5 œuvres « c’est court mais c’est bon »

Le Miroir (Sébastien Rossignol, 2010)

Lauréat du prix du court-métrage à Gérardmer en 2010, Le Miroir est une adaptation d’une nouvelle de Claude Seignolle. Vera Bella, une actrice de cinéma, se rend dans le manoir de son enfance pour fuir les médias suite à un grave accident de la route l’ayant défigurée. En 15 minutes, Le Miroir nous plonge dans une ambiance douce et feutrée invoquant le spectre de la beauté perdue. Dans un endroit isolé au bord de mer, ce manoir bâti en haut d’une falaise est le réceptacle des souvenirs dans lequel s’entrecroisent le passé et le présent. Ce dernier, où Vera sera seule dans sa chambre à se remémorer quelques souvenirs d’enfance et quand elle s’affrontera seule face à son reflet dans le miroir, recouverte de ses bandages. Et ce passé, où elle se reverra enfant, tenant son premier trophée gagné à l’occasion d’une pièce de théâtre. Le Miroir possède une photographie sublime, qui permet de sublimer le désespoir de Vera face à sa tragédie. Elle apporte à l’ensemble une élégance rare et raffinée qui en font un petit bijou. Sophie-Charlotte Husson est tout en retenue, alternant avec grâce la douceur, la fragilité et la mélancolie pour interpréter un personnage qui sait que sa vie ne sera plus comme avant et la terminera avec une douce beauté, dans un calme libérateur. Ce court-métrage est dispo sur Freaks On !


Zoo (Nicolas Pleskof, 2012)

La famille Teziev découvre un matin que leur enfant, Léa, est enfermée dans un cocon. À l’éclosion de celui-ci, d’étranges phénomènes vont se produire. Ce court-métrage possède une atmosphère particulière car, au-delà de l’aspect visuel et de la « transformation » de Léa, celle-ci parle de l’éclatement de la cellule familiale en réponse à un événement aussi inattendu que soudain. Nicolas Pleskof utilise l’horreur pour appuyer sa métaphore de la scission du foyer. La mutation de Léa se fera en douceur, n’utilisant aucun artifice invoquant le body-horror alors que, à contrario, la dissolution familiale elle, se fera brutale. La mère ne reconnait plus son enfant, la rejetant en la traitant de monstre. Le père, en bon généticien, voudra étudier sa progéniture. Nous pouvons y voir une allégorie sur les changements intimes au sein du foyer et que ceux-ci nous amènent à reconsidérer, à redécouvrir les gens qui nous sont les plus proches. La fin, terriblement glauque, fait revoir ce court-métrage d’une autre manière quant aux relations entre les personnages… Ce court-métrage est dispo sur Freaks On !


L’Attaque du monstre géant suceur de cerveaux de l’espace (Guillaume Rieu, 2010)

Un monstre, cerveau géant affublé de tentacules, attaque Paris et ses habitant·e·s en leur suçant le cerveau. Un couple et un scientifique tenteront le tout pour le tout pour détruire cette horreur venue de l’espace. Pastiche des productions SF des années 1950, L’Attaque du monstre géant suceur de cerveaux de l’espace rend hommage à plusieurs sous-genre du cinéma de genre. Mixant allègrement comédie musicale, horreur (avec des zombies) et science-fiction (avec ce monstre géant fait en stop-motion à la Ray Harryhausen), ce court-métrage ne vire jamais dans le ridicule et malgré le fait qu’il ne se prend pas au sérieux, il reste très respectueux des codes des sous-genres mentionnés. Que ce soit les effets spéciaux, les costumes, l’acting, tout nous ramène à cette époque bénie d’un cinéma disparu et qui peut sembler désuet de nos jours. Mais on sent l’amour que porte Guillaume Rieu à travers cette œuvre et force est de constater que cela amène une petite bouffée d’air frais qui est loin d’être négligeable. Il alterne le noir et blanc et la couleur dans certains plans, allant jusqu’à réunir les deux dans d’autres. Le tout dynamise le métrage, ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais. Et il est actuellement dispo sur Freaks On !


Et le Diable rit avec moi (Rémy Barbe, 2018)

Samuel, un jeune homme solitaire et passionné de films underground et de musique métal, tombera dans une spirale infernale dans laquelle se mêle cauchemars et réalités. Un court-métrage choc et viscéral visuellement éprouvant. Samuel parlera avec un homme sensé être le diable mais ce dernier est-il réel ou imaginaire ? Un court à revoir plusieurs fois pour capter toutes les subtilités et les clins d’œil. Car ceux-ci sont disséminés tout le long et permettent de comprendre et d’explorer certaines pistes pour se faire son ou ses interprétations. Parlant de la solitude et de l’isolement, Et le Diable rit avec moi est une belle métaphore de la souffrance que l’on peut ressentir suite à le délaissement et à l’incompréhension des autres pour sa ou ses passions qui peuvent être peu communes voire bizarres aux yeux d’autrui. Pour public averti car certaines scènes peuvent choquer si l’on est un tantinet sensible. Ce court-métrage très malaisant est sur Shadowz !


Junior (Julia Ducournau, 2011)

Junior, une jeune collégienne au fort caractère et au look masculin, subit une mue progressive de son corps. Cinq ans avant son film Grave, Julia Ducournau abordait déjà la transformation, autant mentale que physique, de ses protagonistes féminines. Junior traîne avec une bande de losers, en opposition à sa sœur qui, elle, est une fille populaire au collège. On sent chez la jeune femme une envie de devenir autre, d’avoir la popularité de son aînée et ce court montre qu’une fois que le désir est souhaité, la transformation se fait aussi mentalement. Junior s’éloignera de ses ami·e·s pour « presque » devenir ce qu’elle souhaitait être. Ce court-métrage est disponible sur Shadowz !


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :