Le cinéma de genre des années 80 : comme un goût de nostalgie

Les années 1980, la fin de la revendication mise en place par le mouvement de mai 68, mais le début d’une nouvelle rébellion. La télévision et la musique prennent certes une place importante dans les foyers, cependant le domaine le plus fulgurant de cette époque sera sans doute le cinéma et particulièrement le cinéma de genre.

La jeunesse se hâte dans les salles de cinéma, par bandes de copain.ine.s ou entre amoureux.ses, afin de découvrir cette sensation nouvelle, le frisson.
Bien que l’épopée « Spielbergienne » a tendance, durant cette période, à prendre le dessus dans les box offices, un bon nombre de réalisateurs voient leur popularité grimper. Le Nouvel Hollywood fait alors son apparition, en cassant les codes classiques du cinéma. Et c’est le cinéma de genre qui en sort vainqueur.

Alors qu’avec l’E.T., l’extra-terrestre de Steven Spielberg, sorti en 1982, la larmichette n’était pas loin, du fait de l’histoire racontée mais également de par la musique orchestrale de John Williams – avec le cinéma des années 80, la musique devient plus moderne. Le heavy metal et les synthétiseurs sont les grandes stars et et les discours se veulent plus politiques. Suivant les pistes déjà proposées par George A. Romero et ses zombies, John Carpenter fait une critique sanglante du capitalisme américain. Dans l’adaptation qu’il en fait de Christine sorti en 1983, une voiture prend vie et devient possessive tuant tous ceux et celles qui osent s’approcher de son propriétaire. Avec New York 1997 en 1981, il dépeint une société véreuse tandis que dans Invasion Los Angeles en 1988, une paire de lunettes permet de voir la réalité telle qu’elle est dans un monde léthargique où l’humain est condamné à « obéir » à des extraterrestres.

L’impact culturel a alors son importance. La VHS née à la fin des années 70 et représente pour les adolescents et leur famille, une partie importante dans leur quotidien. Après avoir vu, au cinéma, un film qui les a passionné.e.s et terrorisé.e.s à la fois, ils peuvent le revoir chez eux. Et c’est grâce à cet objet prépondérant que les liens sociaux se resserrent. Un objet qui reste encore au jour d’aujourd’hui comme un concept dit « culte ».
Et qui dit culte dit Gremlins sorti en 1984. Effectivement, Joe Dante offre au public une œuvre indéfinissable. Celle d’un mogwai, un petit être étrange et fort adorable qui a cependant la capacité, si on ne suit pas certaine règles, de se transformer en bête drôlement répugnante. Dans cette lignée de bêtes à la fois drôles et abominables, on y découvre des productions sympathiques : Critters de Stephen Herek en 1986, des créatures poilues venant de l’espace ou encore Ghoulies de Luca Bercovici en 1985, nous montrant des petits êtres sortis tout droit d’un livre de sorcellerie.

Les « slashers » naissent alors à cette époque. Ce sous genre cinématographique a pour principe de mettre en scène des meurtres commis par un serial killer ou un tueur psychopathe et s’attaquant tout particulièrement à des groupes d’adolescents. C’est ainsi que les sagas font ainsi leur apparition : celle de Freddy Krueger, A Nightmare on Elm Street de Wes Craven, met en scène un personnage hideux, brûlé vif, qui hante les rêves d’adolescents pour les tuer. Dans Vendredi 13 de Sean S. Cunningham, Jason Voohrees venge sa mère tuée au camp de Crystal Lake et cache son monstrueux visage avec un masque de Hockey. Micheal Myers dans la saga Halloween créée par John Carpenter, est quant à lui un tueur psychopathe immortel qui prend un malin plaisir à tuer des adolescents s’adonnant à des plaisirs coupables. D’autres sagas moins importantes mais tout aussi codifiées seront mis en avant. Amytiville, la Maison du Diable de Stuart Rosenberg met en scène une maison démoniaque dans laquelle un père de famille, pris de démence, tue femme et enfant. Dans Evil Dead, la saga de Sam Raimi, le mythique Ashley Williams trouve le « Nécronomicon » ou « Livre des Morts » et se retrouve possédé par un puissant démon.

Par-delà cette désignation de saga, il s’agit avant tout de suites qui, la plupart du temps, se retrouvent être nombreuses et inutiles pour l’histoire de l’œuvre, mais qui restent pour les fans, un moment de pur plaisir. Massacre au camp d’été aka Sleepaway Camp de Robert Hiltzik compte par exemple trois suites, s’étalant de 1983 à 2008. Ou Le Bal de l’horreur aka Prom Night de Paul Lynch, de 1980 à 2008.

C’est d’ailleurs ce qui déterminera ce mouvement. Une esthétique kitch dans laquelle la couleur et les effets spéciaux peu racoleurs prédominent. Les scénarios se suivent et se ressemblent, des adolescents sortent avec leur bande de copain.ine.s et décident par le bouche à oreille de s’aventurer dans des lieux dits « hantés » et se retrouvent sous l’emprise d’êtres démoniaques ou de tueurs psychopathes. Une tête coupée, un bras virevoltant dans toute la pièce, un jet de sang aussi rouge qu’une tomate. C’est cette ambiance extravagante qui fait de cette décennie, une des périodes la plus nostalgique du cinéma de genre.

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