Re : Mind, du ijime à la torture psychologique ?

Faisant encore une fois preuve d’une originalité angoissante, le cinéma japonais nous offre Re : Mind (2017) de Furukawa Go, Ishida Yusuke et Uchikata Akira, un drama Netflix dérangeant qui met en scène onze jeunes lycéennes prisonnières d’un jeu d’enquête sur la thématique du harcèlement scolaire, de la justice, et des réseaux sociaux. Loin du gore de Battle Royal (2000, Kinji Fukasaku) et de l’humour de Sayonara Zetsubou Sensei (2007, Studio SHAFT), le J-drama Re : Mind est à classer dans le domaine du thriller en huis clos particulièrement WTF. Des lycéennes appartenant à la même classe se réveillent assises et attachées autour d’une table, une cagoule rouge autour de la tête. Elles vont alors devoir réfléchir aux raisons qui les ont amenées dans cette mystérieuse pièce, si elles espèrent pouvoir être relâchées un jour…

Commençant par un générique aux sonorités étranges, Soredemo Aruiteru de Keyakizaka46 (le groupe d’idoles dont les actrices jouent leurs propres rôles dans la série), Re : Mind débute et finira autour d’une large table, à l’intérieur d’une salle décorée où « tout doit rappeler quelque chose » à ces jeunes filles. Des événements étranges, des objets et des tweets sur leurs téléphones cherchent à les faire se souvenir de quelque chose d’important. Cette chose qui les a conduites ici. Les jeunes filles ont les pieds attachés et sont dans l’impossibilité de bouger de leurs chaises. Des plans autour et dessous de la table, des protagonistes en train d’épier les murs et la décoration de la pièce vont alors se succéder, doublés à des flash-back des onze filles et sur leurs agissements avant leur arrivée dans cet endroit angoissant. Une seule chose est certaine : la situation semble être liée à une jeune fille manquante, celle qui aurait dû occuper le douzième siège, une dénommée Miho, fille de riches et ancienne leadeuse de groupe #JusticeParfaite devenue handicapée à la suite d’une altercation avec une membre de sa classe et actuellement disparue de la circulation.

Qui a poussé Miho ? Qui a réellement détruit les vies des victimes de #JusticeParfaite ? La victime est-elle en fait le bourreau ? Les conséquences de leurs actes se sont-elles retournées contre ces jeunes filles selon la dure loi du karma ?

Ce drama n’en finit pas de questionner le spectateur en même temps que ces lycéennes qui apprennent petit à petit les raisons de leur présence dans cette mystérieuse salle. Victimes au premier abord, elles apparaissent comme des justicières d’un jour, des harceleuses et des langues de vipères entre elles. Des jeunes femmes qui, en ayant la conviction de faire le bien au départ, ont poussé un grand nombre de personnes à bout. Dénonciations calomnieuses, justice rendue de manière arbitraire, dégradations et violences se révèlent petit à petit dans leurs discours. Les soi-disant victimes ne sont pas si innocentes que ça. L’intrigue en devient si puissante qu’il est difficile pour le spectateur de ne pas regarder cette série en un coup. Préparez vos pizzas, votre plaid et votre thermos de chocolat chaud, c’est parti pour une session Re : Mind !

Néanmoins, même si les révélations vont bon train, il y a dans Re : Mind un peu d’ennui tant la série tire en longueur. Rien de trop surprenant n’apparaît ou ne se profile à l’horizon. Le seul but de cette série étant de savoir qui a orchestré toute cette mise en scène et pourquoi. C’est d’ailleurs la raison principale qui fait que le spectateur reste accroché à la série jusqu’au bout.

Une morale ? Malheureusement, il n’y en a pas. Comme dans beaucoup de films du cinéma japonais (on peut citer Rétribution de Kiyoshi Kurosawa), chaque personnage de l’univers de Re : Mind est juste soumis à la balance du karma et doit faire face aux conséquences de ses actes, que leurs volontés aient été bonnes ou mauvaises, seules les conséquences sont réelles et perceptibles dans ce monde. Bien qu’on pourrait y percevoir une critique contre l’Ijime ou l’intimidation (harcèlement scolaire) très répandu chez les jeunes japonais, il s’agit plus d’un élément de background pour mettre en scène une situation angoissante et complexe dans les relations qu’établissent ces lycéennes entre elles et une façon de mettre en scène la loi du karma qui rebondira sur nos protagonistes.

Cette série rappelle AKB Horror Night dans laquelle des idoles jouent aux actrices en surfant sur le succès de leur girls bands, l’horreur étant au Japon un bon moyen de se démarquer et de se faire connaitre. Des idoles qui n’étant pas dans le domaine de l’acting de base se débrouillent plutôt bien !

Cette série est actuellement disponible sur Netflix.

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