Top des films mettant en scène des choses tueuses improbables ou « dont on n’est pas trop sûr de ce que c’est »

Dans l’esprit tortueux et imaginatif des réalisat.eur.rice.s de films d’horreur, même la chose la plus improbable peut devenir un.e monst.re.resse tueu.se.r. Ainsi, après le top consacré aux objets possédés, voici un top sans classification et non exhaustif des films mettant en scène des choses tueuses les plus improbables ou « dont on n’est pas trop sûr de ce que c’est ».

Elmer, le Remue-néninges aka Brain Damage, film américain réalisé par Frank Henenlotter en 1988.

Elmer/Aylmer, un parasite bizarroïde, espiègle et doué de parole, décide de quitter ses ancien.ne.s propriétaires devenu.e.s trop âgé.e.s, pour aller offrir ses « services » à Brian, un jeune homme, à qui il promet toutes sortes de plaisirs sensoriels si celui-ci lui fournit des cerveaux humains.

Avec les cultissimes Frères de Sang (Basket case)(1) ou Frankenhooker, Brain Damage est un des meilleurs films du réalisateur américain, dans lequel il dénonce, à travers les mésaventures sanguinolentes de Brian et d’Elmer, les effets dangereux de toutes les formes d’addictions.

L’attaque des Donuts tueurs aka Attack of the Killer Donuts, film américain réalisé par Scott Wheeler en 2016.

Un scientifique fou transforme par accident d’innocents donuts en tueurs assoiffés de sang. Le sort de leur paisible petite ville dépend à présent de Johnny, Michelle et Howard.

Un petit film dont le manque de moyens se fait sentir surtout au niveau des effets visuels, mais qui met en scène des personnages atypiques et haut.e.s en couleur (l’oncle digne du Dr Frankenstein, le gourou New-âge, le patron du magasin de donuts, la cliente fétichiste des pâtisseries, les deux policiers), dans une histoire loufoque de donuts tueurs, mais dont les spectat.eur.rice.s peuvent certainement prendre plaisir à suivre les aventures des héro.ine.s pour tenter de sauver la ville dans l’attente du dénouement final.

Poultrygeist: Night of the Chicken Dead, film américain réalisé par Lloyd Kaufman en 2006.

Une chaîne de fast-food construit l’un de ses restaurants sur les restes d’un vieux cimetière indien. Des manifestations altermondialistes se mettent donc en place, et c’est alors que la malédiction de l’ancienne tribu indienne va s’abattre sur le restaurant…

Poultrygeist: Night of the Chicken Dead est surement le meilleur et le plus abouti, jusqu’ici, des films du célèbre studio de la Troma et de l’Oncle Lloydie qui démontre, si besoin en était, qu’il est un excellent réalisateur, lui qui est déjà l’auteur, entre autres œuvres, des très cultes The Toxic Avengers (et ses suites) et Tromeo and Juliet(2). Dans cette comédie musicale gore et burlesque, Lloyd Kaufmann offre aux spectat.eur.ice.s une excellente histoire sans nul doute inspirée des zombies de George A. Romero et des Indien.ne.s vengeur.resses.s du film Poltergeist de Tobe Hooper (1982) et n’hésite pas, comme à son habitude, à l’inscrire dans un discours critique à la fois écologiste et anti-malbouffe en pointant du doigt les magasins d’un certain colonel du Kentucky. À voir absolument.

L’Attaque de la Moussaka géante aka I’Epithesi tou gigantiaiou mousaka, film grec réalisé par Panos H. Koutras en 1999.

À la suite d’une téléportation ratée, un rayon extraterrestre touche accidentellement une part de moussaka. Très vite, elle se transforme en monstre géant, se dirigeant droit sur Athènes, écrasant, dévorant et projetant des geysers de sauce mortelle sur son passage.

Un film qui aurait pu certainement naître dans le cerveau trash d’un John Waters avec ses personnages de travestis, de scientifiques en blouse rose et d’extraterrestres femmes occupant une soucoupe volante pleine de couleurs. Le film parodie bien entendu les films de science-fiction mettant en scène des invasions extraterrestres dont The Blob, mais n’hésite pas à introduire des moments plus sanglants et à développer un discours sur la désinformation véhiculée par les médias, l’abrutissement des spectat.eur.rice.s par la Télévision et la Publicité ou encore de pointer du doigt (encore une fois) l’incapacité des politiques à pouvoir résoudre une crise.

Danger planétaire aka The Blob, film américain réalisé par Irvin S. Yeaworth Jr et Russel S. Doughten Jr, en 1958.

Steve et Anne, un couple d’adolescent.e.s, sont témoins de la chute d’une météorite. La chose informe venue de l’espace s’accroche au bras d’un vieil homme et n’aura, dès lors, de cesse de se transmuer en masse visqueuse qui dévore tout sur son passage. Steve et ses ami.e.s vont tout faire pour avertir la ville que la vie de ses habitant.e.s est en danger.

S’il est une chose tueuse qui est la plus célèbre des choses tueuses, c’est bien le Blob, cette espèce de gélatine visqueuse toute droite issue d’un bout de météorite tombée sur Terre. Devenu un classique du cinéma de science-fiction, le film, dont la trame matricielle a été depuis reprise par de nombreux films, a connu une suite et un remake(3)et bénéficie de la présence d’un jeune Steve McQueen qui interprète le rôle principal et qui n’était pas encore la star internationale qu’il allait devenir par la suite.

Baby Blood, film français réalisé par Alain Robak en 1990.

La jeune maitresse du directeur d’un cirque itinérant s’ennuie et attend qu’il lui arrive quelque chose dans la vie. Cela ne tarde guère, car une drôle de chose s’insinue dans son ventre. Yanka est enceinte d’un petit être très exigeant qui parle, qui a faim et soif de sang!

Le film d’Alain Roback, qui suit la tragique aventure de Yanka interprétée par une jeune Emmanuelle Escourrou, développe une histoire bien gore et prenante dans laquelle les personnages masculins apparaissent comme bien plus dangereux pour Yanka que la créature qui l’habite. Bien que peu connu, le film est une des œuvres cultes du cinéma d’horreur français et mérite largement d’être visionné. En 2008, le réalisateur Jean-Marc Vincent donnera une suite au film, Lady Blood, dans laquelle Emmanuelle Escourrou reprend son rôle de Yanka devenue une policière. Cependant, ce film est beaucoup moins réussi et gore que l’œuvre originale d’Alain Robak.

Killer Sofa, film américain réalisé par Bernie Rao en 2019.

Un fauteuil, possédé par l’esprit d’un dibbouk et obsédé par une jeune femme, Francesca, tue tou.te.s c.eux.elles qui s’approchent d’elle, tandis qu’un duo de policier.e.s cherche à découvrir la vérité.

Après des films comme Black Sheep de Jonathan King (2006) ou encore l’excellent Deathgasm de Jason Lei Howden (2015), la Nouvelle-Zélande, patrie du grand Peter Jackson(4), réalisateur culte déjà bien avant la trilogie de Le Seigneur des anneaux (je tenais à le préciser), nous offre cette nouvelle production, mais malgré une photographie belle et soignée, le film se perd, malheureusement, dans une narration confuse et molle.

L’Attaque des Tomates tueuses aka Attack of the Killer Tomatoes !, film réalisé par John De Bello, en 1978.

Un groupe de scientifiques unissent leur force et leur « intelligence » pour sauver le monde de tomates mutantes féroces.

Comédie loufoque, parodiant les films de SF d’invasions extraterrestres, le film aux suites multiples(5) est devenu culte. Rappelant les films parodiques du trio Zucker-Abrahams-Zucker, l’histoire n’hésite pas à nous montrer toute l’incompétence des institutions scientifiques, médiatiques, militaires et surtout politiques à gérer et à résoudre une crise (et dans cette phrase, toute allusion à une situation réelle ne serait que pur hasard…). Malgré son côté mal fichu et l’utilisation des nombreuses scènes de panique dont la seule raison d’être est celle de rallonger la durée du film, par un montage serré et en utilisant le hors-champs, le film rend bien l’impression de dangerosité de ces tomates et rend crédible, d’une manière étonnante, cette invasion improbable de tomates tueuses.

Les Clowns Tueurs venus d’ailleurs aka Killer Klowns from Outer Space, film américain réalisé par Stephen Chiodo en 1988.

Une météorite portant en elle des clowns assoiffés de sang tombe sur la Terre. La bande de clowns commence alors à tuer tou.te.s les habitant.e.s d’une petite ville à coups de gags mortels.

Le film, qui reprend une trame initiale similaire à celle de Danger planétaire/ The Blob (1958)(6), est caractéristique de nombreuses œuvres cinématographiques des années 80 qui mettent en scène des créatures à l’allure grotesque(7), mais qui se révèlent être très dangereuses. Ainsi, dans ce classique du cinéma d’horreur des années 80, ce décalage entre leurs apparences ridicules et leurs comportements meurtriers, rend encore plus terrifiants ces personnages de clowns venus d’ailleurs.

Si vous êtes curieu.ses.x d’en apprendre plus sur le film, regardez le vlog de Mister Culte consacré au film en cliquant ici.

One-Eyed Monster, film américain réalisé par Adam Fields en 2008.

Une petite équipe de films pour adultes se rend dans un chalet afin de tourner quelques scènes. Ron Jeremy, l’acteur principal, est célèbre en raison de la taille démesurée de son pénis. Alors qu’il est seul dans la forêt, une étoile filante tue Ron. Mais son organe génital, désormais possédé par un alien assoiffé de sexe, se détache et prend vie. C’est le début d’un carnage sans nom.

Avec un pitch pareil, les spectat.eur.rice.s auraient pu s’attendre à une comédie horrifique potache, mais il n’en est rien puisque les auteurs du film, malgré la présence de moments d’humour, jouent la carte de l’horreur sérieux. Et, avec cette histoire de huis clos en plein climat glacial où le héros est un personnage afro-américain, on peut penser que les deux chefs-d’œuvre que sont La Nuit des Morts-vivants de George A. Romero (1968) et The Thing de John Carpenter (1982), ne sont pas très loin dans l’esprit du réalisateur. Malheureusement, le film qui voit la participation de Charles Napier, Amber Benson et de deux vétérans du cinéma pornographique, Ron Jeremy et Veronica Hart, misant essentiellement sur le hors-champs et ne montrant que très peu la « créature », ne réussit pas à se mettre au niveau de ces deux classiques du cinéma d’horreur(8).

Exte: hair extension aka Ekusute, un film japonais réalisé par Sion Sono en 2007.

Lors d’une inspection, des agents des douanes découvrent le cadavre d’une jeune femme dont la chevelure continue de croître. Cet étrange phénomène n’échappe pas au gardien de la morgue qui entreprend de fabriquer des extensions pour les revendre aux salons de coiffure. Mais tous ignorent que ces extensions, douées d’une vie propre, sont muées par des pulsions meurtrières. Accompagnée de sa nièce, une apprentie coiffeuse va tenter de démêler le mystère avant que d’autres décès ne surviennent.

Encore une fois, le cinéma d’horreur japonais sert d’exutoire à la vengeance de ces fantômes féminins japonais si présent.e.s dans la culture nippone. Et, cette fois-ci, ce sont des cheveux qui servent d’instruments de vengeance à laquelle Yuko, jeune apprentie coiffeuse interprétée par l’actrice Chiaki Kuriyama, tente d’y échapper, alors qu’un étrange personnage, un gardien de morgue complètement déjanté et fétichiste des cheveux, superbement interprété par le regretté Ren Osugi, s’intéresse dangereusement à elle.

Si vous voulez en savoir plus sur le film, n’hésitez pas à consulter l’article que notre grande spécialiste des fantômes de l’Asie lui à consacré en cliquant ici.

Street Trash, film américain réalisé par Jim Muro en 1987.

Fred et Kevin sont deux adolescents paumés qui vivent dans une décharge, au royaume des clochards. Par misère ou méchanceté, tous ceux qui gravitent autour du bidonville leur en veulent et essaient d’avoir leur peau, sans compter un alcool frelaté qui transforme les buveurs en une flaque de bouillie jaunâtre.

Dans une Amérique du « président-cowboy » Ronald Reagan dont la politique (non) sociale a appauvri de nombreu.ses.x Américain.e.s et les a jeté.e.s à la rue, le film de Jim Muro, sorte de version trash de Affreux, sales et méchants(9) met en scène une belle brochette de personnages “clochard.e.s” complètement déjanté.e.s, grotesques et dépourvu.e.s de toute moral, déglingué.e.s par la misère, l’alcool frelaté et les retombées psychologiques de la guerre du Vietnam. Et comme toute cette misère ne suffisait pas, tout ce joli monde devra faire face à la substance tueuse qui, en faisant littéralement fondre c.eux.elles qui la boivent, offre aux spectat.eur.rice.s certains moments gores les plus mémorables du cinéma d’horreur des années 80 et contribue à faire du film une œuvre culte.

Killer Tongue aka La Lengua asesina, un film espagnol réalisé par Alberto Sciamma en 1996.

Une météorite s’écrase sur la Terre et provoque des mutations irréversibles. Son impact transforme des caniches en drag-queens et dote une cambrioleuse d’une immense langue tueuse.

Le film du réalisateur espagnol est une excellente comédie horrifique. Robert Englund, le mythique interprète de l’horrible Freddy Krueger(10), joue à merveille le rôle d’un chef de pénitencier sadique et bipolaire, qui torture les prisonniers autant qu’il les choie face à une Melinda Clarke, déjà actrice dans le film d’horreur Le Retour des Morts-Vivants 3 de Bryan Yuzna (1993), transformée en une créature à la fois sexy et dangereuse qui se retrouve dotée d’une langue tueuse « bavarde » qui n’a pas, justement sa langue dans sa poche.

Killer Condom aka Kondom de Grauens, film allemand réalisé par Martin Walz en 1996.

Un préservatif bien vivant et à la mâchoire acérée sème la panique dans les bordels de la ville de New York. Le détective Lugi Mackeroni, habitué des lieux mal famés, en sait quelque chose.

Avec un titre comme celui-ci, le film du réalisateur suisse peut porter à sourire, mais la mise en scène de Martin Walz s’avère soignée et l’intrigue intéressante, avec assez d’effets gore pour satisfaire la demande et pour que les spectat.eur.rice.s se passionnent pour les tribulations de l’inspecteur Luigi Mackeroni, un immigré sicilien, homosexuel, taciturne et cynique qui tente de découvrir la vérité sur cette histoire improbable de préservatifs tueurs. Mais, pour le réalisateur, le film est en fait un prétexte qui lui permet de développer un discours contre les fanatismes religieux et en faveur de la Tolérance et de fait, s’avère tout à fait adapté au catalogue du studio de la Troma qui le distribue.

Teeth film américain réalisé par Mitchell Litchenstein en 2007.

Dawn est une adolescente qui essaie tant bien que mal de contenir sa sexualité naissante en étant une des membres les plus actives du club de chasteté de son lycée. Étrangère à son propre corps, la prude découvre que son vagin a la particularité d’avoir des dents…

À travers le personnage de Dawn, jeune lycéenne ayant fait vœu de chasteté, le réalisateur pointe du doigt les discours culpabilisants que nos sociétés et les religions adressent aux jeunes et plus particulièrement aux jeunes femmes, essayant de les convaincre que leur corps ne leur appartient pas, mais au contraire, qu’il est quelque chose de dangereux pour elles et destiné à servir des causes beaucoup plus « nobles » comme celle du Divin à travers la procréation ou celle des hommes/mâles qui en possédant le corps des jeunes femmes deviendront finalement de vrais “hommes”(11). Ainsi, dans le film, alors que la jeune femme lutte contre les sentiments et les désirs sexuels qui apparaissent naturellement lors de la puberté, les personnages masculins n’ont de cesse de vouloir abuser du corps de la protagoniste qui ne leur apparaît que comme un objet sacré, mystérieux à conquérir ou simplement comme un sujet de pari. Cependant, le réalisateur donne cette fois-ci, une bonne raison aux hommes d’avoir peur du corps des femmes et en même temps rééquilibre les violences qui leur sont faites. Une histoire que l’on pourrait résumer par une expression issue de l’Ancien Testament; “œil pour œil, dent pour dent” ces mêmes dents qui affublent le vagin de l’héroïne.

Notes :
(1) Basket Case (1982), Basket Case 2 (1990), Basket case 3: The Progeny (1992).
(2) The Toxic Avenger co-réalisé avec Michel Herz (1985), The Toxic Avenger, part II (1989), The Toxic avenger, Part III: The Last Temptation of Toxie (1989), Tromeo and Juliet (1996).
(3) La suite Attention au blob ! (Beware! The Blob) de Larry Hagman (1972) et le remake Le Blob (The Blob) de Chuck Russell (1988).
(4) Réalisateur de films d’horreur gore devenus cultes tel que Bad Taste (1987) ou encore Braindead (1992).
(5) Le Retour des Tomates Tueuses de John De Bello (1988), Les Tomates tueuses contre-attaquent de John De Bello (1990).
(6) Une ou plusieurs créatures arrivent de l’espace, des jeunes gens qui sont les témoins de l’invasion, la police qui ne les croit pas.
(7) Gremlins de Joe Dante (1984), Ghoulies de Luca Bercovici (1985) ou encore Critters de Stephen Herek (1986).
(8) La Nuit des Morts-vivants de George A. Romero (1968) est le film fondateur du cinéma d’horreur moderne, The Thing de John Carpenter (1982), remake du film La Chose d’un autre monde (The Thing from Another World) de Christian Nyby et Howard Hawks (1951), est un des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma fantastique. 
(9) Affreux, Sales et Méchants (Brutti, Sporchi e Cattivi), film italien réalisé par Ettore Scola (1976).
(10) Le tueur psychopathe protagoniste de Les Griffes de la Nuit (A Nightmare on Elm Street) de Wes Craven (1984) et des nombreuses suites et remakes.
(11) Voir le mythe du Vagina dentata évoqué dans le film.

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