10 œuvres cannibales qui donnent faim !

Fresh (Mimi Cave, 2022)

Disponible sur Disney +Fresh (2022) est un thriller américain écrit par Lauryn Kahn et réalisé par Mimi Cave. Avec son harmonieux acting entre improvisation et dialogues écrits, le film nous balance dans la mésaventure sanglante de Noa. La jeune femme cherche à rencontrer l’amour via des applis de rencontres. Désespérée par les dick pics et ses dates avec les misogynes habituels, Noa fait finalement la rencontre de Steve, un homme charmant et drôle qu’elle croise au supermarché du coin. Le feeling passe bien, la discussion s’annonce intéressante. Iels se donnent alors rendez-vous et finissent dans une belle maison éloignée de la ville que l’homme utilise pour son travail. Une soirée romantique s’offre alors au duo et iels entament une relation amoureuse. L’alchimie entre Daisy Edgar-Jones et Sebastian Stan fait de cette première partie de film, une comédie romantique qui aurait pourtant pu se montrer adorable. Le générique apparait ainsi au 1/3 de l’œuvre et on sait qu’il y a un HIC. C’est bien trop beau pour être vrai ! Très rapidement, le film change de ton. Noa se rend compte qu’elle a été droguée et s’effondre sur son partenaire. D’une façon terriblement violente, la femme va se rendre compte que Steve n’est pas le mec cool qu’elle espérait. Enchainée dans un sous-sol lumineux et minimaliste, Noa apprend de la bouche de son ancien amant qu’il va littéralement la bouffer. Le boulot du mec ? Découper (exclusivement) des femmes pour des blindax aux appétits cannibales et aux fantasmes assez particuliers afin d’en envoyer des morceaux sous vide aux quatre coins du monde. Parfois comiques, des dialogues d’un naturel déroutant viendront alors ajouter du réalisme à cette situation si improbable. Fresh bascule si rapidement dans le thriller horrifique aux étapes de plus en plus sanglantes et malaisantes qu’il explose comme une bombe au visage.


Vorace (Antonia Bird, 1999)

Réalisé en 1999 par Antonia Bird, Vorace (Ravenous en version originale) nous raconte l’histoire, pendant la guerre USA-Mexique, de John Boyde qui est envoyé dans une petite garnison perdue au milieu de nulle part. Une fois là-bas, un étrange personnage arrive et explique aux soldats que sa propre compagnie a été dévorée par un militaire cannibale. Vorace est un film sombre, autant dans le thème choisi que dans l’ambiance. Car celle-ci se veut presque crépusculaire, avec des notes de couleurs sombres qui parsèment quasiment la totalité du métrage. Ajouté à cela des personnages troubles et quasi antipathiques pour la plupart (Robert Carlyle en tête) et le tout donne un résultat véritablement incroyable. L’originalité de Vorace est qu’il ne se contente pas d’une simple histoire de cannibalisme mais inclut en son sein une légende indienne, celle du Wendigo. Monstre dévorant ses proies pour s’emparer de leur force, cette mythologie donne une dimension supplémentaire et surtout non-négligeable à l’ensemble. Le tout est porté par une bande sonore à contre-emploi, avec des sonorités et des thèmes parfois en décalage avec les plans montrés, renforçant le côté glauque du film. Le thème du cannibalisme peut aussi être traité dans Vorace comme une contamination, où cet acte tabou dans notre société se transmet d’homme en homme quand ces derniers goûtent à la chair humaine, même une seule fois. Un film presque inclassable qui n’a pourtant pas forcément les faveurs du public car très (trop ?) méconnu et trop peu souvent cité. Il peut déstabiliser au premier visionnage mais il mérite vraiment plusieurs visionnage pour être pleinement apprécié et pour y voir les différents sous-textes abordés.


Zombi Holocaust (Marino Girolami, 1979)

Dans un hôpital de la ville de New-York, d’étranges mutilations ont lieu. Le docteur Chandler et la doctoresse Ridgeway mèneront l’enquête qui les portera dans l’archipel des Moluques en Indonésie où un savant fou pratique des expériences monstrueuses sur des humain·e·s. Zombi Holocaust est souvent considéré comme étant un nanar, souffrant de la comparaison avec d’autres œuvres telles que Zombie (1978 de Romero ou L’Enfer des zombies (1979) de Lucio Fulci. À noter d’ailleurs, pour l’anecdote, que beaucoup de lieux de tournage du film de Girolami ont servi pour celui de Fulci. Entre Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980) et L’Au-delà aka E tu vivrai nel terrore – L’aldilà (Lucio Fulci, 1981), la comparaison n’a pas forcément raison d’être car Zombi Holocaust est un métrage hybride dans le sens où il mixe allégrement et pour le plus grand plaisir des fans de cinéma bis le film de zombies et le film de cannibales, chose n’ayant jamais été faite avant ni même après. Deux genres d’ailleurs en pleine effervescence en Italie dans ces années-là, à savoir les 70’s et début 80’s.


Honeydew (Devereux Milburn, 2020)

Honeydew est un film d’horreur américain mettant en scène Sam (Sawyer Spielberg) et Rylie (Malin Barr), un couple qui bat de l’aile, et qui décide de faire une virée à la campagne pour se changer les idées. Ayant planté leur tente sur un terrain appartenant un vieux fermier du nom d’Eulis (Stephen D’Ambrose), le duo en sera délogé puis trouvera refuge à l’intérieur d’une étrange maison peu hospitalière dans laquelle séjournent Karen (Barbara Kingsley), une vieille fermière assurée, et Gunni (Jamie Bradley), son fils échiné et… très particulier. La jeune femme, Rylie, qui réalise sa thèse de biologie sur un sujet du nom de sordico (une sorte de champignon pouvant contaminer les cultures et provoquer des hallucinations, des tremblements, une démence progressive ainsi qu’une pigmentation noire des extrémités), se rend rapidement compte que quelque chose cloche dans cette famille : une photo étrange de Karen et son fils sur le frigo, un discours parfois désorienté de la mère, les tremblements préoccupants de Gunni incapable de parler et de manger seul, depuis son fauteuil roulant, la vieille TV en noir et blanc diffusant à l’infini un épisode de Popeye… Autant de détails qui rendent l’univers de ce film anxiogène. Les protagonistes apparaissent comme plausibles, réagissant à leurs humeurs et leurs problèmes. Sam, acteur aspirant, qui cherche à lutter contre son envie de sucre est sans cesse gardé à l’œil par sa petite amie, Rylie plongée dans ses recherches. Ce voyage à la campagne censée les rapprocher met en exergue leurs oppositions et leurs conflits et les conduira finalement à bien pire que des éclats de voix et des montées de colère. Cette tension palpable commence dès le début du film où l’on voit Sam, enfermé dans les toilettes, une barre de céréales chocolatées à la main, entrain de réciter frénétiquement les paroles d’un scénario. Puis s’accentue avec les remontrances de Rylie, exacerbée par le caractère blasé de son partenaire… Mais cette petite virée à la campagne disponible sur Shadowz s’annonce cauchemardesque !


Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980)

Cannibal Holocaust est un film italien réalisé par Ruggero Deodato en 1980, s’inscrivant dans le genre du cannibal movie, genre presque exclusivement italien tirant son origine dans la production des mondo movies, ces vrais faux documentaires honnis par toute la presse cinématographique et quasiment tou·te·s les amateurs·trices du 7e art, qui, utilisant une caméra voyeuriste, parcouraient le monde pour aller capter les mœurs les plus « bizarres » et « étranges » des peuples de la planète, illustrant une vision radicalement pessimiste de l’existence et des rapports sociaux où règnerait la même violence tant du côté des « civilisé·e·s » que de celui des « sauvages ». Longtemps interdit dans de nombreux pays dont la Grande-Bretagne qui l’a immédiatement introduit dans la fameuse liste des video nasties, le film fut confisqué par un juge après sa première à Milan et le réalisateur italien accusé d’avoir tourné un snuff movie, dans lequel il aurait réellement tué ses acteurs·trices. Censuré, détesté ou tout simplement incompris, Cannibal Holocaust n’en est pas moins un film culte et un chef-d’œuvre du cinéma d’horreur. Réalisé presque 20 ans avant Le Projet Blair Witch (Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, 1999), le film de Ruggero Deodato pose les bases de ce qui sera le genre du found footage et interroge déjà le pouvoir des images et la place du·de la spectateur·trice. Mais aussi le sentiment de puissance qui peut s’emparer de la personne qui filme, un pouvoir quasi divin capable de remodeler la vérité et le monde à sa guise. Le film raconte l’enquête menée par l’anthropologue américain Harold Monroe pour comprendre ce qui est arrivé à une troupe de journalistes, mystérieusement disparue, partie effectuer un reportage dans la jungle amazonienne. Ce film culte est disponible sur Freaks On !


The Neon Demon (Nicolas Winding Refn, 2016)

Jesse, une jeune et jolie blonde, débarque à Los Angeles avec la ferme intention de fouler les podiums des maisons de hautes coutures les plus célèbres au monde. Sa pureté, et surtout sa beauté naturelle vont lui ouvrir les portes de ce monde, un monde qu’elle aurait sûrement dû éviter. Les femmes perchées sur leurs talons aiguilles sont semblables à des fauves prêts à dévorer tous les autres animaux pour être le roi de la jungle, malheureusement cette métaphore n’est pas qu’une figure de style… Dans ce film, préparez-vous à voir des mannequins cannibales qui évoluent dans l’injustice de ce monde. Un univers où chacune est prête à changer sa personnalité et son physique pour entrer dans les normes du mannequinat. The Neon Demon, est un film féministe réalisé par Nicolas Winding Refn, présenté au festival de Cannes en 2016. Le thème principal ce long-métrage est la beauté, une caractéristique que notre réalisateur met à l’honneur en proposant des décors et des jeux de lumière dotés d’une grande esthétique. En ce qui concerne la musique, là encore Nicolas Winding Refn frappe très fort en proposant une bande sonore signée Cliff Martinez, une mélodie étouffée qui rappelle les boîtes de nuits underground. Un mélange qui fonctionne bien et qui donne naissance à un à véritable chef d’œuvre pour nos yeux.


Hannibal (Bryan Fuller, 2013)

Série américaine initiée en 2013, Hannibal reprend les protagonistes inventé·e·s par Thomas Harris dans une préquelle esthétique et ensanglantée du Dragon Rouge (Thomas Harris, 1981). La série met en scène la rencontre de deux personnages : Will Graham (Hugh Dancy), un consultant pour le FBI instable mais particulièrement doué pour le profilage et le psychiatre Hannibal Lecter interprété à la perfection par Mads Mikkelsen qui oscille entre fines analyses psychiatriques et dégustations de morceaux de corps humains. Ce tueur en série cannibale mènera la danse et jouera avec l’équipe du FBI dirigée par l’agent spécial Jack Crawford (Laurence Fishburne). Tout au long des épisodes de la série, la santé mentale de Will est soumise à de lourdes épreuves. Ayant échoué aux tests psychologiques pour devenir Agent Spécial, Will Graham est suivi par le Docteur Lecter qui doit déterminer ou non s’il est apte à intervenir sur le terrain. Véritable psychopathe, Hannibal s’amusera de cette situation et embrouillera les pistes du FBI afin de jouir du plaisir d’être le serial killer le plus recherché de Baltimore et ainsi pouvoir continuer ses activités de délicat gastronome. Le côté aristocratique du Docteur Lecteur perturbe, intrigue et rend la dégustation de chair humaine à la fois alléchante et malaisante. Ses manières impeccables et son sublime dressage de table le mettent en dehors de tout soupçon mais Hannibal Lecteur cherche à briser petit à petit la santé mentale extrêmement fragile de Will dans l’espoir de faire de lui un tueur, un compagnon de table pour ses soirées gourmandes…


Soleil vert aka Soylent Green (Richard Fleischer, 1973)

Mais quel film culte à l’ancienne ! Dans un monde dans lequel l’espèce humaine a épuisé toutes les ressources de la planète, les dirigeant·e·s ont alors opté pour un stratagème à la fois plein de sens et totalement démentiel : utiliser les cadavres humains pour nourrir la population. Entre enquête policière et science-fiction, Soleil vert est une œuvre d’anticipation qui allie mensonges gouvernementaux, destruction de l’environnement, pollution, euthanasie, pauvreté et déshumanisation d’une population totalement piégée dans un système absurde. Lors de sa sortie, cette œuvre semblait dystopique mais nous y sommes : une planète surpeuplée subissant de plein fouet un désastre écologique, des ressources et des espèces en voie de disparition. Adaptation du roman éponyme écrit en 1966 par Harry Harrison, Soleil Vert est sans doute l’un des premiers films à placer l’urgence écologique au premier plan des angoisses existentielles de l’humanité. Dans cette critique de la propension qu’a l’humanité à détruire ce qui l’entoure et d’une consommation malsaine des êtres humains, le réalisateur offre une forme de cannibalisme caché par un système politique élitiste, imposé à une population ignorante et pauvre, et transformé en une mascarade économique et sociale la moins éthique possible. Soleil Vert choque, fascine et rappelle que la déshumanisation des corps et la destruction de la planète semblent être une constance de l’Histoire humaine. Commençant sur des images des débuts de l’industrialisation initiée au XIXe siècle, la trame du film nous propulse en 2022 où les habitant·e·s sont nourri·e·s par Soylent Industries, une entreprise spécialisée dans les aliments de synthèse, pour pallier au manque de nourriture. C’est dans ce contexte que le détective Thorn (Charlton Heston), accompagné par le professeur « Sol » Roth, enquête sur le décès suspect d’un certain Simonson. Ils découvrent rapidement qu’il s’agit d’un riche privilégié ayant côtoyé les « puissant·e·s ». La terrible vérité se dévoile peu à peu bien que cette oligarchie dominant le monde tente de tout mettre en place pour empêcher le détective de comprendre la supercherie…


The Bad Batch (Ana Lily Amirpour, 2016)

The Bad Batch nous conte l’histoire d’un Mad Max au féminin dans lequel Arlen, une jeune femme, est jetée dans une zone de non-droit au milieu du désert du Texas. Peuplé d’indésirables violent·e·s, de drogué·e·s désespéré·e·s et de communautés cannibales, l’univers de The Bad Batch ressemble à un monde post-apocalyptique où la Loi du plus fort règne en maître. Attaquée et partiellement découpée par un clan cannibale, Arlen se retrouve prisonnière d’un garde-manger aussi surréaliste qu’oppressant. L’ambiance vive et ensoleillée de ce film dénote avec son cadre horrifique et particulièrement brutal. Le sang se mêle au sable chaud, la sueur à la fumée de la chair en pleine cuisson, et le peu de dialogues rehausse l’angoisse sourde de cette perte de repères totale dans laquelle nous balance la réalisatrice sans trop d’explication. Après s’être vengée de son agresseur, Arlen, mutilée et à bout de forces, débarque dans une ville mystérieuse, peuplée de loufoques à l’allure burlesque accompagnée d’une petite fille de la communauté cannibale. Dans cette étrange cité, elle se livrera à des expériences humaines improbables jusqu’à ce qu’elle soit en mesure de rencontrer le chef des lieux. Intense, sombre et perturbant, The Bad Batch est une sorte de western terrifiant dans lequel toute trace « d’humanité » semble avoir disparu…


Trouble Every Day (Claire Denis, 2001)

Shane (Vincent Gallo) et June (Tricia Vessey), deux jeunes marié·e·s américain·e·s s’envolent à Paris pour leur lune de miel. Un voyage qui s’annonce sous les meilleures auspices pour June, mais qui semble avoir un but tout à fait différent pour notre jeune époux. Dès leur arrivée dans la ville lumière, Shane agit de manière très étrange, un comportement qui va inquiéter sa femme. Notre jeune marié semble désespérément être à la recherche de Léo, un scientifique avec qui il a travaillé quelques années auparavant en Guyane. Shane va réussir à retrouver sa trace et apprendre que son ancien collègue s’est marié avec Coré (Béatrice Dalle), une femme soufrant d’un trouble qui la pousse à entretenir des relations sexuelles avec des inconnus allant même jusqu’à les dévorer. Afin d’éviter de charmer d’autres victimes, elle est contrainte à rester enfermée à leur domicile. On devine que Coré et Shane ne sont pas inconnu·e·s l’un·e pour l’autre et finalement, il semblerait même qu’iels partagent plus de points communs qu’iels ne le croient. Trouble Every Day est un film franco-germano-japonais réalisé par Claire Denis sorti dans les salles de cinéma en 2001. La réalisatrice nous emporte dans un long-métrage perdu dans un mélange érotisme, cannibalisme et violence. Plongez au cœur d’une intrigue où la tension sexuelle ne peut être comblée qu’en dévorant son partenaire. Dans ce film, ne vous attendez pas à entendre beaucoup de dialogue, ici Claire Denis a préféré partager les émotions des personnages à travers leurs regards et leurs comportements. Ajoutez à ceci une intrigue lente, rythmée par une bande sonore du groupe britannique The Tindersticks. L’assemblage de tous ces éléments entre eux, créent un résultat qui captive le public le temps d’un instant.


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