour les autres membres de The Unborn : on aime beaucoup les Misfits. On a enregistré une reprise de Braineaters et on avait l’habitude d’ouvrir nos concerts avec Some Kinda Hate, mais on ne ne les considère pas comme une grosse influence. Musicalement, on est peut-être plus proches des Blood et des 4-Skins que des Misfits. Ensuite, pour les paroles de nos chansons, notre principale source d’inspiration est sans aucun doute le cinéma d’horreur, et non pas d’autres groupes de musique.

Malheureusement, en ce moment, les forces conservatrices semblent dominer dans de nombreux pays alors que le spectre du fascisme revient. Pensez-vous que le cinéma d’horreur et la musique punk, deux expressions artistiques historiquement très engagées, ont encore quelque chose à dire et peuvent inspirer les gens à se battre ou du moins, à prendre conscience des problèmes du monde ?

Dans le domaine du cinéma, oui, assurément, et en témoigne le grand nombre de films d’horreur politiques et sociaux sortis ces dernières années : The Witch (2015), Get Out (2017), Us (2019), Babadook (2014), Hereditary (2018) et Midsommar (2019), mais la liste pourrait être encore plus longue. Malheureusement, le succès de ces films a provoqué la naissance d’une série de films d’horreur qui se voilent d’engagement social mais qui sont en réalité assez inoffensifs et de caractère libéral, puisqu’ils dénoncent hâtivement les problèmes sociaux pour plaire aux goûts du moment, sans faire une critique radicale du système qui produit certaines aberrations. En ce qui concerne le punk, du moins en Italie, la scène est plutôt politisée et va souvent de pair avec certaines réalités antagonistes, elle joue donc un rôle dans ce sens. Cependant, c’est un genre musical de niche et une scène avec peu de renouvellement générationnel, il est donc difficile de faire passer son message aux non-adeptes.

En France, l’Italie est considérée comme le pays de l’Opéra et du Festival de Sanremo, à quel point est-il difficile, si c’est le cas, de faire de la musique punk en Italie ?

Je pense que très peu de gens en Italie suivent encore l’Opéra, alors que le Festival de Sanremo se porte malheureusement toujours très bien ! En Italie, il existe un circuit composé de centres sociaux (qui sont des structures similaires aux squats, mais plus attentifs aux activités politiques et sociales), un petit nombre de petits clubs et, comme nous l’avons dit, des réalités antagonistes, donc généralement faire des concert n’est pas un problème. Peut-être que la plus grande difficulté est de trouver un label prêt à soutenir à fond un groupe, avec une promotion appropriée, etc. Probablement, cela est aussi dû au fait que l’Italie n’est pas un grand pays et que la scène est relativement petite, donc les labels n’ont pas beaucoup d’argent disponible et préfèrent souvent se concentrer sur des groupes qui assurent les ventes. Nous avons travaillé avec plusieurs maisons de disques, mais pour le moment nous collaborons exclusivement avec Crombie Media Music, un petit label lié au blog Crombie Media.

Le cinéma italien et son cinéma de genre ont été une référence pour le cinéma mondial de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1980. Puis, Berlusconi est arrivé avec ses chaînes privées et ce fut le déclin du cinéma italien. Comment voyez-vous le cinéma italien et surtout le cinéma de genre italien d’aujourd’hui ? Y a-t-il de jeunes réalisateurs·trices que vous aimez ?

Les raisons du déclin du cinéma italien sont nombreuses, même si Berlusconi a certainement joué un rôle dans ce sens, étant donné que d’abord avec ses chaînes TV puis avec vingt ans au gouvernement, il a exercé une influence néfaste sur ce pays, également d’un point de vue culturel. Mais, nous ne pensons cependant pas qu’un seul individu – aussi puissant soit-il – puisse être seul responsable de ce déclin. Quoi qu’il en soit, depuis de nombreuses années, très peu de films de genre italiens valent la peine d’être vus. Le premier titre récent qui me vient à l’esprit est They Called Me Jeeg Robot (2015) de Gabriele Mainetti, qui laissait espérer que les producteurs italiens reviendraient investir dans des œuvres de ce type, au lieu de produire des comédies banales vite oubliées. Malheureusement, malgré son succès, ce film est resté un cas presque isolé.

Personnellement, je regarde tous les films d’horreur italiens que je peux voir, mais je suis rarement impressionné par un nouveau film. Exception faite du récent The Crypt Monster (2021) de Daniele Misischia. Malgré l’évidente pauvreté des moyens, c’est un film réussi et divertissant, avec de nombreuses références à la musique métal. Un autre long-métrage que je recommanderai est Oltre il ford (2013), une sorte de film d’horreur folk réalisé par Lorenzo Bianchini. Il y a certainement d’autres films dignes d’être cités, mais ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit.

Le Slasher semble être votre sous-genre horrifique préféré, n’est-ce pas ? Quel est votre film slasher de prédilection ? Y a-t-il un autre genre cinématographique, même en dehors du cinéma d’horreur, que vous aimez ?

Les films de slasher sont idéaux pour une soirée détente, même si avec le recul certaines de ces œuvres ont un message social ou politique. Il existe d’autres sous-genres que nous apprécions, tels que le folk horror, le body horror, l’horreur psychologique, etc. Comme nous l’avons dit précédemment, nous nous inspirons également d’autres genres annexes tels que la science-fiction, le thriller et le Giallo, mais bien sûr, nous apprécions également un bon drame ou une bonne comédie.

En France, le système de financement du cinéma est très efficace car en grande partie financé par l’État. Malheureusement, le cinéma de genre français a beaucoup de mal à se développer, car il est mal perçu par les institutions et le public français a beaucoup de préjugés sur la production française, à tel point que des réalisateurs comme Alexandre Aja ou encore Pascal Laugier doivent partir à l’étranger pour continuer de tourner. Quel est le dernier film d’horreur français que vous avez vu, s’il y en a un, et comment jugez-vous les productions françaises ?

Malheureusement, on ne connaît pas grand-chose du cinéma de genre français, même si on apprécie des titres classiques comme Les Yeux sans visage (1960), un film franco-italien, ou encore Possession (1981). Comme d’autres fans d’horreur italiens, nous sommes surtout attentifs au cinéma italien ou au cinéma des pays anglo-saxons, peut-être parce que généralement il y a peu de retours dans les médias sur les films produits dans d’autres pays européens, mais j’imagine que cela est également dû à des problèmes de langue. Une meilleure communication entre les fans d’horreur européen·ne·s pourrait probablement compenser les lacunes des médias spécialisés.

Des musiciens comme Rob Zombie se sont lancés avec succès dans la réalisation, alors que le grand John Carpenter, par exemple, ne fait plus que de la musique. Est-ce que vous auriez envie aussi de vous lancer dans la réalisation de clips, de courts-métrages ou encore de longs-métrages ? Et si oui dans le genre horreur ?

Bien sûr, nous aimerions faire un film, ou au moins une bande-annonce, mais cela demande des compétences et de l’argent que nous n’avons pas pour le moment. Jusqu’à présent, nous nous sommes donc limités à faire des bandes-annonces audio pour des films fictifs, qui apparaissent par exemple dans notre album Slasher.

Je crois comprendre que vous faites peu de concerts à l’étranger, mais cela vous plairait-il de jouer en France et dans quelles villes si vous avez une préférence ?

Bien sûr, nous en serions très heureux. À Paris où il y a des scènes Oi! et street punk organisées, mais d’autres villes nous intriguent aussi, comme Marseille et Strasbourg.

Voulez-vous ajouter quelque chose ou parler de projets à venir ?

En dehors de la sortie imminente de V en cassette, nous avons commencé à composer les chansons du projet que nous avons mentionné, qui se concentre sur un réalisateur italien, mais cela prendra du temps. Celles et ceux qui souhaitent être informé·e·s de nos activités peuvent nous retrouver sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter) ou visiter notre blog en italien (https://theunbornband.com). Ceux et celles qui sont curieux·ses d’écouter notre musique ou de regarder nos vidéos peuvent nous trouver à la fois sur Spotify et sur YouTube. C’est tout pour le moment. Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à The Unborn et nous vous souhaitons le meilleur pour les activités de Three Mothers Films !



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