Des monstruosités dévoilées dans Le Cabinet de curiosités à Pinnochio, une fable revisitée par Guillermo del Toro

Le Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro est une série anthologique constituée de huit contes d’épouvante. Dans la lignée de Chair de poule, l’œuvre nous dépeint un ensemble de cauchemars étranges et de situations macabres dans lequel le fantastique possède une place liminaire. Au sein de cette collection d’atrocités répugnantes et viscérales visuellement varié selon la griffe des 8 artistes différent·e·s à la réalisation (Ana Lily Amirpour, Panos Cosmatos, Catherine Hardwicke, Jennifer Kent, Vincenzo Natali, Guillermo Navarro, David Prior et Keith Thomas), les ignominies fantasmagoriques d’un folklore maudit se mélangent aux horreurs réelles de l’histoire humaine. Entre critique du fascisme, avidité dévorante ou encore deuil d’un enfant, les « méchancetés » et les traumatismes de ce monde se métamorphosent en chimères funèbres prêtes à dévorer tout ce qui se trouve sur leur chemin. Le créateur de cette série, connu pour ses thématiques récurrentes mêlant fantastique, enfance et drames sociaux s’exprimera sur le projet de la façon suivante :

C’est quelque chose que j’ai du mal à expliquer, mais la curiosité est la plus belle chose dans le genre fantastique. Ce que j’aime dans l’horreur c’est ce qu’elle apporte au monde. L’horreur est le sanctuaire de l’imperfection. Elle vous dit c’est Ok d’être un monstre et que nous sommes tous des monstres mais peut-on vivre avec cela ?


Lot 36 (Guillermo Navarro)

Épisode 1 by Lord Humungus

Nick Appleton, un vétéran de la guerre d’Irak, suprématiste irascible et raciste, cherche à éponger ses dettes en rachetant aux enchères le contenu de boxes de stockage. Manigançant avec un des employés de l’entrepôt qui le renseigne sur ce que contiennent les boxes, Appleton fait l’acquisition d’un lot ayant appartenu à un vieil homme décédé récemment. Pendant ce temps, une femme latino-américaine âgée (dont le contenu du box a été vendu par erreur au même Appleton) essaie de le convaincre de lui restituer ce qui reste de ses affaires personnelles. Mais en vain, Appleton envoie balader la femme avec des propos racistes. Peu après, alors qu’il vide le box du vieil homme, notre protagoniste trouve des objets liés au IIIe Reich ainsi que des objets ésotériques dont une console de spiritisme qui se révèle contenir trois livres anciens et obscurs qui permettent d’invoquer des démons. Roland, un expert, lui promet 300 000 $ si Nick trouve le quatrième et dernier volume. Tous deux retournent au box, mais ce que les deux hommes vont découvrir est une horreur sans nom. Ayant la possibilité d’échapper au danger surnaturel qui l’a pris pour cible, ce sera finalement sa propre obscurité qui le condamnera.


Premier épisode de la toute dernière série produite par Guillermo del ToroLot 36 réalisé par Guillermo Navarro, qui a œuvré comme directeur de la photographie sur plusieurs films du cinéaste de Le Labyrinthe de Pan, affiche d’emblée des thématiques chères au réalisateur/producteur mexicain à savoir la dénonciation du fascisme, du racisme et l’évocation de la haine envers les immigrant·e·s. Le métrage de Guillermo Navarro offre une très belle photographie, avec des scènes à l’intérieur de l’entrepôt qui arborent un magnifique clair-obscur parfaitement adapté à la nature fantastico-horrifique du récit. Écrit par Guillermo del Toro lui-même, cet épisode ne cache en rien ses inspirations fortement lovecraftiennes puisque les livres trouvés par Appleton rappellent le tristement célèbre Necronomicon. La peur insidieuse et indicible qui se cache dans les murs de l’entrepôt et la créature tentaculaire, fruit d’un mal encore plus immonde ayant pris les traits du fascisme, nous montre bien, s’il était encore nécessaire de le dire, à quel point l’écrivain de Providence a fortement influencé l’imaginaire fertile de Guillermo del Toro, à tel point que deux épisodes de la série sont adaptés directement de deux nouvelles de Lovecraft. Alors que l’intrigue prend son temps pour se dévoiler, le récit s’accélère dans les dernières minutes jusqu’au dénouement de la scène du cadenas, symbole de la fermeture d’esprit d’Appleton qui le condamnera. Ainsi, l’entrepôt qui contient ces vieilles reliques nazies, symbolise l’esprit d’Appleton et de nombreux américain·ne·s séduit·e·s par le discours fascisant et raciste de certain·e·s politicien·ne·s enfermé·e·s dans un passé putride et nauséabond qui a failli mener l’humanité à sa perte et qui, sous la forme d’un spectre tentaculaire, finira par perdre Appleton.


Rats du cimetière (Vincenzo Natali)

Épisode 2 by The Old Dark House

Mason (interprété par David Hewlett), un pilleur de tombes, va apprendre qu’il n’est pas correct de voler les morts et qu’il y a des conséquences. Réalisé par Vincenzo Natali (à qui l’on doit Cube), ce segment est empreint des ambiances et atmosphères purement lovecraftiennes. On y retrouve le cimetière, l’ambiance poisseuse et glauque de Salem, des effigies faisant penser aux Grands Anciens et des créatures innommables. Mason est obnubilé par un défunt très riche qui a sur lui ses effets personnels de grandes valeurs. Le suivant littéralement dans la tombe, au sens figuré, il aura maille à partir avec une nuée de rats.

L’ambiance, petit à petit, se fera de plus en plus claustrophobe, jusqu’au point culminant le faisant se confronter avec une créature repoussante. On peut voir dans ce segment une allégorie opposant l’humain aux rats en se disant que le premier n’est pas si éloigné que ça des seconds, voire même étant pire, car agissant sous le spectre de la cupidité. Ce segment, très court, va droit à l’essentiel et Vincenzo Natali y insuffle un rythme sans temps mort.


L’Autopsie (David Prior)

Épisode 3 by Laurent

Après l’amuse-gueule Rats de cimetière, on entrait enfin dans le vif du sujet avec le troisième épisode de ce cabinet de curiosités. L’épisode nous transporte en 1976, dans une affaire mystérieuse menée par le shérif local : une dizaine de mineurs décèdent sur leur lieu de travail dans un accident inexplicable. Une sorte de bombe « vivante » semblant venir d’un autre monde en serait la cause. Un médecin légiste, le Dr Carl Winters, est appelé par son vieil ami responsable de l’enquête dans le but de mettre à jour la vérité. En pleine nuit, une autopsie débute alors…

L’excellent L’Autopsie baigne effectivement dans une ambiance à la Se7en, mâtiné de Hidden et saupoudré d’un soupçon de The Jane Doe Identity. Ce segment rehausse totalement le niveau de ce début de saison en proposant une réflexion métaphysique sur ce qui nous constitue en tant qu’êtres humains (l’ombre de Blade Runner n’est pas loin). Bénéficiant de la présence charismatique du toujours excellent F. Murray Abraham, rehaussé par l’admirable musique de Christopher Young et bénéficiant d’une très belle et intelligente mise en scène de David Prior, L’Autopsie est une réussite totale, la première de cette mini-série.


La Prison des apparences (Ana Lily Amirpour)

Épisode 4 by Laurent

Ne parvenant pas à s’intégrer socialement, la timide Stacey prend la décision d’user et d’abuser d’une mystérieuse crème sensée la rendre plus belle. Ce choix aura des conséquences inattendues, pour elle et pour son entourage. Très bon quatrième segment de l’anthologie de Guillermo del Toro, cette parabole autour du paraître, de l’apparence et du culte de la beauté frappe juste. La Prison des apparences pousse ainsi à fond les manettes de sa note d’intention en dressant un parallèle entre l’obsession de l’apparence et la bêtise dont elle accouche.

Ou comment le regard des autres peut faire voler en éclats ses propres valeurs. Intelligent, porté par une incroyable Kate Micucci et une mise en scène décalée de Ana Lily Amirpour, The Outside (titre original bien plus pertinent que sa traduction française) s’impose comme une totale réussite.


Le Modèle (Keith Thomas)

Épisode 5 by Syneha

Adaptation de la nouvelle Le Modèle de Pickman (Lovecraft, 1927), ce segment nous plonge en 1909, dans la célèbre ville d’Arkham dans le Massachusetts. Un jeune étudiant du nom de Will Thurber y étudie l’art à l’Université de Miskatonic lorsqu’il fait la rencontre d’un mystérieux camarade, Richard Pickman, réalisant des œuvres plus que dérangeantes. Ces tableaux effrayants marqueront à vif l’esprit de Will jusqu’à ce que, des années plus tard, en 1926, cet étrange artiste réapparaisse dans la vie de notre protagoniste principal, désormais marié, père de famille et employé d’un musée. Des visions horrifiques inspirées des peintures de Pickman vont alors hanter son esprit de plus en plus assujetti à ces abominations tandis que d’autres personnes semblent également tomber sous le joug maléfique de ce peintre si particulier.

L’esthétique de ce métrage nous propulse dans un univers purement lovecraftien dans lequel la folie s’insinue petit à petit dans le cerveau si fragile des êtres humains. Une certaine lenteur insuffle à ce segment une terreur discrète qui grignote peu à peu le reste de douceur existant dans la vie de Will, allant jusqu’à s’attaquer à son foyer et à sa famille. Des tableaux vivants aux ombres rampantes dans les ténèbres de ce monde, ces « choses » insondables pousseront inexorablement à la folie et au crime dans un final gore et brutal. Dans cet épisode, l’art infecte les pensées de ceux et celles avec qui il entre en contact. Tel un virus, il dévore doucement mais sûrement…


Cauchemars de passage (Catherine Hardwicke)

Épisode 6 by Evil Twin

Dreams in the Witch House est le sixième épisode de Le Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro, a été réalisé par Catherine Hardwicke, écrit par Mika Watkins et Guillermo del Toro, et est basé sur la nouvelle de H. P. Lovecraft : des années après la mort de sa sœur jumelle, un chercheur spirite s’aventure dans un royaume sombre et mystérieux à l’aide d’une drogue puissante, déterminé à la ramener.

Dreams in the Witch House est une nouvelle marquante de l’écrivain de Providence. Avec une histoire glaçante, Lovecraft est probablement de l’un des auteurs les plus complexes à adapter au cinéma ou en série. Déjà adaptée par Stuart Gordon dans Masters of Horror de Mick Garris (dans lequel on a droit à une apparition du Necronomicon), Cauchemars de passage est la moins bien notée de toutes les histoires, le métrage est signé Catherine Hardwicke, réalisatrice du premier Twilight, dans le rôle du héros Walter Gilman, Rupert Grint, qui ici joue un frère désespéré à la recherche de sa sœur décédée, à travers le royaume des morts (ce qui n’a plus grand-chose à voir avec la nouvelle d’origine). Encore une fois, le scénario ne réussit pas à retranscrire pleinement la vision de Lovecraft. Cette adaptation macabre de la nouvelle ne fonctionne pas toujours notamment car on sent que l’histoire tire en longueur (pour rien). L’horreur cosmique est ainsi un peu oubliée au profit d’une aventure qui met plus l’accent sur l’amour familial. Il a une narration assez ennuyeuse et une histoire qui, malheureusement, ne semble pas aussi serrée que les autres épisodes de cette série. Cependant, cet épisode a encore quelques aspects notables en termes d’esthétique et de conception de personnages qui est plus mollassonne qu’autre chose, rajoutant des éléments inutiles au récit. On peine à reconnaître le texte d’origine. Il y a de belles choses néanmoins, ne serait-ce que visuellement.


L’Exposition (Panos Cosmatos)

Épisode 7 by Terror Drome

Panos Cosmatos est un réalisateur qui divise, et ça je pense que les fans de cinéma de genre l’ont notifié depuis son très expérimental Beyond the Black Rainbow, sans parler du sulfureux Mandy qui vient définitivement poser le jeune Cosmatos comme un cinéaste clivant, à la patte artistique reconnaissable à des kilomètres. Pour ma part, je me situe au côté de ses plus fidèles admirateurs, on pourrait donc se demander s’il est bien judicieux de me laisser la rédaction de ce segment ? Eh bien, rassurez-vous, mon amour pour ce cinéaste ne m’empêche pas d’être totalement objectif dans mes propos ! Je dois dire que lorsque j’ai vu la participation de Cosmatos au sein de la série Guillermo del Toro’s Cabinet of Curiosities, j’étais assez dubitatif : comment va-t-il s’y prendre pour insérer son histoire dans cet univers artistique pensé par un tel chef de projet ? La réponse est quand même assez simple car Panos Cosmatos nous fait simplement du Panos Cosmatos dans ce The Viewing qui est sans doute l’épisode le plus stylisé de toute la série. Décors baroques à outrance, musique synthwave psychédélique venue tout droit des années 80 ou d’un revival pompeux et édulcoré d’un mouvement musical passé, la patte de l’artiste se reconnait entre mille. Il ne faut pas oublier non plus de mentionner l’utilisation intensive de néons de toutes les couleurs : d’un orangé chaleureux à un rouge sauvage et menaçant nous rappelant les influences Blade Runner si chère à ce cinéaste. Il n’y a pas à dire visuellement, The Viewing est une pépite esthétique qui n’a pas fini de hanter vos yeux avides de panorama somptueux. Cependant là ou pour moi l’épisode perd de sa substance c’est dans le traitement plus que superficiel de ses personnages.

En outre, chacun·e des protagonistes se retrouve dans un salon futuriste et à converser sur l’art sous toute ses formes, au travers de dialogues qui peuvent parfois s’avérer très pompeux intellectuellement parlant, mais j’imagine que c’est pour coller à l’archétype du milliardaire excentrique qui est la figure de proue de cet épisode. L’ensemble de nos personnages n’est pas assez exploré dans leur psychologie, ce qui donne un aspect superficiel à cet épisode malgré sa profondeur photographique. Toutefois là où The Viewing arrive à se faire plus subversif que ces autres camarades de l’anthologie, c’est dans sa portée symbolique, car oui et là où je risque de faire un certain spoiler, c’est dans la finalité narrative de l’épisode. Tout est pensé pour que chaque élément, chaque action et chaque partie de dialogue aboutisse à un bad trip complètement psychédélique au travers d’un final hypnotisant et acidement cauchemardesque qui se révèle avec cette figure d’alien qui semble venu des abysses mentaux de Giger. En bref, Panos Cosmatos nous offre comme à son habitude un exercice de style cinématographique très riche dans son visuel et son ambiance lancinante voire carrément hypnotique. Toutefois le réalisateur devrait investir plus d’effort dans l’écriture de ses personnages, ce qui est le point faible de tous ses longs-métrages, et cela malgré mon engouement pour cet artiste.


The Murmuring (Jennifer Kent, 2022)

Épisode 8 by Syneha

The Murmuring dépeint un récit plus émotionnel qu’horrifique en nous propulsant en 1951, dans une vieille demeure utilisée comme base d’observation par deux ornithologues, Nancy et Edgar Badley, ayant choisi ce lieu dans l’espoir de faciliter leur deuil. Après la perte de leur jeune fille, Ava, le couple se réfugie sur cette île isolée afin de continuer leurs travaux au calme, et écouter les murmures des sturnidae. C’est dans ce cadre reculé que la femme aura peu à peu des visions fantomatiques. Ce segment dénote face aux autres épisodes de l’anthologie, l’horreur qu’on y découvre est sans doute la plus insidieuse de celles montrées à l’écran. La douleur d’un couple ayant perdu leur enfant, les problèmes de communication qui viennent compliquer leurs échanges et leurs travaux, et l’étrange manoir aux allures de maison hantée se révèlent en une horreur, parfois d’une lenteur parfois insoutenable. Le « vide » qu’elle procure est semblable aux ressentis de cette mère en deuil qui comprend doucement qu’iels ne sont pas seul·e·s à vivre dans cette maison délabrée. Considéré par le New York Times comme le seul épisode potable de ce cabinet des curiosités audiovisuel, il est aussi le seul capable de donner des frissons.

L’ambiance semblable à l’atmosphère d’un The Haunting of Hill House (Mike Flannagan, 2018) sur fond de drames familiaux conclut à merveille cette anthologie fantastique. Des murmures des oiseaux aux chuchotements des fantômes, un mère et son fils délaissé·e·s dans ce territoire insulaire, la solitude et la perte de repères que provoquent le deuil se dévoilent d’une manière poétique avec des séquences entre investigation paranormale et confrontations du couple. Le mari, interprété par le talentueux Andrew Lincoln (Rick dans The Walking Dead), s’évade dans des scènes extérieures naturelles et désertiques tandis que la protagoniste principale, pourtant rationnelle et d’un esprit purement scientifique, s’attache à comprendre les raisons de ses visions nocturnes. Inspiré d’une nouvelle de Guillermo del Toro, Murmurations est un conte horrifique qui parle pourtant d’amour, de tristesse et de solitude. Et c’est dans l’acte d’exorciser les fantômes du passé que Nancy réussit à enterrer ses propres ombres…


Pinocchio (Guillermo del Toro, 2022)

by Evil Twin

Après la proposition en février de Matteo Garrone, puis de Robert Zemeckis, c’est au tour de Guillermo del Toro de s’attaquer au petit pantin de bois. Le fameux Guillermo del Toro nourrit le projet depuis 2008, et pour cette adaptation il a main-forte de Mark Gustafson (second de Wes Anderson sur Fantastic Mr. Fox). L’inspiration de Gris Grimly, illustrateur ayant audacieusement réimaginé le héros de Carlo Collodi pour une édition parue en 2002, et à la coproduction, j’étais ravie de voir la Henson Company sous l’égide de Lisa, fille de Jim et Jane, déjà derrière l’excellente mais malheureusement annulée série Dark Crystal : Le Temps de la résistance. Guillermo del Toro livre ici une version personnelle et visuellement superbe de la marionnette mythomane.

Revisite du conte de Carlo Collodi sur une marionnette qui, comme par magie, prend vie pour apaiser le cœur d’un sculpteur sur bois du nom de Geppetto. Cette épopée musicale et fantastique en stop-motion, suit les aventures de l’espiègle et désobéissant Pinocchio qui cherche sa place dans le monde. Film tout public certes, ce Pinocchio aborde de manière frontale l’embrigadement sous Mussolini, la mort de divers personnages, les rapports père-fils plus adultes qu’il n’y parait ou encore l’immortalité. On y retrouve d’ailleurs tout son amour pour Frankenstein, que ce soit par quelques plans références, ou avec le regard de la création de l’homme qui questionne notre rapport à Dieu (la figure christique est même directement évoquée). Un métrage qui offre une conclusion allant plus loin que celle du conte original.

D’entrée de jeu : ce Pinocchio impressionne et émerveille. De sa direction artistique (le Fée bleue/esprit de la forêt semble tout droit sortie de Hellboy), les figurines animées se comportent avec une humanité qui permet instantanément au public d’accepter ce monde de marionnettes à la fois douces et effrayantes. Ces personnages prennent littéralement vie sous nos yeux pour être vecteurs d’émotions, tel ce pantin de bois qui devient un vrai petit garçon, cela fourmille de détails à chaque plan et ce dans tous les recoins (Cricket qui vit au cœur de Pinocchio telle sa conscience morale). Guillermo del Toro ne se restreint jamais à un seul niveau de mise en abîme, et confronte régulièrement son héros à des reflets troubles. Pinocchio croise un singe savant, un jeune fasciste brimé et un Christ en croix lui aussi taillé dans un tronc. Et les fées ? Elles sont réimaginées avec une ingéniosité symbolique comme seul del Toro le peut, s’inspirant des séraphins judaïques et d’un bestiaire antique de sphinge.

Un casting parfait que ce soit le jeune Gregory Mann dans le rôle-titre, Ewan McGregor en criquet, Christoph Waltz en bateleur polyglotte, Ron Perlman en Podesta, Tilda Swinton, Cate Blanchett, ou encore David Bradley (Rusard dans Harry Potter), prêtant sa voix au Geppetto le plus déchirant incarné à l’écran. Au final, Pinocchio est à l’image du cinéma de Guillermo del Toro : magique, visuellement impeccable avec ses thématiques pertinentes. On retiendra cette réussite Netflix, s’installant aisément comme le film d’animation de 2022.


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