Notre bibliothèque de genre !

L'association Three Mothers Films met en place une petite bibliothèque de livres sur le cinéma de genre et la pop culture pour permettre aux étudiant·e·s dans le domaine du cinéma et aux intéressé·e·s de se renseigner sur place et gratuitement (en consultation) sur les techniques et le monde du cinéma et du documentaire.

Article mis en avant

Avatar : l’encyclopédie de Huginn & Muninn, voyage dans le monde des Na’vi

Aujourd’hui Three Mothers Films revient pour parler encore une fois d’Avatar, la voie de l’eau, non pas du film en lui-même mais plutôt de la fabuleuse encyclopédie parue aux éditions Huginn & Muninn en 2022. Les fans du deuxième film et de la saga en général peuvent se réjouir étant donné qu’il s’agit ici d’un merveilleux ouvrage à placer dans sa bibliothèque de cinéphile. Commençant par une préface de Sigourney Weaver, on se rend vite compte que l’encyclopédie est à la hauteur des attentes des fans de la saga Avatar. Tout d’abord, il est utile de préciser que l’ouvrage en lui-même est magnifique, à l’image de l’ensemble du catalogue de Huginn & Muninn. On navigue de manière fluide entre les 130 pages de ce petit bijou richement illustré et avec une profusion de détails plus que complets. Loin d’être une encyclopédie basique qui se contente juste de nous raconter des détails de tournages de films ou bien de résumer l’ensemble de l’œuvre, Huginn & Muninn fait le choix de s’entourer de l’équipe du film pour peaufiner sa rédaction. Ainsi on se retrouve face à un livre qui constitue le must have pour tous les fans de Na'vi. Au travers de la lecture, on découvre (voir on redécouvre pour certain·e·s) le monde complexe et fourni de James Cameron, en 7 chapitres qui proposent d'apporter de nombreuses connaissances sur la famille Sully, le clan Omatikaya, la RDA, le programme Recom , le clan Metkayina et bien d’autres.

The Unborn, punk, horreur et politique

Rencontré sur une petite île lors du Lampedusa Infestival (organisé le collectif Askavusa), un festival alternatif en résistance contre le traitement inhumain des migrant·e·s venu·e·s en Europe depuis la Méditerranée, The Unborn est un groupe de street punk italien formé en 2015. C'est durant la projection de notre documentaire vivant Travail et Immigration sur la face d'une montagne, et autour d'un nombre incalculable de cafés que la rencontre avec The Shape, le chanteur de The Unborn, a eu lieu. Elle constitue encore aujourd'hui une magnifique surprise, une coïncidence engagée et engageante qui nous a marqué de façon indélébile. Leurs inspirations entre hard rock et films de genre, en particulier le Giallo, l'horreur ainsi que la science-fiction post-apocalyptique a resonné avec le projet Three Mothers Films, et notre lutte commune pour la tolérance a permis une chaleureuse camaraderie. The Shape a accepté de répondre à nos questions !

Junji Ito Maniac, une anthologie macabre du J-horror en animation

Réalisée en 2023 par Shinobu Tagashira, Junji Ito Maniac nous offre des histoires étranges, des légendes urbaines dérangeantes et des contes gores sortis de l'imaginaire fertile et lugubre de l'un des maîtres japonais de l'horreur, Junji Ito. Le Studio Deen adapte une vingtaine de récits du célèbre mangaka en 12 épisodes, parmi lesquels on peut trouver Tomie, Soïchi ou encore La Femme qui chuchote. Entre body horror, détresse psychologique, malédictions et histoires de fantômes, cette anthologie signe le retour magistralement terrifiant de l'artiste, créateur de Uzumaki et Gyo, dans le monde de l'audiovisuel.

The Sadness, un carnage épidémique

The Sadness aka 哭悲 (Rob Jabbaz, 2021) est un film d'horreur taïwanais mettant en scène une épidémie qui transforme les citoyen·ne·s en infecté·e·s avides de sang et de sexe. Ce récit, issu de la bande dessinée américaine Crossed (initiée en 2008 par Garth Ennis et Jacen Burrows), nous conte les mésaventures d'un jeune couple qui tente de survivre à cette contagion dévastatrice. Kat et Jim, séparé·e·s durant les prémisses sanguinolentes de ce fléau, découvrent peu à peu une ville en proie à la brutalité, au viol et au cannibalisme...

The Medium, un fake documentaire sur les esprits thaïs et les malédictions karmiques

The Medium aka ร่างทรง (Banjong Pisanthanakun, 2021) est un film d'horreur thaïlandais et sud-coréen de type faux documentaire anthropologique sur le folklore de la région de l'Isan au nord-est de la Thaïlande. Produit par Na Hong-jin, connu pour ses thrillers horrifiques The Chaser (aka 추격자 en 2008) et The Strangers (aka 곡성 en 2016), ce métrage nous propulse aux côtés d'une équipe de documentaristes thaïlandais cherchant à documenter le quotidien d'une médium locale du nom de Nim. Les croyances thaïes étant issues d'un syncrétisme religieux qui mêle un animisme ancien avec un bouddhisme theravāda introduit au  ve siècle sous influence birmane, Nim cumule à la fois le statut de chamane (pouvant communiquer avec les phii, ces esprits thaïs, et la figure de la guérisseuse (ayant la capacité de lever les malédictions, donner des bénédictions et ainsi guérir les blessures de l'âme et le mauvais karma). Dans le système de représentations nord-thaïlandais, tout possède une âme : les esprits des plantes, animaux et humain·e·s sont relativement autonomes et indépendants des corps qui les abritent.

Gliitch, le bug sous toutes ses formes

Je tiens à le dire tout de suite, je ne suis pas un énorme fan en général de ce sous-genre qu’est le found footage, simplement par pur affinité artistique mais aussi selon mes goûts. Loin de moi l’idée de faire mon fermé d’esprit bien entendu, j’ai tout de même regardé pas mal de films dans cette veine-là, que ce soit les [•REC], Blair Witch, VHS et autres joyeuseté du genre. Lorsque j’ai entendu parler de Night Shot (Hugo König, 2018), diffusé en exclusivité sur Shadowz, je me suis jeté dessus assez rapidement. Il faut dire que le postulat de base était alléchant : une production française indépendante menée par un réalisateur créatif nous proposant comme film un unique plan séquence. Si le film n’est pas exempt de défaut, force est de constater que le défi lancé par ce réalisateur fut à la hauteur du résultat : une ambiance oppressante au possible, une atmosphère glauque qui fonctionne tant le sanatorium fut utilisé dans toute sa complexité en termes de mise en scène. Il faut dire que mon excitation fut assez grande lorsque l’on m’a proposé de découvrir pour Three Mothers Films, le tout nouveau travail de Hugo König, intitulé Gliitch. On est ici encore face à une production quasiment indépendante, avec une approche cette fois-ci différente. Adieu l’unique plan séquence, le réalisateur revient cette fois-ci avec une nouvelle approche technique au travers d’une mise en scène plus « classique » : l’exploration du glitch, phénomène audiovisuel au travers duquel Hugo König va y insérer une dimension psychologique.

Dark, voyages dans le temps et philosophie

La série allemande Dark (Baran Bo Odar et Jantje Friese, 2017) est une série de type mystery box racontant l'histoire d'une famille de Winden, un petit village allemand, à travers trois dimensions sur plus de 150 années. Cette famille tire ses origines de voyages dans le temps dans une élégante réponse au « paradoxe du grand-père » puisque les show runners de la série se servent de ce trope comme d'un outil scénaristique pour créer une boucle temporelle complexe que les protagonistes chercheront sans cesse à démêler. Contrairement à beaucoup d'autres séries de type mystery box, Dark n'apporte pas de réponse à ces intrigues, avec plus de questions et pas de dénouement satisfaisant, dans une écriture uniquement basée sur le twist facile. Dark a été écrite à l'avance, et non pas au fur et à mesure avec une cohérence globale et des thématiques profondes et pas seulement du mystère pour le mystère.

Avatar : la voie de l’eau – Plus loin, plus beau, plus fort

En 2009, James Cameron éblouissait une fois de plus le monde avec Avatar, remarquable fable animiste interrogeant notre rapport à la nature dans un geste lyrique et universel qui fit date. Une œuvre charnière pour le cinéaste qui remit au goût du jour une 3D tombée en désuétude depuis belle lurette et qui affola non seulement les mirettes et le cœur du public mais également les chiffres du box-office mondial. Ces derniers lui ayant permis de poursuivre l'aventure de sa saga, il aura fallu attendre 13 ans pour que la suite d'Avatar voit enfin le jour. Dire que l'attente en valait la peine relève du doux euphémisme tant le résultat pulvérise et dépasse tous les espoirs.

Nelson R Draegon, un réalisateur aux références intemporelles

Court-métrage de science-fiction horrifique, Space Monster est un film d'une durée de 33 minutes réalisé en autoproduction. Il soutient une mise en scène plus originelle du cinéma d'horreur aux effets spéciaux en grande partie réalisés sans l'intégration du numérique, allant jusqu'à reprendre l’effet de titrage de la séquence d’ouverture du film The Thing de 1951 et 1982 ou encore la technique de la demi-bonnette (double focale consistant à faire le point sur deux éléments différents de l'image) notamment utilisée par Brian de Palma et Quentin Tarantino. Nelson R Draegon et son équipe rendent ainsi hommage au cinéma de genre, et plus particulièrement aux films de science-fiction des années 1950 et aux slashers des années 1980.

Cobra : la vie de Marion

En 1986, Sylvester Stallone sort des cartons successifs de Rambo II (Georges Pan Cosmatos) et Rocky IV (Sylvester Stallone). L'étalon italien est alors le roi du pétrole et a les coudées franches à Hollywood pour faire à peu près tout ce qu'il veut. Flashback. Lors de la production de Le Flic de Beverly Hills (1984), Stallone est envisagé pour y tenir le rôle principal (qui sera finalement décroché par Eddie Murphy). L'acteur décide alors de remanier le script à sa sauce, le rendant beaucoup plus violent et sombre que dans sa version originale. Ce scénario ne sera cependant pas adoubé par la production et l'acteur se verra écarté du projet. Qu'à cela ne tienne, notre homme le ressortira du tiroir deux ans plus tard pour en écrire la version qui sera utilisée pour Cobra.

Sorgoï Prakov ou le fantasme du snuff movie

Sorgoï Prakov, un jeune journaliste originaire de la Sdorvie, pays imaginaire situé entre la Russie et la Biélorussie, est commandité par ses producteurs pour faire le tour des capitales européennes et montrer « le rêve européen ». Il débute son périple à Paris, la ville lumière, et de ses monuments les plus célèbres. Mais rapidement, la visite de la capitale française semble piétiner et entrer dans une routine malsaine faite de rencontres superficielles et de fêtes nocturnes mondaines où l’alcool coule à flots. Les mésaventures se multiplient et lorsque les producteurs ne donnent plus de nouvelle à Sorgoï et le laissent bientôt sans argent, le rêve vire rapidement au cauchemar. Obstiné malgré tout à finir son reportage alors que la police de son pays le recherche, Sorgoï continue à filmer son périple parisien, mais à fur et à mesure que son budget diminue, le jeune journaliste sdorvien est obligé de « quitter » le Paris huppé, sombrant de plus en plus dans la marge tant d’un point de vue économique que d’un point de vue psychologique. Sorgoï entame alors une odyssée de violence et d’horreur.

Des monstruosités dévoilées dans Le Cabinet de curiosités à Pinnochio, une fable revisitée par Guillermo del Toro

Le Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro est une série anthologique constituée de huit contes d'épouvante. Dans la lignée de Chair de poule, l'œuvre nous dépeint un ensemble de cauchemars étranges et de situations macabres dans lequel le fantastique possède une place liminaire. Au sein de cette collection d'atrocités répugnantes et viscérales visuellement varié selon la griffe des 8 artistes différent·e·s à la réalisation (Ana Lily Amirpour, Panos Cosmatos, Catherine Hardwicke, Jennifer Kent, Vincenzo Natali, Guillermo Navarro, David Prior et Keith Thomas), les ignominies fantasmagoriques d'un folklore maudit se mélangent aux horreurs réelles de l'histoire humaine. Entre critique du fascisme, avidité dévorante ou encore deuil d'un enfant, les "méchancetés" et les traumatismes de ce monde se métamorphosent en chimères funèbres prêtes à dévorer tout ce qui se trouve sur leur chemin. Un retour sur cette anthologie horrifique vous est proposé par les membres de la rédac' !

L’Étrange Festival de Clermont-Ferrand, un évènement arverne sanglant et jouissif

Il faut le dire, le cinéma de genre français ne s’est jamais aussi bien porté que depuis ses dernières années, on assiste en outre à une myriade de nouveaux festivals tous aussi intéressants les uns que les autres, rassemblant des milliers de fans venu·e·s célébrer le cinéma de l’outrance, de l’interdit, de la transgression, mais surtout de la liberté. La cité arverne de Clermont-Ferrand ne fait pas exception à la règle car avec le très célèbre Festival du court métrage vient s’ajouter depuis maintenant 5 ans un événement qui attire de plus en plus de public à chaque édition : L’Étrange Festival (à ne pas confondre avec le festival du même nom qui se déroule sur Paris !). Ce tout jeune festival a fêté tout récemment, durant le mois de novembre, sa cinquième édition, qui fut un succès plaisant comme ont pu le confirmer les organisateurs de l’association « La Boite Noire » en charge de ce festival ! Et il faut le préciser, quelle édition ! Cette année, les amateurs et amatrices de frissons et d’émotions ont pu profiter d’une sélection de films pendant 6 jours, du 11 au 17 novembre ! La semaine fut bien remplie en termes de propositions horrifiques, entre vieux souvenirs, nouveautés dérangeantes et propositions artistiques déroutantes, l’Étrange Festival nous a fasciné·e·s, surpris·es mais surtout touché·e·s ! Au cours de la semaine, Three Mothers Films a pu assister à une programmation minutieusement choisie et brillante de par son éclectisme.

Politique & Religion : cinéma, polémique et censure

Les éditions LettMotif nous offre Politique & Religion (de la collection Darkness, censure et cinéma sous la direction de Christophe Triollet), un format de poche qui révise les liens inhérents entre la politique et le septième art ainsi que les nombreuses interdictions imposées aux contenus audiovisuels selon les pays et les cultures qui les diffusent. Comme pour Sexe & Déviances, Politique & Religion possède une dimension purement analytique, historique, juridique et culturelle de cette censure politique et religieuse. La politique et le cinéma sont intimement liés depuis que les industriels et le gouvernement ont vu dans le "cinoche" à la fois des bénéfices économiques réalisés sous forme d'événements et de divertissements grand public, ainsi qu'un avantage culturel en tant que passeur de messages et outil de propagande. Technique de communication hors pair, le cinéma se dévoile être un formidable moyen de déplacer les foules. Des pouvoirs publics aux institutions religieuses en passant par les lobbies et les entreprises, le cinéma intéresse de par sa capacité à transmettre, sous forme d'images des idées et des sensations. Le septième art se retrouve ainsi rapidement placé sous la tutelle de l'État, sous l'influence considérable des religions, ces institutions dites "sacrées" dans de nombreux pays qui édictent ce qui est moral et ce qui ne l'est pas.

L’Échine du Diable, un conte d’horreur

L'Échine du Diable est le troisième long-métrage de Guillermo Del Toro.
Ses films sont souvent caractérisés par leur traitement minutieux du genre horrifique. L'Échine du Diable ne fait pas exception à la règle, inspiré par la littérature gothique anglo-saxonne comme Machen ou Sheridan, ou par des films comme La Nuit du Chasseur voire Operation peur pour ses décors.

En Espagne, pendant la guerre civile de 1939, Carlos, un garçon qui vient de perdre son père, arrive à l'oppressant orphelinat catholique Santa Lucía. Il est remis à la directrice, Carmen et au professeur Casares. Mais il doit faire face à l’hostilité de ses camarades et de Jacinto, le gardien. Le lieu hostile cache deux secrets : l’or de la cause républicaine, et le fantôme d’un enfant qui hante le sous-sol.

Comme plus tard, dans Le Labyrinthe de Pan nous suivons deux lignes narratives, un récit horrifique sous fond de fantôme et un drame historique qui fusionne les images de vie et celles de mort. Le regard des enfants, qui voient dans les adultes les images de cauchemars et de mort (la menace franquiste symbolisée par cette bombe enfoncée dans la cour), du fantastique à ce qui le fait naître, la réalité. C’est toute la force du film. Les deux thématiquement et techniquement s'entremêlent.

Piouzzz, un artiste éphémère qui mêle l’horreur à l’érotisme

Dessinateur consciencieux, Piouzzz m'a intriguée au premier regard. D'une esthétique feutrée qui oscille entre violence et sensualité, cet artiste met en scène des illustrations de personnages d'horreur et de femmes suaves, le tout à travers une patte plutôt provocante allant de ses inspirations punk à un stylisme gothique qui se mélange parfois à une élégance BDSM. Découvert lors d'une errance artistique dans les univers horrifiques du Net, Piouzzz est un illustrateur à l'esprit créatif et engagé, trop réaliste pour vivre uniquement dans ce monde fou. De l'onirisme d'un érotisme envoûtant aux horreurs exprimées pour pallier celles de la "vraie" vie, il nous entraine avec beaucoup d'authenticité et d'humour dans son univers de chimères sépulcrales.

L’Antéchrist, la possession à l’italienne

Réalisé en  1974 et réalisé par Alberto De Martino, ce métrage nous raconte l'histoire de Ippolita Oderisi, une femme qui se fera possédée par Satan. D'un postulat ultra basique, Martino nous livre une bobine effrayante et glaçante à souhait. Et ces deux termes ne se limitent pas aux thèmes de la possession (qui est le cœur du sujet) car il y insuffle d'autres thèmes qui vont du spirituel (avec la foi religieuse), la science (un médecin faisant de l'hypnose pour guérir sa patiente) et allant jusqu'à y incorporer aussi du crapoteux, cinéma italien oblige, avec en filigrane une histoire incestueuse.

Léo Pons, autopsie d’un jeune réalisateur passionné

J’avais précédemment sorti un article sur le court métrage de Léo Pons, intitulé Le Buron. Comme beaucoup de personnes ont apprécié l’article et ont découvert un tout jeune réalisateur, je me suis dit qu’il serait intéressant de poser à ce nouveau cinéaste rempli de talents quelques questions afin d’en savoir plus sur son parcours, ses aspirations mais aussi sur l’envers du décor de son dernier court-métrage !

Oculus, le miroir des âmes

À l'instar de James Wan, Mike Flanagan n'a pas la prétention de révolutionner le cinéma de genre.
Oculus fait partie de cette nouvelle vague de films travaillant à dérouter le public. Côté histoire, notre réalisateur reprend les éléments de son court-métrage Oculus : The Man with the Plan (2006).

Si l’idée du miroir comme forme abstraite d’une entité démoniaque n’est pas vraiment originale, elle garantit tout de même un potentiel psychologique qui exige une mise en scène subtile et débarrassée de visuels tape-à-l’œil ou des jump scares sans subtilité. Nous suivons donc ici le combat de Kaylie (Karen Gilian) pour innocenter son frère Tim (Brenton Thwaites), et prouver que la mort de ses parents est en réalité l’œuvre d’un miroir maléfique, capable de manipuler l’esprit humain.

Horror in the High Desert, un fake true crime surprenant

Horror in the High Desert (Dutch Marich, 2021) est un film américain de type faux documentaire qui oscille entre found footage et true crime. Le métrage est présenté comme une vidéo explicative de la mystérieuse disparition de Gary Hinge, un jeune homme dont les passions sont le survivalisme et l'exploration de territoires sauvages dans la région désertique du Nevada. Le récit débute par les interviews de la grande sœur et du colocataire du disparu, qui parlent tour à tour du jour présumé de sa disparition.

Tim Despic, le compositeur de la musique du film Fall

En visionnant le film Fall (Scott Mann, 2022), j’ai été bluffé par la bande originale, que je vous invite à découvrir. Je vous invite d’ailleurs aussi à regarder le métrage, bien sûr, qui est un survival plutôt sympathique et haletant. Le compositeur de la musique du film, Tim Despic, a accepté de répondre à mes questions !

Le Labyrinthe de Pan : une histoire de regards

Le concept de Le Labyrinthe de Pan était dans un carnet de notes rempli de griffonnages et d'idées depuis vingt ans de Guillermo Del Toro.

L'histoire est une allégorie inspirée par les contes de fées dans laquelle Del Toro explore des thèmes qu'il avait déjà évoqués dans L'Échine du Diable (2001) dont le récit de ce dernier se déroule quelques années auparavant et dont le Labyrinthe peut se présenter comme une suite possible. Le réalisateur n’a pas succombé au tout numérique, la majeure partie des effets spéciaux du film sont mécaniques.

Guillermo del Toro, enchanteur du cinéma, un livre de Ian Nathan aux Éditions Huginn et Muninn

Dans ce beau livre empli de photos et d’images, l’auteur anglais nous présente les œuvres de Guillermo del Toro par ordre chronologique, chacune d’elle constituant un chapitre et une thématique du livre, comme si nous suivions la vie du réalisateur mexicain en mettant notamment en avant les liens qui ont pu exister entre tous ses films en matière d’expériences vécues, de processus mental et créatif. On y ressent la joie et les peines vécues par le réalisateur, ses envies réalisées ou déçues, ses traumatismes et ses joies, son affrontement avec le Hollywood des financeurs et des producteurs véreux, son amour pour le cinéma de genre, pour les monstres, les laissé·e·s pour compte, les parias. Les lecteurs et lectrices y découvrent Bleak House, le manoir que del Toro a acquis grâce au succès au box-office de Blade II, une sorte de gigantesque cabinet de curiosités, plein de maquettes, de storyboard, de scripts issus de ses films, une tête gigantesque de Boris Karloff, une statue grandeur nature de H.P.  Lovecraft, l’écrivain de Providence, une immense bibliothèque, bref un hymne à l’imaginaire et au fantastique, à l'image de toute la filmographie de Guillermo del Toro.

6 séries qui nous parlent de cul en toute honnêteté

Hors de la pornographie, des films de romance aux rape & revenge movies macabres en passant par un érotisme léger souvent dépeint dans le cinéma, il y a aussi des œuvres plus directes, plus honnêtes, sur la sexualité. De l'orgasme fantasmé à la réalité d'une sexualité en constante évolution, souvent maladroite, parfois drôle, et bien évidement consentie. Ces moments de partage et de plaisir ont aussi leurs représentations dans des séries aussi bien déjantées qu'originales ! Et n'oubliez pas de garder l'esprit ouvert...

Leaving D.C. : The King of comedy

Débarquant en France plus de dix ans après son tournage datant de 2012, Leaving D.C., réalisé par Josh Criss, investit le cadre du found footage pour nous proposer un pur film de trouille, efficace, concis, angoissant. Un pur film de trouille donc, mais pas que.

Atom n°17 – Le Manga d’horreur [Unboxing]

Cet Atom "spécial horreur" nous plonge dans l'univers si particulier du manga d'horreur et de ses maîtres mangaka. Des origines du genre que l'on peut remonter jusqu'aux kamishibai (sorte de théâtre portatif d'images en diapositives dont le récit était conté par des artistes de rue) jusqu'à l'adaptation des nombreuses légendes urbaines en bandes dessinées, le manga d'horreur s'est popularisé peu à peu, de même que le cinéma horrifique nippon.

Ebola Syndrome, quand l’humanité est le virus

On pourrait penser que les films de la catégorie III ne sont que des simples films d’exploitation, tournés avec trois francs six sous et sans aucune finesse artistique que ce soit au niveau de la mise en scène, de l’écriture ou bien de la profondeur des personnages. Toutefois, il est nécessaire de réviser une bonne fois pour toute une telle approche du cinéma hongkongais qui, on ne va pas se le cacher, regroupe un vaste ensemble de films aussi gores que subversifs au sein de cette catégorie III.

Deadstream : Shawn et les revenant·e·s

En matière de found footage, ces dernières années nous avons eu notre lot : Blair Witch Project[Rec], Paranormal Activity, un petit renouveau avec Host.

Deadstream est un petit nouveau du couple Vanessa et Joseph Winter, présenté au Midnight Movie du FEFFS 2022. Ayant raté la projection, quelle chance pour moi de le voir en exclusivité sur Shadowz ! Le film utilise habilement le concept du found footage à la sauce Web. Et les deux cinéastes pour leur premier long métrage arrivent à livrer une comédie à la fois drôle et horrifique.

Le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2022, une petite semaine bien remplie !

Après la difficile période du Covid, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg organisé par l'association Les Films du Spectre revient en force avec une programmation chargée, des rencontres avec des réalisateurs et réalisatrices ainsi que des compétitions, des rétrospectives et qu'une nuit excentrique avec des midnight movies plutôt coquins (L'Île aux femmes nues ; Dracula, vampire sexuel et Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante). Au fil des années, Le FEFFS est devenu l'un des rassemblements de cinéphiles le plus important en France, et particulièrement dans le Grand-Est. Master classes, conférences et projections d'œuvres entre nouveautés internationales intrigantes, rétrospectives de films plus classiques, thrillers et comédies noires en tout genre sont d'autant d'éléments qui montrent ce profond intérêt au cinéma dit "de genre". Des films fantastiques aux métrages plus alternatifs en passant par le jeux vidéo, l'évènement rassemble plusieurs de dizaine de milliers de personnes qui varient entre un public curieux et de véritables fans de ce cinéma "pas comme les autres".

Emanuelle et les derniers cannibales, l’érotisme dans la jungle

Réalisé en 1977, Emanuelle et les derniers cannibales (Emanuelle e gli ultimi cannibali) est l'avant-dernier film de la saga de Joe d'Amato et de la fameuse journaliste libre et libérée et force est de constater qu'indéniablement, elle l'est. Nous reviendrons très certainement un jour sur cette série de métrages, ce qui serait l'occasion de développer ce personnage. Mais nous pouvons dire, dans les grandes lignes, qu'Emanuelle (La sublime Laura Gemser) sait ce qu'elle veut et usera de ses charmes et de son intelligence pour se sortir de beaucoup de situations en les tournant à son avantage. En somme, une femme forte qui n'aura pas attendu l'aune des années 20's pour montrer que la gente féminine peut en répondre à la masculinité et ce, ô miracle, sans forcer certaines caractéristiques qui en deviennent parfois de nos jours de véritables clichés et qui, au lieu d'appuyer des propos, les desservent. Mais ceci est une autre histoire...

Le Buron, un zoom horrifique sur le folklore auvergnat

Si le nom de Léo Pons ne vous dit rien, il est bon de rafraîchir la mémoire en ce début d’article aux quelques retardataires. Il est principalement connu pour avoir réalisé Le Hobbit du Cantal, œuvre certes parodique mais néanmoins très sérieuse et professionnelle sur la trilogie de Peter Jackson, en remplaçant la Terre du Milieu par l’Auvergne. Cette première aventure dans le monde du cinéma lui vaudra une petite reconnaissance en France ainsi qu’au sein de sa région natale, et même les éloges d’Elijah Wood lui-même.

Prince des ténèbres : la fin du monde selon Saint John

En 1986, John Carpenter ressort exsangue de l'échec public de Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, devenu depuis un incontournable de sa filmographie. Las, désabusé, déprimé, il va alors se lancer dans l'écriture et le tournage de son film le plus sombre à ce jour, Prince des ténèbres (1987), deuxième volet de la trilogie de l'apocalypse qu'il forme avec The Thing (1982) et L'Antre de la folie (1994).

The Love Witch, une fable sensuelle et psycho !

Film américain réalisé par Anna Biller, The Love Witch (2016) nous présente les aventures d'Elaine, une sorcière moderne aux rêves romantiques, à la recherche d'un nouveau prince charmant suite au décès de son époux. Une esthétique des années 1960 dans un style quelque part entre la wicca et le new age plonge le public dans un conte de fée qui se transforme pourtant en cauchemar pour l'élu de son cœur.

Mother’s Day et les plaisirs du cinéma fait maison !

Il y a quelque chose dans Mother’s Day qui fait qu’on est obligé·e d’y revenir pour plusieurs visionnages. Car oui, Mother’s Day c’est l’emblème de ce cinéma qui reste coincé le cul entre deux chaises en plein année 1980, phase de transition entre un cinéma nihiliste aux productions sombres et pessimistes et une volonté d’apporter un grain de folie nouveau chez les jeunes réalisateurs. Parmi ces dernier, Charles Kaufman, frère de Lloyd Kaufman (coucou Troma Entertainment) nous bricole ici un gentil petit survival qui emprunte sans vergogne, mais avec intelligence dans les classiques du slasher et des œuvres les plus trash possibles (pour l’époque). Ainsi Mother’s Day se révèle un mélange judicieux entre la folie redneck de Massacre à la Tronçonneuse, et le cadre bucolique et forestier de Vendredi 13.

Deathrace 2000, courses kitch et héritage


Nous sommes en l’an 2000, les États-Unis sont devenus une sorte de dictature, renfermée sur elle-même, dirigée par "Mister President". Un homme mystifié qui a décidé en 1979 suite à un krach mondial de mettre en place un nouveau sport, une sorte de jeu du cirque modernisé. Cinq duos sont au volant de cinq voitures et devront traverser les États-Unis en trois étapes, mais attention ! Tous les coups sont permis, et arriver premier ne fait pas forcément de nous le·la gagnant·e de l’épreuve. Non, il existe un système de points, que l’on rapporte en tuant des citoyen·ne·s sur la route, et selon son sexe ou sa catégorie d'âge, il rapporte plus ou moins de points. Nous voilà tombé·e·s dans une version adulte d’un cartoon bien connu…

Knocking : une question de plafond

Dès les premières minutes de Knocking (2021), le téléviseur d'un hôpital psychiatrique diffuse Persona (1966), le chef-d'œuvre d'Ingmar Bergman. D'emblée, on comprend que le film de Frida Kempff sera placé sous le motif de l'identité et de l'incommunicabilité. À la différence que Kempff n'est pas Bergman, et que vouloir se frotter au maître suédois entraîne immanquablement son comptant de comparaisons, dont Knocking souffre par excès de confiance.

Blitz’Art, des squelettes en tout genre…

Rencontré sur la toile au gré de pérégrinations artistiques horrifiques, Blitz alias Blitz’Art est un artiste parisien, musicos de la première heure. Ses squelettes et autres créatures étranges renferment des symboliques, des rêves et des cauchemars... Entre un style BD cartoonesque et des ambiances surréalistes plutôt gothiques, Blitz nous entraîne dans son imaginaire à la fois sordide et attachant grâce à des illustrations à l'atmosphère presque burtonesque à mi-chemin entre horreur et fantasy.

Luz: The Flower of Evil et l’aliénation psychologique

Le cinéma de genre colombien s’il n’est certes pas le pan le plus connu dans le monde du septième art ne doit pas pour autant être pris à la légère, Luz: The Flower of Evil (2020) nous le démontre parfaitement à travers ses approches thématiques profondes et le soin minutieux de sa réalisation. Réalisé par Juan Diego Escobar Alzate qui signe ici son premier long-métrage qui dévoile de nombreux atouts !

Tideland : Jeliza-Rose au pays des horreurs

Adapté du roman homonyme de Mitch Cullin, le film raconte l'histoire d'une petite fille qui, après le décès de ses parents, se retrouve livrée à elle-même et à son univers débordant d'imagination.
Terry Gilliam nous livre ici sa création la plus représentative et personnelle, pas toujours pour de bonnes raisons.

Meurtres sous contrôle : foi et libre-arbitre

"God told me to" (Dieu me l'a ordonné) répond un tireur embusqué en début de métrage au policier qui l'interroge sur les raisons qui l'ont poussé à abattre froidement 15 personnes au fusil depuis le sommet d'un château d'eau. Cette phrase, également titre original du film, porte en son sein le substrat sur lequel sera construit tout le propos du long-métrage. Car avec ce qui est considéré (à raison) comme son meilleur film, le cinéaste Larry Cohen entend éveiller les consciences sur les notions de foi, de religion, de secte et de libre-arbitre.

Starfish, le deuil sous forme d’apocalypse surréaliste

Starfish (A.T. White, 2018) est un film américain contant le véritable périple d'une jeune femme nommée Aubrey (Virginia Gardner) qui vient de perdre sa meilleure amie Grace (Christina Masterson). Entre flashbacks intimistes et l'invasion soudaine de monstres étranges, la femme va devoir faire face à ses peurs les plus profondes ainsi qu'à un sentiment de solitude terriblement puissant. Ce deuil difficile se mélange à un jeu de pistes afin de mettre la main sur les cassettes audio laissées par sa défunte amie, des enregistrements qui semblent avoir le pouvoir d'empêcher la destruction du monde...

Malus Deï [Tournage]

Entre flam's de l'enfer et autres joyeusetés, le tournage du court-métrage Malus Deï de Nadia Eugenias s'est déroulé à la perfection ! Merci encore à toute l'équipe pour ces moments de fun et de travail intense (presque 22h en non-stop) en faisant preuve de beaucoup de professionnalisme 🎥

Sexe & déviances : la censure de la nudité, de l’érotisme et du sexe à l’écran

Les éditions LettMotif nous offre Sexe & déviances, un format de poche qui revient sur la censure du sexe au cinéma. Appartenant à la collection Darkness, censure et cinéma sous la direction de Christophe Triollet, Sexe & déviances révise les multiples interdictions auxquels sont confrontés les contenus audiovisuels "coquins" lors de leur passage sur grand écran. Cet ouvrage analytique aborde une approche historique, juridique et culturelle de la représentation de cette sexualité humaine montrée et vendue aux yeux d'un public. La question se pose alors : Art, représentation ou voyeurisme malsain ?

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