3 miroirs mystérieux à l’écran

Dès le Miroir, mon beau miroir… de Blanche-Neige et les Sept Nains (Walt Disney, 1937), le miroir n’a cessé de hanter les productions audiovisuelles. Comme dans les mythes, les légendes et les contes, ses apparitions à l’écran n’en demeurent pas moins énigmatiques. Avec des adaptations cinématographiques de légendes urbaines – du célèbre Candyman (Bernard Rose, 1992) aux nombreux portages de la fameuse Bloody Mary à l’écran-, le miroir prend une place importante dans l’une des plus grandes saga d’horreur américaine avec l’opus Amityville: Darkforce (John Murlowski, 1993) avant de redevenir un passage symbolique dans Matrix 4 (Lana Wachowski, 2021). Ce réflecteur entre deux mondes nous offre un angle étrange d’une réalité comme en témoigne le miroir de Risèd d’Harry Potter à l’école des sorciers (Chris Colombus, 2001). Il reflète davantage nos perceptions que la réalité physique et se transforme en un chemin de traverse entre les mondes. Téléporteur iconique de la série de jeux-vidéos Suikoden (Konami, initiée en 1995), la sorcière Viki l’utilise pour transporter l’équipe, économisant ainsi un temps de jeu considérable. Il est également une prison pour des êtres scellés tels qu’Aaravos dans Le Prince des dragons (Aaron Ehasz & Justin Richmond, 2018) ou encore l’esprit maléfique du film Netflix Kuntilanak (2018) du réalisateur indonésien Rizal Mantovani, mais il permet aussi au monde de continuer à fonctionner : c’est bien un miroir qui trompa la Déesse du Soleil Amaterasu cachée dans sa grotte et sauva le monde de sa longue nuit. Un miroir mythique du shinto qui permit à une déesse déprimée d’admirer son reflet, de voir en face ses propres qualités et de reprendre ses fonctions divines. Il est la porte d’entrée vers le monde intérieur des pensées, le psychisme des protagonistes mis·e·s en scène devant la glace étant souvent soumis à de rudes épreuves (Le Miroir de Sébastien Rossignol sorti en 2010, en tête). Cet objet est l’ennemi des vampires et la lente déchéance des narcissiques. Faisant le lien avec une autre dimension soumise à ses propres règles, le miroir sert d’intermédiaire avec les mort·e·s, les esprits, nos ombres, nos masques et bien d’autres créatures mystérieuses.


Oculus (Mike Flanagan, 2013)

Film d’horreur américain de Blumhouse Productions disponible sur Freaks On, Oculus (Mike Flanagan, 2013) conte l’histoire d’une famille déchirée par une malédiction mystérieuse. Une temporalité sur deux époques nous plongent au travers de la sombre disparition des parents mais aussi dans la confrontation de leur fils, Tim et leur fille, Kaylie, face à leurs traumatismes passés. En 2002, un ingénieur en informatique du nom de Alan Russel et sa famille emménagent dans une nouvelle maison. Ce dernier achète un ancien miroir qu’il décide de placer dans son bureau. Les parents commencent à être la proie d’hallucination et Alan tombe sous le charme d’une fantôme du nom de Marisol. La situation ne va pas en s’améliorant : Marie, la femme du couple sombre davantage dans la psychose tandis que son mari s’enferme dans le bureau, les plantes vertes dépérissent étrangement et le chien de la famille disparait mystérieusement après avoir été enfermé dans la pièce avec le miroir… Après avoir entendu son père tromper sa mère avec Marisol, la petite fille le confie à Marie. S’ensuit une violente dispute entre les parents. Mais c’est lorsque la femme enragée tentera de tuer ses enfants qu’Alan se décide à l’enfermer. Kaylie et Tim se rendent rapidement compte que leur père est sous l’influence du miroir et tentent de délivrer leur mère enchaînée au mur, agissant comme un animal affamé… Malgré tous les efforts des enfants pour prévenir des secours, des phénomènes paranormaux se manifestent, les empêchant de fuir. Une nuit, Alan délivre son épouse pour qu’iels puissent, ensemble, s’en prendre aux enfants. Ces derniers, persuadé·e·s que le miroir est responsable de ces événements, chercheront à le détruire. Alan finira par abattre sa femme, avant de forcer son fils à appuyer sur la détente du pistolet. Alertée par les coups de feu, la police débarque et emmène Tim au poste. C’est dans cette scène de séparation intense que les enfants réalisent une promesse : le duo reviendra détruire le miroir une fois adulte.

Comme à son habitude, Mike Flannagan part du principe que les fantômes sont bien réel·le·s et que les protagonistes cherchent à lever une malédiction qui risque de les détruire. Marisol semble chercher à piéger le plus de personnes possibles dans sa « dimension ». Les contradictions récurrentes entre le frère et la sœur, adultes, sont exposées avec beaucoup de dialogues et d’explosifs. Onze années après la nuit du drame, Tim sort de l’hôpital psychiatrique en ayant la conviction que le décès de ses parents n’est pas dû à une cause surnaturelle tandis que Kaylie n’a cessé de faire des recherches au sujet du miroir. Elle veut l’étudier, connaître ses pouvoirs, afin d’innocenter les membres de sa famille. Grâce à son boulot d’employée dans le domaine de la vente aux enchères, la jeune femme retrouve l’objet de ses cauchemars et mettra tout en place pour s’en débarrasser définitivement. Le film oscille entre flashbacks, apparitions effrayantes et antagonisme des deux survivant·e·s de la famille Russel. Les protagonistes se retrouvent rapidement dans la même situation que les parents. La folie les gagne peu à peu… et Marisol tente de les monter l’un·e contre l’autre.


Into the Mirror (Kim Sung-ho, 2003)

Into the Mirror est un film d’horreur sud-coréen qui retrace l’histoire de Wu Young-min, un ancien policier ayant causé accidentellement la mort de son partenaire lors d’une mission, qui décide d’aider son oncle et ainsi devenir le chef de la sécurité d’un immense centre commercial. La bâtisse est en reconstruction suite aux ravages d’un incendie datant d’il y a cinq ans. Tandis que la réouverture approche, des cadavres sont retrouvés dans le bâtiment. Les victimes semblent s’être suicidées d’une manière mystérieuse.

Habitué aux scènes de crimes étranges et peu satisfait des explications de la police, le nouveau chef de la sécurité va mener sa propre inspection. Néanmoins, la personne en charge de l’enquête policière n’est autre qu’un ancien ami de son collègue décédé. Ha Hyun-su blâme toujours l’homme pour la mort de son ami et refuse alors de collaborer avec lui jusqu’à ce qu’ils tombent sur des indices inquiétants et inexplicables. Il semble que ce soit grâce aux miroirs de ce centre maudit que d’étranges créatures sosies tuent leurs victimes… Alors que l’investigation sombre de plus en plus dans le paranormal, Young-min revivra ses traumatismes.

Ce film explore la relation antagoniste de ces deux protagonistes principaux tout en mettant en scène une ambiance sombre digne d’un thriller coréen couplée à des scènes de tension fantomatique. Prenant possession du corps de la victime et la laissant contempler son image au moment de sa mort, ces reflets d’un autre monde débordent à travers les miroirs et n’en sont que plus terrifiants.


Miyuki-chan in Mirrorland (Kiyoko Sayama & Mamoru Hamatsu, 1995)

Adaptation libre du roman de Lewis Caroll, Miyuki-chan in Wonderland est issu de l’univers de la sororité d’artistes CLAMP (Satsuki IgarashiMokona, Tsubaki Nekoi, et Nanase Ohkawa). L’animation en deux épisodes et le manga éponyme, les deux sortis en 1995, content l’histoire de la jeune Miyuki se retrouvant soudainement aspirée dans divers mondes mystérieux et abracadabrants peuplés de femmes qui la trouvent particulièrement attirante. D’une durée de 13 minutes, le second OVA Miyuki-chan in Mirrorland aka Kagami no Kuni no Miyuki-chan montre la jeune lycéenne entrainée dans le miroir par son reflet. Au Mirrorland, dimension dans laquelle le ciel et la terre sont inversés, elle fera la rencontre de pin-ups fantastiques et d’étranges créatures féminines cherchant à l’inclure dans leur monde d’amusement et de plaisir. Entre petites fées, freaks sexy de cirque, maids-pièces d’un jeu d’échecs géant ou encore succube volante, la jeune femme décline toujours les invitations avant de se précipiter vers une porte de sortie en criant.

Reçu d’une manière paradoxale par un public nippon, Miyuki-chan in Wonderland est soit considéré comme une œuvre divertissante un peu osée soit comme la pire œuvre de l’équipe de dessinatrices. Malgré tout, la protagoniste principale survivra à de nombreuses critiques et se montrera dans d’autres œuvres de l’univers du quatuor, devenant même une icône cachée dans de nombreuses illustrations ou adaptations audiovisuelles des CLAMP à la Où est Charlie. Bien que l’anime semble incohérent, il n’en demeure pas moins une partie de plaisir ! Que ce soit dans l’absurdité des situations, dans le character design de ses personnages aux tenues fétichisées ou encore dans le non-sens total des dialogues, ce court-métrage se veut loufoque et léger. Et c’est bien là tout son succès.

D’un ton érotique, cette animation burlesque et onirique dépeint plusieurs facettes de la féminité dans une ambiance fantasmagorique. L’étrangeté du monde et de l’action, le visuel particulièrement coloré de l’univers, et le tout sur une OST chill & jazzy en font une œuvre singulièrement délirante !


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