Star Trek: Picard, l’humanisme face au déclin d’une civilisation – avis du premier épisode

Réalisé par Alex Kurtzman, Star Trek: Picard est une série télévisée de science-fiction américaine inspirée de l’univers créé par Gene Roddenberry.

Cette nouvelle série de l’univers Star Trek offre une suite à la série et aux films Star Trek: Next Generation.

Plusieurs dizaines années se sont écoulées depuis que le Commander Data, membre émérite androïde de l’équipage de l’Enterprise, a offert sa vie pour sauver ses ami.e.s. La Fédération semble avoir sombré dans une société médiatique et anti formes de vie synthétiques. Un véritable recul quant aux valeurs prônées par la Fédération des origines dans laquelle toutes formes de vie se voulaient égales devant la justice et l’éthique.

L’humaniste Amiral Jean-Luc Picard vit sereinement dans son manoir en France, situé dans le petit village de La Barre quand une interview vient perturber sa tranquillité. Plus tard, une jeune femme ayant survécu de peu à une attaque d’individus cagoulés mystérieux, le rejoint pour lui expliquer qu’elle semble le connaître bien qu’elle n’ait jamais eu l’occasion de le rencontrer.

Intrigué et inquiet du bien-être de cette jeune femme, Jean-Luc Picard part enquêter sur cette étrange rencontre. Arrivé aux archives de la Fédération, il y trouve un tableau du Commander Data représentant cette jeune femme. Le titre de l’œuvre étant Daugther, notre bon Amiral Picard se met en tête de l’aider et de la protéger des assassins lancés à sa poursuite.

Cette nouvelle série diffère évidemment de l’ancienne série plus kitch dans l’action et axée sur un dialogue presque théâtral et philosophique constant. Néanmoins, si les scènes d’action de Star Trek: Picard sont nombreuses et dynamiques, et les effets spéciaux d’une grande qualité, la série ne perd pas pour autant son côté humaniste. Patrick Stewart, à lui seul, transforme son environnement en une ode à l’espoir et à la liberté. Âgé, fatigué, seul et ayant quitté la Fédération après la guerre contre les synthétiques, il reste le philosophe qu’on a connu : même si les synthétiques ont détruit la colonie martienne et que les ressources de la Fédération ont été utilisées pour porter secours aux Romuliens (une civilisation à tendance belliqueuse n’appartenant pas à la Fédération), le choix de leur venir en aide était juste. Contre sa société galactique maintenant polarisé entre le « bien » et le « mal », cet homme rappelle que toute situation est bien plus complexe qu’il n’y paraît et qu’un choix allant dans le sens du respect et de la préservation de la vie sous toutes ses formes reste le plus éthique et donc le meilleur. Même si ce choix a malheureusement causé la mort et la destruction…

Picard se montre totalement contre l’utilitarisme et la médiatisation d’un système politique et sociale ayant perdu le sens du devoir et du « juste ». Puisqu’il refuse le cadre qu’on lui impose, il se réveille d’une « longue attente vers la mort » dans son manoir français pour agir enfin. Préférant partir seul contre tous avec la volonté de changer les perceptions des nouvelles générations, et de garder espoir en une possible harmonie entre les êtres de chairs et les synthétiques, Jean-Luc Picard se rappelle qu’il se dressera toujours contre toutes formes de racisme et de discrimination, il sait bien qu’on ne peut pas juger un individu sur des événements passés ou sur des origines particulières.

La série Star Trek: Picard sublime son personnage, Jean-Luc Picard, en le plaçant dans un environnement beaucoup moins accueillant et tolérant que celui décrit dans Star Trek: Next Generation, rendant sa célèbre répartie et ses arguments encore plus puissants. Bien qu’il n’ait plus d’individus sous son commandement, sa force de caractère ne s’en trouve aucunement ébranlée. Jean-Luc Picard n’est pas un héros cascadeur à la force physique puissante, mais un philosophe du futur dont l’esprit noble et son intelligence bienveillante manquaient grandement aux nouvelles œuvres audiovisuelles.

Puisqu’une œuvre dépend en grande partie du contexte politique, sociale et économique de son époque de création, Star Trek: Picard rappelle la trame de la célèbre saga de jeux vidéo Mass Effect.

La thématique de l’intelligence artificielle et de son acceptation dans une société constituée en plus grand nombre d’êtres faits de chair et de sang revient sur le devant de la scène à l’heure où un bon nombre de nos sociétés post-modernes frôlent l’exclusion sociale et le racisme par la faute d’un système économique de plus en plus austère et une médiatisation de masse polarisée à outrance. Une magnifique mise en scène des scénaristes travaillant sur ce projet. Utilisant l’art comme une critique, cette équipe a fait de Star Trek: Picard une série pleine de bons sentiments et de combats contre l’injustice d’un système politique fort qui se retrouve, un beau jour, dans le « faux ».

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