20 histoires de séquestration à l’écran

Enfermements possessifs, séquestrations morbides ou encore délires sadomasochistes, le cinéma regorge de films de torture psychologique et physique en tout genre ! Parfois purement brutaux et gores comme dans le torture porn, à mi-chemin avec l’érotisme des pinku-eiga nippons ou encore jouissifs dans le rape & revenge, ces œuvres nous invite dans un univers où la violence est reine.


The Act (Nick Antosca et Michelle Dean, 2019)

La série américaine met en scène Gypsy Rose Blanchard (Joey King), une jeune fille atteinte de plusieurs maladies : une leucémie, une dystrophie musculaire et elle souffre d’asthme. Accompagnée d’une maman surprotectrice du nom de Dee Dee (Patricia Arquette), mère et fille se voient contraintes de quitter la Louisiane, après que leur maison ait été emportée par la tempête Katrina. Elles emménagent alors dans l’État du Missouri, dans une maison rose construite sur mesure par Habitat for Humanity. De prime abord, nous pourrions penser à une simple relation mère et fille très fusionnelle, mais si l’on s’aventure au cœur de la petite maison rose, un tout autre schéma se dessine : Gypsy n’est en fait pas du tout malade, et d’ailleurs aucun docteur n’a jamais diagnostiqué les maladies dont sa mère parle. Si la jeune fille est finalement en très bonne santé, on ne peut pas en dire autant de Dee Dee, en effet cette quadragénaire souffre du syndrome de Münchhausen par procuration, une maladie qui la pousse à considérer la jeune ado comme une petite fille de 7 ans, en lui empêchant tout contact avec les enfants de son âge et en lui mentant même sur son année de naissance. Au fur et à mesure de la série, nous allons voir Gypsy se transformer en véritable femme, elle va découvrir ce côté de la vie que sa mère tentait tant de lui cacher, en allant même jusqu’à commettre l’irréparable.

Un scénario digne des plus grands films policiers, n’est-ce pas ? Malheureusement, cela ne relève pas de la fiction. Le 9 juin 2015, l’état du Missouri apprenait le meurtre de Dee Dee Blanchard, prémédité par Gypsy Rose Blanchard et son petit ami Nick Godejohn. The Act est une série de true crime drama sortie sur la plateforme Hulu en 2019 et actuellement dispo sur Canal + !


Le Bal des folles (Mélanie Laurent, 2021)

Film français, Le Bal des folles est tiré du roman éponyme de Victoria Mas publié en 2019. Ce drame quasi-historique croise des horreurs psychologique, médicale et surnaturelle avec des thématiques féministes et la remise en cause de ce qu’on pourrait appeler « une psychiatrie patriarcale ». L’histoire nous plonge dans une France des années 1880 dans laquelle la Femme n’avait que peu de droits et dont la vie était dictée par leur père, leur époux ou leur frère. Dépendant ainsi d’un membre masculin de leur famille, les femmes étaient muselées et obligées de suivre les règles et les clichés habituellement imposés au genre féminin.

Eugénie est une jeune femme souriante, bienveillante et passionnée de lecture et d’ésotérisme. Son attitude rebelle lui vaut parfois d’être rappelée à l’ordre par son père, en bon patriarche « dévoué » à sa famille espérant que sa fille puisse faire un beau mariage au plus vite, mais Eugénie cherche les mêmes droits que son frère dont elle est très proche. La femme possède également un don étrange qu’elle garde secrètement pour éviter de se faire interner. Elle a la capacité de voir et d’écouter les fantômes. Cette dernière l’avouera cependant à son frère Théophile qui est inquiet pour sa santé et son avenir. Le lendemain, Eugénie est envoyée sans son consentement à la Salpêtrière. Malgré les supplications de la jeune femme devant le portail de l’hôpital dans une scène d’une rare intensité, son père, fier et déterminé à protéger sa réputation, la regardera être amenée de force à l’intérieur de l’enceinte tandis que son frère, traumatisé, vomira sur le sol en se rattrapant à la voiture pour ne pas s’effondrer. Ainsi trahie par sa famille, Eugénie se retrouve déshumanisée, expérimentée, jugée et maltraitée par le personnel médical aux ordres du célèbre Docteur Charcot. Elle comprend rapidement que sa seule porte de sortie est d’utiliser son pouvoir à bon escient…


Split (M. Night Shyamalan, 2017)

Split est un thriller américain qui nous conte l’histoire de Kevin Wendeel Crumb aux personnalités multiples et distinctes qui enlève trois jeunes filles et les enferme dans une chambre sans fenêtre. Le but de quelques unes de ses identités étant de faire de ces victimes de la « nourriture sacrée », une offrande à ce qu’elles nomment la « Bête ». Split se déroule dans le même univers que le film Incassable (2000) et de Glass (2019) du même réalisateur. Kevin Wendeel Crumb (James McAvoy) souffre d’un problème dissociatif de la personnalité, allant jusqu’à posséder 23 identités distinctes. Cet homme consulte régulièrement sa psychiatre, le docteur Fletcher, qui cherche à l’encourager et à se lier d’amitié avec l’ensemble de ses personnalités en les faisant parler tour à tour lors de leurs discussions psychanalytiques.

Ce film pose le public dans une posture mitigée : les actions commises par Kevin Wendeel Crumb sont définitivement « mauvaises », néanmoins tout est tourné pour qu’on ressente de l’empathie à la fois pour les jeunes filles mais aussi pour le ravisseur. Son aspect multiple fait qu’on a l’impression de côtoyer plusieurs personnages différents joué·e·s par le même acteur. Grâce à la magie du cinéma, la thématique des personnalités multiples trouve une voie où exister et se développer. La personnalité du jeune garçon de 12 ans un peu perdue ou celle, qui était là dès l’origine, de Kevin et quelques autres n’ont pas l’intention de faire du mal à ces trois jeunes femmes mais elles n’ont pas la possibilité de refaire surface. Sans pouvoir ni contrôle, ces identités subissent également le drame qui se déroule en étant tout comme Casey (Anya Taylor-Joy) et ses amies enfermées dans un endroit sombre sans fenêtre.


A Cure for Life (Gore Verbinski, 2016)

Gore Verbinski, connu pour son remake américain de The Ring (2002), nous offre une nouvelle histoire fantastique et sordide. A Cure for Life conte le récit d’un jeune cadre du nom de Lockhart (Dane DeHaan) plus qu’ambitieux, envoyé par les dirigeant·e·s de son entreprise dans une cure thermale à la recherche de son patron disparu. Le cadre bucolique de cet institut médical en pleines Alpes suisses dénote avec le quotidien gris et effréné de ce salarié solitaire et sans scrupule. Lors de sa venue, Lockhart fera la rencontre du personnel médical et d’une patientèle radieuse. Tout en recherchant Roland Pembroke, qu’il espère ramener au plus vite, dans les longs couloirs du centre médical, Lockhart se rend compte que le personnel semble lui mettre des bâtons dans les roues. Après un accident de voiture, il se retrouve emplâtré et on lui diagnostique la même maladie qui semble toucher l’ensemble des pensionnaires et Lockhart se retrouve forcé de se reposer dans une chambre immaculée. Dans l’incapacité de convaincre son directeur d’entreprise de rentrer au bercail, tant il est persuadé que rester à l’institut est sa seule chance de survie, le jeune cadre se soumet alors à cette cure énigmatique…

C’est alors que Lockhart fait la rencontre d’Hannah (Mia Goth), une étrange jeune fille maladive qui absorbe un curieux fluide dans des fioles bleutées, administré à l’ensemble des résident·e·s. Cette jeune femme semble venue d’un autre monde. Solitaire et enfantine, elle ne paraît pas connaître le monde extérieur. Très vite, le jeune cadre se rend compte que personne ne ressort du centre et que des expériences terrifiantes y sont pratiquées. Le film oscille entre une horreur sourde et lente, un background fantastique, et une relation naissante. D’une atmosphère fantasmagorique sublimée par ce monument architectural à l’aspect déroutant à l’angoisse médicale de cette affliction macabre diagnostiquée par le Docteur Volmer (Jason Isaacs), le chef des lieux, ce métrage rappelle l’ambiance de The Ring à plusieurs égards (notamment par la présence systématiquement de l’eau ou encore la cuve de bien-être dans laquelle Lockhart est enfermé, une sorte de puit de Lazare, empli d’anguilles mystérieuses et semblable à un puit). Plus Lockhart en apprendra sur les origines de ce centre, plus la vérité se dévoilera.


Cama-Cruso (Dando, 2022)

Aux origines de Cama-Cruso, il y a un Alternate Reality Game angoissant sur des disparitions inquiétantes au gîte de la Came-Cruse. Le film Cama-Cruso disponible sur la plateforme Shadowz est une synthèse des contenus créés lors de ce jeu d’enquête horrifique disponibles sur les différents réseaux sociaux. Ce fake documentaire à la Blair Witch découle d’une histoire interactive qui se déroule en ligne dans laquelle les choix et les actions des joueurs et des joueuses ont énormément d’impact sur le déroulement du récit. Avec plus de 12 millions de vues sur les réseaux, le gîte de la Came-Cruse devient le sujet d’une enquête d’internautes et autres intéressé·e·s, impliqué·e·s à développer l’intrigue. L’ARG horrifique, très répandu aux États-Unis, n’avait connu aucune émulation de cette envergure en France. Une narration transmédia qui servira de base à ce faux documentaire produit par Trois Jours de Marche. Tout commence avec la création d’un compte Tik Tok du nom de @horreur16sec et, à l’aide de nombreuses prétendues publicités plutôt anxiogènes sur le gîte, le mystère s’étend…

Anna (interprétée par Marie de Brauer) est une jeune journaliste qui débute son investigation sur un gîte étrange situé dans Les Landes. La promotion du lieu l’interpelle : des vidéos et des affiches plutôt cringe sur lesquelles les résident·e·s abordent un sourire forcé, un visage crispé et un regard écarquillé. La jeune femme se décide alors d’enquêter sur le terrain et découvre peu à peu des éléments inquiétants qui laissent penser à une prise d’otages. Bien que le nom « came-cruse » soit une référence à une créature folklorique à l’apparence étrange (une jambe unique munie d’un œil vers le genou) censée apparaitre la nuit pour kidnapper et dévorer les imprudent·e·s, aucun élément fantastique ne transparait dans l’œuvre de Dando. Le documentaire vacille entre les découvertes alarmantes d’Anna et les publicités déconcertantes du gîte dans une atmosphère intimiste et sombre. La protagoniste principale joue la surprise et la panique avec un réalisme qui fait froid dans le dos. La grande majorité des scènes est tournée face caméra, donnant ainsi à Anna le statut de narratrice de l’histoire. Il en ressort une impression d’immersion totale propre aux found footages et une empathie forte se créée dés lors avec notre détective prête à tout pour établir la vérité sur les événements lugubres qui se déroulent au gîte de la Came-Cruse !


Le Couvent de la bête sacrée aka Seijū gakuen (Norifumi Suzuki, 1974)

Le Couvent de la bête sacrée est un film japonais de la Toei qui met en scène les mésaventures de Maya (Yumi Takigawa), une jeune femme enquêtant sur ses origines. Portant autour du cou une croix héritée de sa mère, anciennement nonne, elle s’infiltre dans cette mystérieuse structure religieuse afin de découvrir la vérité. Au sein du couvent du Sacré-Cœur, Maya y découvre une atmosphère hautement sexualisée et malsaine avec un archevêque pervers, une mère supérieure sadique et une bande de nonnes obligées de subir divers supplices pour expier leurs péchés.

Ce pinku-eiga de type nonnesploitation s’amuse du mélange érotisme et religion dans des scènes de torture, rappelant la flagellation chrétienne et ses martyrs, et dévoile une institution cléricale teintée de vices, de sexualité et de corruption. Des châtiments corporels variés et sanglants aux relations passionnées entre membres du couvent, Maya découvre peu à peu des indices sur le prétendu suicide de sa mère. Ce film érotique se joue des bonnes mœurs, critique l’hypocrisie des instituions religieuses, et plonge ses protagonistes dans un récit blasphématoire, esthétique et dérangeant. Le mixte entre agonie sensuelle et extase hédoniste, une passion du Christ transformé en messe noire licencieuse, fait de ce métrage l’un des plus provoquants du cinéma de genre nippon.


La Bête aveugle aka Môju (Yasuzô Masumura, 1969)

Avec des clichés érotiques sur lesquels la jeune femme pose nue et ligotée, Aki est une mannequin qui fait tourner de nombreuses têtes. C’est lors d’une exposition qu’elle remarque un aveugle qui caresse avec envie une sculpture représentant son sublime corps. Fatiguée de son travail, elle fait ensuite appel à un masseur à domicile qui n’est autre que cet étrange homme. Avec un soporifique, ce dernier kidnappe la jeune femme. Film japonais adapté du roman éponyme (1931) d’Edogawa Ranpo, La Bête aveugle retrace l’étrange relation entre Michio (Eiji Funakoshi), un sculpteur aveugle et Aki Shima (Midori Mako), cette modèle qu’il enlève et séquestre dans son atelier (avec la complicité de sa propre mère) dans le but qu’elle devienne la statue de ses rêves. Après de vaines tentatives pour s’échapper de sa prison à l’atmosphère surréaliste, la jeune femme réalise qu’elle restera enfermée jusqu’à ce que l’artiste atteigne son objectif. La victime oscille alors entre mépris profond, peur panique et attendrissement envers cet homme envoûté par son art et cherchant à réaliser le chef-d’œuvre de sa vie.

Ce film est un métrage qui mélange l’obsession artistique avec l’horreur de la captivité. La relation malsaine qu’entretient cet artiste perdu avec sa mère castratrice poussera la jeune Aki à éprouver une sorte d’empathie pour son bourreau et cherchera peu à peu à le manipuler grâce à son charme et son intelligence. Devenue sa muse, la jeune femme tente alors de monter l’homme contre sa mère. La possessivité de cette dernière finira par pousser le duo dans leurs retranchements dans une ultime séquence sadomasochiste. La Bête aveugle dispose d’une ambiance lourde aux décors singuliers, des relations complexes tantôt malsaines tantôt libératrices qui font de cette œuvre une fable entre sensualité et violence. Une sorte de huis clos oppressant semblable à un musée des horreurs dans lequel les différentes parties du corps humain sont représentées en de larges sculptures à la fois belles et terrifiantes. Une belle métaphore d’une domination de la chair, d’un désir charnel, qui se situe entre jouissance et souffrance, entre création et destruction.


La Dernière maison sur la gauche (Wes Craven, 1972)

Une bande de psychopathes menée par un certain Krug, séquestre et violente deux jeunes femmes et finissent par les assassiner. Plus tard, la bande de criminels décide de passer la nuit chez un couple, sans savoir qu’il s’agit en fait des parents d’une des deux victimes. La vengeance va bientôt commencer…

Inspiré de La Source d’Ingmar Bergman, La Dernière maison sur la gauche est le « premier » long métrage de Wes Craven, le créateur du terrifiant croque-mitaine Freddy Krueger, pouvant s’inscrire dans le genre du rape & revenge. Tourné dans une Amérique en pleine guerre du Vietnam où la violence faite aux civil·e·s vietnamien·ne·s était omniprésente sur les chaînes de télévision, au sein d’une société en pleine crise économique, le réalisateur l’a voulu comme un reflet de la société américaine de la fin des années 1960/début 1970. Ici, pas de mal surnaturel qui viendrait de l’espace ou de l’enfer, mais simplement celui qui peut se cacher à l’intérieur de nous, exalté par une violence systémique. Mais, comme chez Luci Fulci, il n’est pas question pour Wes Craven de rendre la brutalité belle et fascinante, mais au contraire répulsive, abjecte. Le film confirme deux ans avant Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper que le rêve américain a définitivement dégénéré en cauchemar !


Old Boy (Park Chan-wook, 2003)

Primé à Cannes avec le Grand prix du jury en 2004 sous la présidence de Quentin Tarantino et ayant fait l’objet d’un remake de la part de Spike Lee, le film nous conte la quête de vengeance de Oh Dae-soo, formidablement interprété par l’acteur Choi Min-sik, séquestré pendant quinze ans sans aucune raison apparente par un mystérieux personnage. Libéré tout aussi mystérieusement, Oh Dae-soo n’a de cesse de retrouver son geôlier pour lui faire payer son emprisonnement.

Adapté du manga du même nom de Nobuaki Minegishi et Garon Tsuchiya sorti en 1997, Old Boy s’inscrit dans la Trilogie de la vengeance de Park Chan-wook débutée en 2002 avec Sympathy for Mister Vengeance et conclue en 2005 avec Lady Vengeance. Avec ce film, qui va définitivement faire connaître Park Chan-wook, le réalisateur sud-coréen démontre encore une fois ses grandes qualités de mise en scène dans laquelle violence et poésie composent une chorégraphie visuelle spectaculaire au service d’une enquête et d’une double quête de vengeance atypique et au twist final particulièrement étonnant et réussi.


Saw (James Wan, 2004)

Deux hommes, un médecin et un photographe, se réveillent dans une salle de bain désaffectée, tous deux étant attachés aux coins opposés de la salle par des chaînes entravant une de leurs chevilles. Enfermés ensemble par un serial killer du nom de Jigsaw habitué à torturer ses victimes avec des pièges mortels, les deux hommes se voient intimer l’ordre de trouver une solution pour s’échapper, quitte à s’automutiler, ou à s’entre-tuer.

Premier film d’une longue saga qui a remporté un succès énorme, Saw est considéré avec Hostel d’Eli Roth comme le film fondateur du Torture porn. Mettant en scène un personnage de tueur Jigsaw et son double, marionnette grotesque et effrayante se baladant en tricycle, tous deux entrés très rapidement au panthéon des icônes maudites du cinéma d’horreur, le film de James Wan distille une atmosphère sombre et « sale » dans laquelle horreur et dégoût s’entremêlent dans une course contre la mort efficace et particulièrement bien mise en scène. La franchise va mettre en place « les bases visuelles et les motifs esthétiques d’un nouveau sous-genre du cinéma d’horreur ». Cependant, il est à regretter qu’au fur et à mesure de la saga, une morale assez douteuse sur la responsabilité personnelle des victimes et un discours moraliste sur leurs comportements déviants justifiant leurs morts se mettent en place, même s’il est vrai que la fin de la saga conclut à un échec du discours conservateur tenu par Jigsaw y compris auprès de ses disciples.


Hostel (Eli Roth, 2005)

Deux jeunes étudiants américains partent vers l’Europe pour un voyage qu’ils espèrent plein de sexe et d’alcool. Parcourant le Vieux Continent, les deux jeunes gens rencontrent Oli, un jeune Islandais. Tous les trois sont convaincus par un Slovaque que son pays d’origine regorge de jeunes femmes prêtes à satisfaire tous leurs désirs. Arrivés en Slovaquie, les trois jeunes gens rencontrent des jeunes femmes qui les emmènent faire la fête. Cependant, ils vont bientôt être piégés par un groupe de criminels appelé « Elite Hunting » qui sont payés pour « offrir » la possibilité à de riches hommes d’affaires de torturer et de tuer des personnes.

Après Cabin Fever, un premier long-métrage remarqué, Eli Roth signe avec Hostel, produit par un certain Quentin Tarantino, un des films fondateurs du Torture porn. Vu tantôt comme un film purement d’exploitation, tantôt comme une œuvre critique développant une réflexion sur la violence et le consumérisme mais aussi l’objectification et l’exploitation des corps (féminins comme masculins d’ailleurs), l’œuvre du cinéaste américain et ses suites ont certainement marqué le cinéma d’horreur récent. Le cinéaste américain pose les jalons d’un genre auquel Hostel et sa saga apparaissent comme les œuvres de références.


La Cabane dans les bois (Drew Goddard, 2012)

Cinq jeunes étudiant·e·s viennent passer un week-end en forêt dans une vieille cabane avant d’être les victimes de créatures surnaturelles. Essayant d’échapper aux créatures, les protagonistes se rendent compte qu’iels sont enfermé·e·s dans cette forêt dont une barrière invisible les empêche d’y sortir. Les jeunes gens comprennent, ainsi que le public, qu’iels sont les victimes sacrificielles d’expériences/rituels scientifiques visant à calmer des monstres appelés « Anciens » qui menacent sinon de détruire la Terre. Réussissant à s’échapper, les survivant·e·s vont découvrir les engrenages de ce système mortel dans lequel iels ont été jeté·e·s en pâture et vont le retourner contre leurs bourreaux dans un twist final explosif et très amusant.

À la fois hommage et parodie des films d’horreur et de monstres, plus particulièrement des slashers, le film est une excellente comédie horrifique dont l’histoire dévoile les mécanismes et les clichés qui ont rendu populaire ce cinéma. À juste titre, le métrage a rencontré beaucoup de succès auprès du public et des critiques spécialisées.


Ghostland (Pascal Laugier, 2018)

Film franco-canadien, Ghostland nous transporte dans l’horreur psychologique de la famille Keller suite à une agression soudaine. Pauline (interprétée à la perfection par Mylène Farmer) emménage avec ses deux filles dans une grande maison après le décès de sa tante. Lors de leur première nuit sur les lieux, elles subissent une attaque brutale de la part de deux hommes étranges. Ce traumatisme hantera les trois femmes et leurs personnalités en seront affectées jusqu’à 16 ans après les faits. Une nuit cauchemardesque qui inspirera Elizabeth, l’une des filles, dans ses écrits horrifiques… La famille se réunit alors des années plus tard dans cette maison marquée par l’angoisse que Pauline et Vera n’ont jamais quittée. Des événements inquiétants vont alors se réveiller.

Ghostland nous propulse dans une séquestration à la fois brutale et onirique. La mise en scène de Laugier, connu pour le cultissime Martyrs, est particulièrement soignée. Une temporalité intriquée perturbe les perceptions du public et le perd quelque part entre la réalité et la fiction. D’une inspiration Lovecraftienne à la limite de la folie, le métrage joue sur des illusions macabres, des hallucinations morbides tout en instaurant une atmosphère à la fois cruelle et terrassante, finissant en un survival horror avec un beau duo de final girls.


The Human Centipede – First Sequence (Tom Six, 2009)

En Allemagne, des touristes sont kidnapé·e·s par un médecin fou qui ambitionne de créer un mille-pattes humain en connectant chirurgicalement « bouche à anus » les pauvres victimes afin qu’elles partagent le même système digestif.

Adulé par les un·e·s et détesté par les autres, le film du réalisateur néerlandais Tom Six et ses suites ne laissent pas indifférent·e, le visionnage du film pouvant s’avérer une expérience très marquante. À l’instar du récent Stay Out of the Attic, le film s’inscrit dans la longue tradition du fantastique et du cinéma d’horreur, Frankenstein de Mary Shelley en tête, dans la mise en scène de savants fous prêts à tout pour concrétiser leurs expériences scientifiques. S’inspirant visiblement du criminel de guerre nazi Josef Mangele pour la composition du personnage du médecin fou, le métrage a atteint le statut de film culte chez les amateurs·trices de Torture porn et sa réputation sulfureuse a même dépassé les frontières du cinéma de genre pour entrer dans l’imaginaire de la pop culture, The Human Centipede étant par exemple cité dans la série d’animation South Park (HumancentiPad).


Us (Jordan Peele, 2019)

Réalisé par Jordan Peele dont c’est le deuxième long métrage après le très remarqué Get Out, le réalisateur afro-américain met en scène une famille moyenne afro-américaine qui part quelques jours en vacances au bord de mer. En revenant de la plage, Adelaïde, Gabe et leurs deux enfants se retrouvent nez à nez avec leurs doppelgangers, leurs doubles maléfiques surgis de nulle part. Une sanglante partie de cache-cache va alors débuter.

Comme avec Get Out, le cinéma d’horreur permet à Jordan Peele de développer un discours acerbe contre la société américaine et ses monstrueuses inégalités sociales. Peu à peu, alors que la famille d’Adélaïde essaie d’échapper à la mort, elle découvre, en même temps que le public, l’origine du mal qui s’abat sur elle, fruit d’un pays construit sur l’exploitation des plus démuni·e·s et d’un système qui se nourrit de la violence sociale et économique infligée aux laissé·e·s pour compte.


Shrew’s Nest aka Musarañas (Juan Fernando Andrés & Esteban Roel, 2014)

Produit par Alex de la Iglesia, ce récit filmique se déroule à Madrid dans les années 1950 au sein d’un immeuble dans lequel vivent deux sœurs. L’une, du nom de Montse (Macarena Gómez), est agoraphobe et l’autre, plus jeune, est une jeune fille pleine de vie. Un beau jour, leur voisin tombe dans les escaliers et se casse la jambe devant la porte de leur l’appartement. L’homme, inconscient, est ainsi trainé à l’intérieur de l’habitation par la plus âgée. Tandis que la plus jeune sœur va chercher à s’émanciper du caractère possessif de son ainée, cette dernière va commencer à se montrer de plus en plus agressive.

Shrew’s Nest se situe dans l’Espagne d’après-guerre, dans une société qui peine à se révéler du gouvernement franquiste. Ce thriller hispanique se transforme au fur et à mesure des longues scènes d’attente de cette femme névrosée en une véritable horreur psychologique, passant tour à tour de l’obsession de Monste, traumatisée par la guerre, jusqu’aux souffrances de Carlos (Hugo Silva) qu’elle va peu à peu séquestrer dans ce huis clos dramatique. L’atmosphère malaisante nous oppresse dès la première séquence avec cette femme nerveuse, perdue, ne sortant jamais de chez elle et qui bascule finalement dans une torture gore par peur d’être seule.


Les Anges violés aka Okasareta hakui (Koji Wakamatsu, 1967)

Un homme perturbé par les images de violence et d’érotisme pénètre dans un dortoir d’infirmières et commence par les torturer avant de les tuer. Né de la collaboration explosive entre Koji Wakamatsu et Masao Adachi, le film s’inspire du massacre de huit infirmières par le tueur de masse Richard Speck aux États-Unis en 1966.

Film sans concession aucune tant sur les plans esthétiques, narratifs ou de la monstration de la violence, Les Anges violés est un film extrême dans lequel la violence et la psychopathie mentale apparaissent comme le miroir d’une société nippone aliénante et répressive socialement, dans un Japon qui, à l’époque était sur le bord de l’implosion sous la pression des manifestations estudiantines et des actions des groupes armés d’extrême gauche. Sans en justifier la violence et les actes, le comportement nihiliste et destructeur du tueur de Les Anges violés est une manifestation extrême du sentiment de révolte qui s’était emparé de beaucoup de japonais·e·s au moment de la production du métrage du maître Wakamatsu.


Soif de sang aka Thirst (Rod Hardy, 1979)

Film australien, Soif de Sang met en scène l’enfermement de Kate Davis (Chantal Contouri) kidnappée par une mystérieuse organisation clandestine. La jeune femme se réveille au sein d’un imposant domaine que ses pensionnaires nomment « la Ferme ». Toute une société parallèle semble y vivre, détachée du monde et de ses tracas. Paniquée et cherchant à s’enfuir de cette communauté sectaire, Kate apprend être la descendante biologique de la sanguinaire comtesse Báthory. La Ferme est en réalité une sorte de ferme humaine dans laquelle le sang humain est recueilli afin de servir de stock à une minorité de vampires. La jeune femme refuse son destin et subit alors des lavages de cerveaux et de l’hypnose dans le but de la faire devenir l’icône tant recherchée par ce groupuscule sanguinaire !

Ce métrage mélange une horreur fantastique inspirée par la légende de Báthory avec une tourmente psychologique à la Orange mécanique (Stanley Kubrick, 1971). Kate, en refusant corps et âme d’intégrer le groupe, voit son esprit brisé et son amant torturé. Bien que se disant choqué par la violence dont font preuve ses collègues, le Docteur Fraser (David Hemmings), l’un des dirigeants de la Ferme, cherchera à se rapprocher de la jeune femme dans un but très personnel… Ce film est actuellement dispo sur Shadowz !


Violation (Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli, 2020)

Violation est un film d’horreur canadien primé au Toronto International Film Festival ainsi qu’au Sundance Film Festival. La thématique puissante de ce long-métrage en fait une œuvre d’horreur qui mêle effondrement psychologique et vengeance. Madeleine Sims-Fewer au double-rôle de réalisatrice et d’actrice nous offre un rape & revenge fort en émotions qui retrace l’histoire de Miriam, une femme au bord du divorce, à la recherche d’une catharsis suite à son viol perpétré par son beau-frère, Dylan. Piégée dans une situation terrible qui l’empêche à la fois d’être soutenue par sa sœur et de déposer plainte à la police, Miriam décide de se rendre justice seule en séquestrant son bourreau afin de le réduire à néant. Le parcours de cette héroïne au bord du gouffre se montre particulièrement éprouvant tout au long des scènes de vengeance mais aussi avec les nombreux flashbacks liés au traumatisme de Miriam qui nous sont envoyés comme une bombe à la figure.

La scène de viol dans les bois à l’atmosphère glaciale apparait bien plus insoutenable que le meurtre et le découpage du corps du violeur dans une chambre à l’allure de chalet tamisée par une lumière douce. La violence engendre la violence et la rancune de Miriam semble proportionnelle à ce qu’elle a subi. Sa souffrance ne se réduit pas seulement au viol, mais aussi à la trahison de son beau-frère envers elle et sa sœur. Tandis qu’elle essayera de le confronter, il n’assumera pas avoir agi sans le consentement de Miriam et se déculpabilisera en disant que la jeune femme lui avait laissé entendre qu’elle serait d’accord. Malgré le baiser échangé par Miriam et Dylan au cours de la soirée, le rapport sexuel n’est absolument pas consenti puisque Dylan profite du fait que sa belle-sœur soit endormie, saoule à ses côtés. Le réveil de Miriam durant l’acte sera particulièrement virulent. Tétanisée, alcoolisée, elle tentera tant bien que mal à se faire comprendre en baragouinant quelques mots. Une claque visuelle et psychologique qu’on se prend soudainement au visage. Une situation encore peu abordée à l’écran alors que les témoignages de femmes victimes d’agressions sexuelles ne font qu’augmenter ces dernières années.


La Plateforme aka El Hoyo (Galder Gaztelu-Urrutia, 2019)

Un certain Goreng se réveille dans une prison verticale dans laquelle les prisonniers et prisonnières sont réparti·e·s sur des plateformes qui parcourent l’immense fosse, changeant de position tous les mois. Chaque jour, de la nourriture est déversée sur les plateformes, la nourriture étant de moins en moins abondante pour ceux et celles se retrouvant sur les plateformes les plus basses. Pourquoi Goreng se retrouve dans cette prison et qui en est l’investigateur, c’est ce que le public va découvrir le long du film (disponible sur Netflix).

Le réalisateur espagnol nous offre une vision très sombre de l’humanité avec ce film qui a beaucoup marqué les esprits et suscité de nombreuses interprétations, notamment concernant l’explication de la fin. Égoïsme et individualisme semblent être l’unique comportement dont peuvent faire preuve les personnes emprisonnées reflétant le système capitaliste du dehors où semble dominer la loi du plus fort et dont une minorité consomme plus de ressources que nécessaires à leur survie. Film particulièrement claustrophobique et anxiogène, le métrage se veut, de l’aveu même de son réalisateur, un regard pessimiste sur la nature humaine incapable de faire preuve de solidarité, même si d’après lui, l’espoir demeure en les nouvelles générations.


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