Top 6 des films Shadowz – Partie 2

Suite de notre Top 6 consacré aux films diffusés sur Shadowz, la plateforme de screaming. Entre rednecks espagnols, Home invasion hyper violent, tortionnaire nazi, démon dévoreur d’humain·e·s, adepte de VHS de rencontre et infirmière toxicomane, les soirées de cinéma promettent d’être plus qu’excitantes !

Jacinto (Javi Camino, 2021)

Jeune adulte à l’esprit d’enfant, Jacinto vit dans un village montagneux de l’Espagne peuplé de personnages aux allures de rednecks, entouré d’une maman qui le surprotège et l’infantilise, d’un père violent et intolérant et d’un grand frère magouilleur et drogué dont le but est de mettre la main sur l’argent de ses parents. Seul son cochon, Martiño, semble lui témoigner une réelle et sincère amitié. Mais le quotidien de Jacinto se voit bouleverser lorsque deux jeunes femmes, aux idées progressistes, viennent s’installer dans la maison voisine. La tête remplie de sermons du prêtre, Jacinto se persuade bientôt que ces deux jeunes femmes sont des vampires tout droit issues des films d’horreur qu’il regarde toute la journée. Il se donne pour mission de défendre les sien·ne·s et de mettre fin à l’existence de ces viles créatures, alors que ses parents entament avec elles une querelle de voisinage.

Jacinto, premier long métrage du jeune réalisateur espagnol Javi Camino, est une œuvre parcourue par une espèce d’exaltation démente dans laquelle les spectateur·rice·s chercheront en vain un peu d’innocence dans chacune des figures de cette fable grotesque à l’image des masques que Jacinto porte dans le film. L’innocence est complètement absente de ces personnages, chacun·e agit égoïstement, prêt·e à tout sacrifier, y compris ses proches, pour satisfaire ses propres intérêts : augmenter le nombre de ses followers, mettre la main sur le butin familial, satisfaire sa violence, imposer sa vision du monde, seul Jacinto déploie une innocence grotesque, mais tendre, incarnée par son amitié avec le cochon Martiño, qui finira par être tué pour garantir la survie de la famille et du voisinage. Le jeune réalisateur espagnol reconnaît une influence certaine du cinéma slasher et plus particulièrement du film culte de Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse (1974), mais pour lui, dans Jacinto, il s’agit moins de s’intéresser aux jeunes victimes et plus à l’assassin.

For the Sake of Vicious (Gabriel Carrer et Reese Eveneshen, 2021)

Romina, une infirmière célibataire et mère d’un jeune garçon, rentre chez elle le soir d’Halloween après avoir fini sa tournée à l’hôpital. Mais à sa grande surprise, elle tombe nez à nez avec un homme, Chris, se comportant comme un fou et détenant un otage portant des signes de coups violents aux visages. Chris, dont Romina avait soigné sa jeune enfant victime d’un viol, accuse son otage d’être l’auteur de cet acte immonde et veut obtenir par n’importe quel moyen sa confession.

Le film de Gabriel Carrer et Reese Eveneshen démarre sur les chapeaux de roues puisque les spectateur·rice·s, de la même façon que Romina un peu plus tard, se retrouvent nez à nez avec le personnage de Chris qui, les yeux injectés de sang, assène un coup violent sur la tête de celui qui deviendra son otage. Et le calme ne sera que de courte durée, le temps que l’histoire permette à Romina de rentrer chez elle et de découvrir ces étranges invités. Romina ne cessera d’essayer de résonner Chris et de l’empêcher de commettre l’irréparable. Mais, lorsque la situation semble enfin maîtrisée, un étrange groupe de motards viennent assiéger la maison de Romina. Que veulent-ils ? Viennent-ils délivrer l’otage ? Les spectateur·rice·s n’auront pas le temps de réfléchir à la question puisque la violence va monter encore d’un cran et ces nouveaux venus, une fois entrés dans la maison, vont tout faire pour se débarrasser de nos trois protagonistes dont la seule issue sera alors de faire preuve d’autant de violences.

For the Sake of Vicious est un film brut, à la mise en scène nerveuse et dynamique. Filmant avec une caméra près de l’action et des protagonistes, les deux réalisateurs plongent littéralement les spectateur.rice·s dans un enfer de violence, d’éclats de vitre et de geyser de sang, multipliant les effets gores autant que les gorges tranchées. Les protagonistes et les spectateur·rice·s n’ont pas le temps de récupérer leur souffle dans ce film d’action très efficace et mené tambour battant. La boucherie ne prenant fin que dans la dernière séquence lorsque la vérité sera enfin révélée.

Stay Out of the Attic (Jerren Lauder, 2020)

Carlos et Imani, deux ex-prisonnier·ère·s, travaillent pour la petite entreprise de déménagement de Schillinger, lui aussi ancien détenu. Leur nouveau client, un vieil homme à l’allure étrange habitant dans un manoir victorien, leur promet une belle somme d’argent s’iels réussissent à tout déménager avant le lendemain. Une seule consigne leur est donnée, celle de ne pas mettre les pieds au grenier. Mais au fur et à mesure que la nuit avance, les trois acolytes découvrent des objets étranges remontant au IIIe Reich. Enfermé·e·s littéralement dans le manoir, iels vont bientôt faire face aux horreurs des expérimentations médicales nazies perpétrées par leur horrible hôte. Une seule idée va donc s’imposer à eux.elles, s’échapper de ce manoir.

Le réalisateur Jerren Lauder, plongeant ses protagonistes et les spectateur·rice·s dans un étrange manoir à l’allure sombre et lugubre, impose un rythme lent au début pour introduire le passé des personnages. Le film s’accélère lorsqu’on apprend, sans réelle surprise, il faut le reconnaître, que le locataire du manoir est lié au passé nazi. Les spectateur·rice·s découvrent, au fur et à mesure, toutes les horreurs enfermées dans le manoir, tandis que les héros·héroïnes essaient d’échapper à leur tortionnaire nazi. Stay Out of the Attic s’avère efficace, déployant quelques scènes effrayantes, mais pèche par un scénario confus et finalement sans surprise.

Uncle Peckerhead (Matthew John Lawrence, 2020)

En route pour une tournée, DUH, jeune groupe de punk formé de Judy, Max et Mel, embauche un homme nommé Uncle Peckerhead, littéralement Oncle Tête de Gland pour leur servir de chauffeur et de roadie. Mais lors de la première soirée de concert, alors que le promoteur véreux vient de les arnaquer, Uncle Peckerhead le massacre pour le punir. Horrifié, le groupe apprend d’Uncle Peckerhead qu’il est une sorte de démon mangeur d’humain·e·s, se transformant pendant quelques minutes après minuit en une créature mi-vampire mi-zombie. Cependant, il assure à ses nouveaux·elles ami·e·s qu’il peut se contrôler avec une drogue et promet de ne plus tuer. Réticent·e·s, Judy, Max et Mel finissent par l’accepter et une amitié naît entre les différents protagonistes soudé·e·s encore plus par leur ambition de devenir, lors du dernier concert de la tournée, la première partie du groupe phare dont la chanteuse est aussi une productrice reconnue dans la profession. Judy étant persuadée que celle-ci leur fera signer un contrat de production, pousse DUH à écumer les salles pendant une semaine. Mais les quatre acolytes devront rapidement faire face à un groupe rival qui leur conteste déloyalement cette première partie. Cependant, pour Judy, la véritable inquiétude est de savoir si Uncle Peckerhead saura maintenir sa parole.

On suit avec plaisir et enthousiasme les mésaventures de ce groupe de musique composé de trois jeunes marginaux·ales et paumé·e·s dans un film possédant une belle bande originale composée intégralement pour le film. L’acteur David Littleton interprète magnifiquement le rôle de cet étrange monstre qu’est Uncle Peckerhead, à la fois effrayant et sympathique, complétant une galerie de personnages parfois grotesques, souvent hillarant·e·s, mais toujours touchant·e·s. Le réalisateur Matthew John Lawrence n’hésite pas à alterner des moments d’humour avec des scènes aux effets gores rappelant le meilleur des séries B, faisant du film une véritable petite perle de Comédie horrifique. La fin surprenante de Uncle Peckerhead, décevante pour certain·e·s, mais essentielle pour d’autres, le place cependant, en y réfléchissant, définitivement dans le genre horreur.

Rent-a-Pal (Jon Stevenson , 2020)

David, un homme de 40 ans doux et gentil, passe ses journées à s’occuper de sa mère impotente. Enfermé dans le sous-sol de la maison, faisant office de chambre/appartement, David n’a que sa solitude et ses VHS pour lui tenir compagnie. Inscrit à une agence de rencontre qui lui fournit des cassettes d’annonces de jeunes femmes célibataires, l’homme passe son temps libre à les visionner pour trouver enfin une petite amie et briser sa solitude. Mais malgré l’argent qu’il dépense pour l’agence, son profil ne semble intéresser aucune candidate potentielle. David finit par se rabattre sur une des cassettes traînant dans le bac des retours, au titre étrange Rent-a-Pal, littéralement Loue un ami. En enfilant la cassette dans son magnétoscope, David fait la connaissance du maître de cérémonie, Andy, un homme arborant un pull, une barbe et un sourire impeccables et qui lui promet de devenir son ami. Mais cette amitié a un prix.

Dénonçant à la fois la « culture » incel et par extension le masculinisme ainsi que la misogynie qui l’imprègnent fortement, la déliquescence des relations sociales qui caractérisent désormais nos sociétés aux réseaux hyper-connectés, mais dans lesquelles les êtres humain·e·s tendent de plus en plus à se déconnecter physiquement les un·e·s des autres , le film de Jon Stevenson frappe par la justesse de son propos. Dans Rent-a-Pal, on s’attache rapidement au personnage de David, sacrifiant sa vie pour sa mère, comme on ressent immédiatement, un grand malaise face au sourire d’Andy et face à cette étrange sollicitude qui émane de son image réminiscente qui phagocyte peu à peu l’esprit de ce pauvre David, distillant une haine et une rancœur pourrissantes qui viendront définitivement détruire sa vie et son espoir d’être aimé.

12 Hour Shift (Brea Grant, 2020)

Mandy, une infirmière toxicomane, s’apprête à commencer son quart de tour à l’hôpital où elle travaille. Pour arrondir ses fins de mois et pour pouvoir acheter sa drogue, Mandy (en plus de voler les médicaments de ses patient·e·s) est impliquée dans un trafic d’organes avec l’infirmière d’accueil Karen et Regina, sa cousine par alliance, une jeune femme pas très futée et égocentrique. Mais, pour Mandy, ce tour qui s’annonce va s’avérer bien particulier. En effet, sa cousine a perdu le rein qui était destiné aux trafiquants d’organes et se voit menacée de mort. Elle va devoir aider Regina à trouver un autre rein et éviter que celle-ci ne se serve sur les pauvres patient·e·s de l’hôpital, alors que la police commence à enquêter sur un possible commerce d’organes à l’intérieur de l’établissement.

Dans cette comédie horrifique, la réalisatrice Brea Grant plonge la très culte Angela Bettis dans une farandole de personnages loufoques, à la recherche d’un organe perdu et peut-être d’une rédemption qui semble lui résister. Les événements rocambolesques s’enchaînent à un rythme soutenu entre humour, chansons et effets gores. Brea Grant profite de 12 Hour Shift pour explorer les relations humaines et donne à Angela Bettis un beau rôle, celle d’une anti-héroïne par excellence, qui doit se démener pour sauver sa peau et celles de ses patient·e·s des mains des trafiquants, de sa cousine et d’un tueur échappé de prison. La nuit s’avère pour elle bien longue.

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