Tideland : Jeliza-Rose au pays des horreurs

Objet Visuel Non Identifié ?

Adapté du roman homonyme de Mitch Cullin sorti en 2000, le film raconte l’histoire d’une petite fille qui, après le décès de ses parents, se retrouve livrée à elle-même et à son univers débordant d’imagination.
Terry Gilliam nous livre ici sa création la plus représentative et personnelle, pas toujours pour de bonnes raisons.

Parents junkies irresponsables mais attachants, le film va se concentrer sur la jeune Jeliza-Rose, et nous entraîner dans un pays imaginaire qu’elle a créé pour échapper à la réalité de son environnement.
On y voit une mère (Jennifer Tilly) droguée à la méthadone qui maltraite sa fille, Jeliza-Rose (Jodelle Ferland) ; un père, Noah (Jeff Bridges), chanteur de rock sur le retour, plus complice avec l’enfant, mais également drogué et dont la piqûre quotidienne est préparée par sa propre fille.

Grande lectrice d’Alice au pays des merveilles, dont l’univers est plus que marqué (suivre le lapin et son terrier, et traverser de l’autre coté) jouant avec les têtes de ses poupées détachées de leur corps autant qu’elle l’est de la réalité. Son insouciance nous fait craindre pour son adolescence.

Gilliam multiplie les cadrages obliques et les gros plans de scènes difficiles pour mieux renforcer le malaise. On comprend combien une telle atmosphère entraine Jeliza-Rose à vivre dans un imaginaire avec ses poupées et son livre d’Alice au pays des merveilles.
Contrairement à l’héroïne de Lewis Caroll, elle cherche à fuir la réalité et non à contrer son ennui. 

Tideland (2005) est un peu long, parfois difficile à regarder, c’est néanmoins un film intéressant, l’humour, souvent très noir, est omniprésent. Parfois malsain (scène de découverte de la sexualité, on rappelle quand même que Jeliza-Rose doit avoir une dizaine d’année…).
On y parle d’amour, de sexe et de mort. Tout ça vu à travers les yeux de la petite Jeliza-Rose.

Les décors sont particulièrement travaillés et jouent sur le contraste entre l’extérieur (vastes champs dorés de collines vallonnées inspirés des Moissons du ciel (1978) de Terrence Malick, mais également d’Edward Hopper, avec son tableau Maison au bord de la voie ferrée réalisé en 1925) et les intérieurs (sordides, noirs et menaçants, habités de momies qui évoquent le Massacre à la tronçonneuse (1974)de Tobe Hooper).

Le film jongle entre rêves et réalité, un visuel parfois ressemblant à Tim Burton, une histoire pouvant rappeler la jeune Ofelia dans Le Labyrinthe de Pan (2006) de Guillermo del Toro.
Parfois, on s’y perd un peu.
Mais ce côté tellement déjanté et poétique est très plaisant, à condition d’être un·e adepte de la nécrophilie, de l’inceste ou de la pédophilie…

À retrouver sur Shadowz !


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