The Eyes of My Mother, aux confins de la solitude

Réalisé en 2016 par Nicolas Pesce et disponible sur Shadowz, The Eyes of My Mother raconte l’histoire de Francisca, petite fille vivant loin de tout avec ses parents. Un jour, alors qu’elle est seule dans le jardin à jouer avec sa poupée, un homme du nom de Charlie, l’accoste. Sa mère voyant cet inconnu parler à son enfant lui demandera ce qu’il souhaite. Il prétextera qu’il a besoin d’utiliser les toilettes mais soudainement, sous les yeux de Francisca, la tuera. Son père arrive à ce moment et séquestre ce dernier.

Sûrement et même indéniablement le plus beau film de ces dix dernières années parlant de la solitude. Cette solitude que le temps, implacable, nous imposent à tou·te·s. Dans un somptueux noir et blanc, The Eyes of My Mother nous livre un drame horrifique où l’absence mène à la mélancolie pour aboutir à la folie. Francisca, dont la mère se fera tuer par un psychopathe, subira un trauma qui la changera en ce en quoi elle a le plus peur. Le temps passant, son père décèdera aussi et la lente spirale de solitude resserrera ses liens autour de Francisca. Ne pouvant supporter d’être seule, elle gardera son cadavre et s’en occupera comme si celui-ci était toujours là. Elle le lavera, le bordera, le posera devant la télévision et ira jusqu’à lui parler et dormir à ses côtés.

Concernant le sort de Charlie, celui-ci continuera à être séquestré dans la grange. Francisca prendra soin de lui, comme elle a toujours fait depuis son enfance. Seul lien avec le monde extérieur, il l’enfoncera petit à petit dans sa démence jusqu’au jour où Charlie s’évadera mais sera rattrapé et tué. Se retrouvant à nouveau seule, la jeune femme ira kidnapper un bébé et séquestrer la mère dans la grange. Les années passant, l’enfant grandit et pense tout naturellement que Francisca est sa mère biologique. Encore une fois, nouvelle évasion mais la victime réussira à s’en sortir, au détriment de Francisca.

The Eyes of My Mother est un film sobre et possédant une élégance rare. Traitant d’un sentiment universel que tout le monde craint, il touche au cœur et une empathie, rapidement, se crée envers Francisca. Malgré ces actes immoraux, elle est pour sa part dans une optique amorale car toute notion de bien ou de mal est abolie. Sans virer dans le torture porn, ce film de séquestration nous plonge en profonde empathie avec la figure du bourreau, esseulée et désemparée, qui demeure la·le protagoniste principal·e de l’intrigue.


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :